Sunn’Stett : l’Eurométropole de Strasbourg convertit une friche industrielle en centrale solaire
Un projet à 5,5 millions d’euros pour 2027
L’Eurométropole de Strasbourg entreprend la création de son premier parc photovoltaïque sur le site de l’ancienne raffinerie de Reichstett, qui est une friche industrielle classée Seveso. Nommé Sunn’Stett, ce projet représente un investissement de 5,5 millions d’euros et est développé en collaboration avec la société d’économie mixte [SIPEnR](https://www.sipenr.fr). Sa mise en service est prévue pour 2027, suivant deux années d’études et un lancement de chantier envisagé pour fin 2026. Pour en savoir plus sur d’autres initiatives similaires, consultez cet article sur la création d’un parc photovoltaïque dans l’Eurométropole de Strasbourg.
Le parc, d’une capacité de 6,26 mégawatts-crête (MWc), devrait générer 7,3 gigawatts-heure par an, apportant une réponse à 15 % des besoins énergétiques de Reichstett, y compris le chauffage. Cette initiative ne se limite pas seulement à produire de l’électricité, mais elle vise également à promouvoir un modèle énergétique durable répondant aux attentes des habitants et aux besoins locaux.
Une reconversion symbolique
Le maire de Reichstett, Georges Schuler, met en avant la signification historique de ce projet : « On passe d’une zone Seveso polluée à un Ecoparc rhénan ». Le site, situé derrière l’usine Butagaz, illustre la transformation d’un territoire précédemment dominé par l’industrie pétrolière vers une orientation vers les énergies renouvelables. Ce changement est un symbole fort de l’engagement de la communauté envers un avenir plus vert.
Marc Hoffsess, conseiller métropolitain chargé de la transition énergétique, souligne également l’impact de Sunn’Stett sur la capacité photovoltaïque de l’Eurométropole, qui verra une augmentation de 30 %. Il remarque cependant le défi à relever, en indiquant : « L’objectif est d’atteindre 1 100 MWc d’ici 2050. Nous en sommes à 17 MWc aujourd’hui ». Cela nous rappelle l’importance de l’innovation continue et de l’engagement collectif pour parvenir à ces objectifs ambitieux. Pour plus d’informations sur les futurs projets, vous pouvez lire l’article sur la création d’un parc photovoltaïque à Strasbourg pour 2025.
Le Polygone : un deuxième projet d’envergure
Une emprise de 5 hectares près de l’aérodrome
Parallèlement à Sunn’Stett, Strasbourg se prépare à développer son plus grand parc photovoltaïque urbain sur une parcelle mesurant 75 mètres de large et 680 mètres de long, située au Polygone, à la limite de la rue des Flûtistes. Ce terrain de 5 hectares, actuellement inutilisé, verra l’installation d’une centaine de rangées de panneaux solaires dans un délai de cinq ans. Les travaux prévus contribueront non seulement à l’autonomie énergétique de la ville, mais également à la création d’un environnement plus sain.
Bien que le projet du Polygone ne soit pas aussi avancé que celui de Sunn’Stett, il souligne la stratégie de valorisation des friches urbaines pour la production d’énergie. En particulier, cela permet de réhabiliter des espaces délaissés tout en répondant à la nécessité croissante de développer des projets d’énergie renouvelable en milieu urbain.
Une gouvernance partagée avec les citoyens
La société Brasseurs d’énergie associée
La gouvernance du projet Sunn’Stett évolue pour inclure la Sem Grand-Est Energy, la commune de Reichstett, ainsi que des citoyens réunis au sein de la SAS [Brasseurs d’énergie](https://www.brasseursenergie.fr), créée en 2021. Ce cadre permet aux résidents d’apporter un soutien financier et symbolique à la transition énergétique de leur communauté. Cette implication est essentielle pour garantir un sentiment d’appropriation des projets énergétiques locaux.
SIPEnR, avec ses 20 ans d’expertise dans le domaine des énergies renouvelables, est à la manœuvre, étant détenue par des collectivités et la Caisse des dépôts. Ce partenariat entre les acteurs publics et privés favorise la mise en œuvre efficace des initiatives écologiques, tout en soutenant l’économie locale.
Objectifs et défis de la transition strasbourgeoise
40 MWc visés d’ici 2030
Avec 6 MWc d’énergie photovoltaïque installés en 2016, l’Eurométropole vise à multiplier cette capacité par sept d’ici 2030. Le projet Sunn’Stett représente une étape significative dans cette direction, mais il est impératif d’accélérer le rythme, avec l’objectif d’installer un parc de la même taille tous les deux ans, afin d’atteindre les 1 100 MWc visés pour 2050. La vigilance et le suivi des projets sont donc cruciaux pour respecter cette feuille de route ambitieuse.
Pour y parvenir, les élus se tournent vers l’agrivoltaïsme et la mise à profit des toitures publiques en complément des centrales solaires au sol. En intégrant des solutions innovantes, Strasbourg pourra non seulement répondre à ses objectifs énergétiques, mais également servir de modèle pour d’autres métropoles engagées dans une transition énergétique similaire.
Impacts locaux et acceptation citoyenne
Réduction des factures et création d’emplois
La production d’énergie de Sunn’Stett sera prioritairement destinée à alimenter les bâtiments publics et les résidents locaux via des contrats d’achat directs. Les bénéfices économiques pour la collectivité incluent la création d’emplois lors de la phase de construction et de maintenance du parc, tandis que les habitants de Reichstett, environ 4 400, devraient également bénéficier de la baisse des coûts énergétiques. Cette approche centrée sur les besoins locaux contribue à la pérennité du projet.
Aucune opposition citoyenne n’a été signalée à ce jour, et les riverains du Polygone ont été consultés lors d’une réunion publique qui s’est tenue en mars 2024. Cette transparence et cette communication avec les citoyens sont essentielles pour bâtir une confiance durable et assurer un soutien continu à de futurs projets d’énergie renouvelable.
Perspectives : un modèle pour d’autres friches industrielles
Le Grand Est en première ligne
Le succès de Sunn’Stett pourrait inspirer d’autres reconversions de sites pollués, tels que l’ancienne centrale à charbon de Vaires-sur-Marne en Île-de-France. En Alsace, ce projet s’inscrit dans une dynamique régionale plus vaste, où la Sem Grand-Est Energy s’engage à synchroniser des initiatives similaires. L’exemple de Sunn’Stett démontre qu’il est possible de transformer des sites dégradés en espaces énergétiques productifs.
Il est crucial de trouver un équilibre entre la rapidité du déploiement et la préservation des terres agricoles, un enjeu particulièrement sensible dans une région à forte densité urbaine. En cartographiant judicieusement les potentialités locales, il devient possible de tirer profit d’anciennes zones industrielles tout en respectant l’environnement et les besoins alimentaires de la population.
Analyse : un pari technico-politique
Entre volontarisme et réalisme
Sunn’Stett fait preuve de la capacité des collectivités à superviser des projets d’envergure, mais son ampleur reste modeste au regard des besoins considérables. L’Eurométropole devra multiplier ses partenariats public-privé et simplifier les procédures d’urbanisme pour respecter ses engagements. Le choix de miser sur le solaire au sol, moins coûteux mais consommateur d’espace par rapport aux installations sur les toits, continuera d’être au centre des discussions dans une métropole qui connaît une croissance démographique constante. Ainsi, la planification attentive sera de mise pour optimiser chaque parcelle utilisée sans compromettre la qualité de vie des citoyens.
