Strasbourg accélère sa transformation numérique pour simplifier les démarches et améliorer la vie quotidienne des habitants

Strasbourg accélère sa transformation numérique

Strasbourg s’engage dans une transformation numérique ambitieuse, visant à simplifier les démarches administratives et à améliorer le quotidien de ses habitants. D’ici 2025, la ville et l’Eurométropole mettent en place des initiatives concrètes pour rendre les services publics plus accessibles et inclusifs. Cette dynamique se situe dans un contexte où le numérique est devenu un levier essentiel pour l’émancipation citoyenne.

Un engagement territorial fort

L’Eurométropole de Strasbourg, regroupant 33 communes, est à la tête de plusieurs programmes phares. Parmi eux, Beecome soutient les entreprises de moins de 50 salariés dans leur transition numérique. Ce dispositif offre un diagnostic gratuit des usages numériques, des conseils d’experts de la CCI Alsace Eurométropole ou de la Chambre de Métiers d’Alsace, ainsi qu’une aide financière pouvant atteindre 3 000 euros, couvrant jusqu’à 50 % des investissements.

Pour les commerçants du centre-ville, tels ceux de la place Kléber ou des quartiers comme Neudorf, Beecome se concentre sur cinq volets : le développement de services en ligne, l’augmentation des ventes physiques, l’amélioration de la gestion quotidienne, le travail à distance et les nouveaux outils de communication. « Ces aides changent la donne pour nos petites structures, en nous permettant de concurrencer les géants du web », témoigne un artisan strasbourgeois bénéficiaire.

Pour en savoir plus sur les implications de cette transformation, consultez notre article sur la transformation numérique à Strasbourg.

Numérique en Commun[s] : l’événement pivot de 2025

Les 29 et 30 octobre 2025, le Palais Universitaire de Strasbourg accueillera la 8e édition de Numérique en Commun[s] (NEC 2025), co-organisée par l’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires (ANCT), la Ville et l’Eurométropole. Cet événement rassemblera 1 700 professionnels de 95 départements, dont 33 % du Grand Est, autour du thème « Un numérique en faveur de l’émancipation des citoyens et des citoyennes ».

Avec 100 rencontres, 300 intervenants et 30 partenaires, NEC 2025 explorera six parcours thématiques : autonomie des systèmes numériques, préservation des droits, soutenabilité environnementale, ouverture des gouvernances, pouvoir d’agir et accompagnement des publics. L’anthropologue Fred Turner de Stanford analysera comment la Silicon Valley a transformé Internet, tandis que la DINUM mettra en lumière les communs numériques et l’intelligence artificielle via son incubateur ALLiaNCE.

Des débats ancrés dans le local

Au cœur des échanges, la question de l’articulation des services publics numériques sera centrale. Ishan Bhojwani, pilote de l’incubateur de services numériques de la DINUM, participera à une table ronde sur « Peut-on articuler intelligemment les services publics numériques ? ». « Ouvrir les gouvernances des systèmes d’information est clé pour une interopérabilité efficace », a-t-il déclaré.

Vincent Mandinaud, chargé de mission à l’Anact, animera une session sur le contrôle de la transformation numérique des organisations. Ces discussions auront un impact direct sur des initiatives locales, comme l’accompagnement des habitants des quartiers prioritaires de la Krutenau ou de Hautepierre face à la fracture numérique. La collaboration entre acteurs locaux et experts en numérique promet de dynamiser davantage ces échanges.

Simplification des démarches pour les habitants

La transformation numérique de Strasbourg vise à alléger le quotidien des 290 000 résidents de l’Eurométropole. Grâce à des plateformes en ligne, il est désormais possible de déclarer un changement d’adresse, de réserver un emplacement de stationnement ou de signaler un problème urbain en quelques clics, depuis Cronenbourg jusqu’à Ostwald.

Des médiateurs numériques proposent également un accompagnement personnalisé aux seniors et aux publics précaires dans les mairies de proximité. « Cela évite les files d’attente interminables à l’hôtel de ville et rend les services accessibles à tous », explique une habitante de Robertsau. L’objectif est de réduire de 30 % le temps consacré aux démarches administratives d’ici fin 2025. Une telle initiative démontre la volonté de la ville de rendre ses services publics davantage disponibles et efficaces.

Inclusion et souveraineté numérique

NEC 2025 mettra l’accent sur un numérique éthique et durable, en réponse à la dépendance technologique croissante. Des ateliers seront organisés pour promouvoir les logiciels libres et l’open source, afin de renforcer l’autonomie locale, en lien avec La Suite Numérique de la DINUM. À Strasbourg, cela se traduira par des projets pilotes d’interopérabilité des données publiques, favorisant la participation citoyenne avec des applications mobiles. Ces projets permettent de garantir que les citoyens puissent s’impliquer activement dans les décisions qui les concernent.

Malgré des contraintes budgétaires, l’élan se poursuit : la Région Grand Est et les acteurs de l’ESS (économie sociale et solidaire) approfondissent les partenariats. « Nous bâtissons une souveraineté numérique citoyenne, ancrée dans notre territoire alsacien », souligne un organisateur de NEC. Ce mouvement vers une autonomie numérique montre une intention stratégique pour l’avenir de la région.

Impacts sur l’économie locale et l’environnement

Les PME strasbourgeoises profitent de Beecome pour digitaliser leurs processus. Un diagnostic initial révèle souvent des failles en cybersécurité ou en gestion à distance, que les formations et mises en relation avec la filière numérique locale permettent de corriger. Cela booste l’attractivité économique de l’Eurométropole, la positionnant comme un pôle européen attractif pour les startups. L’accompagnement des petites entreprises est essentiel pour leur développement et leur adaptation au marché numérique.

Concernant l’environnement, les débats de NEC aborderont aussi l’empreinte carbone du numérique. Strasbourg mènera des expériences avec des data centers éco-responsables et promouvra le « low-tech » pour des services publics sobres. Pour les habitants, cela signifie l’utilisation d’outils numériques moins énergivores, en accord avec les objectifs climatiques de la ville, reconnue comme étant cyclable. Cela reflète une démarche globale pour intégrer la durabilité dans le développement numérique.

Perspectives pour 2026 et au-delà

Avec NEC 2025 comme catalyseur, Strasbourg cherche à consolider sa position de leader en numérique d’intérêt général. Les ressources produites – vidéos, podcasts, revues – seront prochainement accessibles en ligne, afin d’inspirer d’autres territoires. Les habitants pourront bénéficier de services encore plus intuitifs, tels que des chatbots IA pour les aides sociales ou des plateformes collaboratives pour les associations de quartier. Cela permettra de renforcer l’implication des citoyens dans la vie urbaine.

Malgré les défis budgétaires, l’engagement des élus et des citoyens reste ferme. « Cette transformation n’est pas une mode, c’est une nécessité pour une ville vivable et inclusive », résume un élu local. Strasbourg s’affirme ainsi comme un modèle : un numérique au service de tous, du centre historique jusqu’aux banlieues. La voie est tracée pour un avenir où l’innovation et l’inclusion vont de pair.