Strasbourg prépare la réouverture du musée zoologique en 2025

Strasbourg s’apprête à tourner une page de son histoire muséale

Le Musée Zoologique, fermé depuis 2019, rouvrira le 19 septembre 2025 après une rénovation ambitieuse de 13 millions d’euros. Ce chantier, mené conjointement par la Ville de Strasbourg et l’Université de Strasbourg, modernisera l’un des plus anciens cabinets d’histoire naturelle d’Europe tout en préservant son héritage scientifique. Strasbourg prépare la réouverture du musée zoologique en 2025

Un chantier historique pour un lieu emblématique

Fermé au public le 23 septembre 2019 après les Journées européennes du patrimoine, le musée subit une transformation complète de ses 2 800 m². Les travaux visent à répondre aux normes contemporaines d’accessibilité, de sécurité et d’isolation thermique.

Le bâtiment du XIXe siècle, situé au 29 boulevard de la Victoire, conservera sa façade classée tout en intégrant des équipements numériques. Le projet prévoit 2 000 m² d’expositions permanentes et 800 m² dédiés aux activités pédagogiques. « Il s’agit de réinterroger les relations entre les hommes et les espèces animales face aux défis climatiques », explique un communiqué du Jardin des sciences de l’Université de Strasbourg.

Ce projet ambitieux vise à créer un espace qui invitera le public à réfléchir sur des thématiques essentielles comme la protection de l’environnement et la conservation des espèces. Avec des installations multimédias et des parcours interactifs, le musée promet de devenir un lieu d’apprentissage dynamique et engageant. Strasbourg se prépare à la réouverture du musée zoologique en 2025

Des collections exceptionnelles en mutation

Pendant les travaux, les 1,1 million de spécimens – dont un cœlacanthe et un thylacine – ont été transférés au Centre d’étude et de conservation des musées strasbourgeois. Le musée possède notamment :

  • 900 000 insectes
  • 200 000 mollusques
  • 18 000 oiseaux naturalisés
  • 10 000 mammifères

Les équipes préparent une nouvelle scénographie qui intégrera des spécimens historiques comme les modèles pédagogiques en verre des frères Blaschka. Ces pièces fragiles, utilisées depuis le XIXe siècle pour l’enseignement, dialogueront avec des dispositifs interactifs. Ce mélange d’ancien et de nouveau permettra de raconter des histoires fascinantes sur la biodiversité et l’évolution des espèces.

Avec cette nouvelle montée en puissance des collections, le musée espère captiver un public diversifié, allant des passionnés de sciences naturelles aux familles cherchant une sortie éducative. Les experts anticipent une expérience immersive qui éveillera la curiosité des visiteurs de tous âges.

Un projet collaboratif à double gouvernance

La rénovation, budgétée à 13 millions d’euros, combine les expertises de la Collectivité européenne d’Alsace et de l’Université. Ce partenariat inédit permet de croiser les approches muséographiques et scientifiques. « Le musée incarne notre attachement à transmettre le savoir naturaliste aux générations futures », souligne un porte-parole de la Ville.

Le calendrier a connu des ajustements, la pandémie ayant retardé certaines phases. Initialement prévue pour 2022, la réouverture a été reportée à 2025 pour permettre une refonte complète des réserves et des espaces d’exposition. Ce délai supplémentaire est perçu comme une opportunité d’améliorer encore la qualité des installations. Grâce à une collaboration étroite entre les partenaires, chaque étape du projet bénéficiera d’une attention rigoureuse pour garantir le succès de cette transformation.

Nouveaux parcours et médiation innovante

Le futur musée proposera trois axes thématiques :

  1. L’évolution des espèces
  2. Les interactions homme-animal
  3. Les enjeux de la biodiversité

Un espace sera consacré aux découvertes locales, comme les spécimens collectés par Jean Hermann au XVIIIe siècle. Le public découvrira également des acquisitions récentes issues de missions scientifiques internationales. Ces parcours thématiques favoriseront une meilleure compréhension des enjeux environnementaux contemporains.

Par ailleurs, des médiateurs scientifiques seront présents pour accompagner les visiteurs, leur offrant des clés de lecture et des informations précieuses sur les expositions. Cette approche permettra une interaction enrichissante entre le musée et son public, favorisant ainsi la sensibilisation et l’engagement envers la préservation de la biodiversité.

Impact économique et culturel

Avec une fréquentation estimée à 100 000 visiteurs annuels, la réouverture devrait dynamiser le quartier universitaire. Le billet d’entrée restera accessible à 7,50 € (tarif réduit à 3,50 €), avec gratuité pour les moins de 18 ans.

Les riverains interrogés saluent la préservation d’un « lieu de mémoire » tout en s’interrogeant sur l’équilibre entre modernité et authenticité. Une médiathèque spécialisée et un auditorium compléteront l’offre culturelle. Ces nouveaux équipements sont envisagés comme des espaces de rencontre et de partage, contribuant à renforcer le lien entre le musée et la communauté locale.

En intégrant des événements culturels variés, le musée aspire à devenir un véritable carrefour culturel. Cela inclura des expositions temporaires, des conférences et des ateliers, visant à enrichir l’expérience de tous ceux qui le visiteront.

Défis techniques et patrimoniaux

La restauration des vitrines historiques et la climatisation des réserves ont constitué des chantiers complexes. Les équipes ont dû inventorier chaque spécimen avant son transfert, certains nécessitant des traitements de conservation spécifiques.

Le musée renouera avec sa tradition d’échanges internationaux en accueillant des prêts d’autres institutions. Une politique numérique active est prévue, avec la poursuite de la mise en ligne des collections via le portail GBIF initiée en 2013.

Cet investissement dans le numérique renforcera la visibilité des collections scientifiques, permettant à un public plus large d’accéder à des ressources précieuses. Parallèlement, les protocoles de conservation innovants assureront la pérennité des collections pour les générations futures.

En attendant septembre 2025, le musée propose des expositions itinérantes et ateliers pédagogiques hors les murs. Une programmation spéciale est attendue pour l’inauguration, mêlant conférences scientifiques et visites guidées des coulisses. De plus, le musée s’engage à établir des collaborations avec les écoles et les associations locales pour favoriser l’éducation scientifique au sein de la communauté. Strasbourg se prépare pour le festival Des Rives de Printemps 2025