Portraits des acteurs locaux de la médiation numérique qui facilitent l’inclusion sociale à Strasbourg en août 2025

Portraits des acteurs locaux de la médiation numérique à Strasbourg

À Strasbourg, en août 2025, des acteurs locaux dévoués transforment la fracture numérique en opportunité d’inclusion sociale. Ces médiateurs, ancrés dans les quartiers populaires, accompagnent quotidiennement les habitants vers l’autonomie digitale, favorisant l’accès aux services publics, à l’emploi et aux liens sociaux.

La ville et l’Eurométropole pilotent un écosystème dynamique où associations, conseillers numériques et structures de l’économie sociale et solidaire collaborent. Ces portraits révèlent des visages concrets derrière les initiatives, au cœur des besoins strasbourgeois. Les initiatives locales pour l’inclusion numérique à Strasbourg sont un exemple parfait de ces efforts.

Les conseillers numériques France Services, piliers de la proximité

Dans les quartiers de la Meinau et du Neuhof, Marie Duval incarne le rôle essentiel des conseillers numériques France Services (CNFS). Nommée médiatrice depuis 2023, elle a accompagné plus de 500 résidents en 2025, aidant à remplir des démarches en ligne comme les aides au logement ou les inscriptions scolaires.

« Le numérique n’est pas qu’un outil, c’est une porte vers l’indépendance », explique Marie, qui organise des ateliers hebdomadaires dans les maisons de quartier. Son travail s’inscrit dans le programme national CNFS, qui a réalisé plus de 6 millions d’accompagnements en France, avec un accent local sur les zones prioritaires.

À Koenigshoffen, son collègue Karim Benali cible les seniors et les familles monoparentales. Il forme aux bases comme l’usage des applications de transport ou des plateformes médicales, réduisant l’isolement social dans ces bastions ouvriers de l’est strasbourgeois.

Les conseillers numériques France Services font souvent office de premiers contacts numériques pour des populations vulnérables. Leur rôle est d’apporter un soutien supplémentaire aux personnes qui n’ont pas l’habitude d’utiliser les outils numériques, les orientant vers des solutions et des services qui peuvent améliorer leur quotidien.

Associations locales : le tissu solidaire en action

L’association La Méd Num, basée au Neuhof, est un fer de lance de la médiation. Dirigée par Sophie Leclerc depuis 2022, elle déploie des « espaces numériques » mobiles, équipés de tablettes et ordinateurs prêtés gratuitement. En août 2025, elle a touché 300 bénéficiaires, dont beaucoup de migrants récents.

« Sans nous, beaucoup resteraient exclus des circuits administratifs », témoigne Sophie, qui plaide pour des financements stables face aux annonces municipales de huit nouveaux espaces d’ici 2026. Son équipe, forte de cinq médiateurs, intègre des formations modulaires adaptées aux illettrismes numériques.

À l’autre bout de la ville, dans le quartier de Cronenbourg, l’Espace Numérique Solidaire (ENS) piloté par Ahmed Reza excelle dans l’accompagnement emploi. En partenariat avec Pôle Emploi, il a aidé 150 chômeurs à candidater en ligne durant l’été 2025, boostant leur insertion professionnelle.

Les associations comme La Méd Num jouent un rôle clé dans la lutte contre l’exclusion numérique. En rendant les technologies accessibles et compréhensibles, elles favorisent une plus grande participation des citoyens aux activités de la société civile et améliorent leur qualité de vie.

Événements phares : Numérique en Commun[s] comme catalyseur

L’édition 2025 de Numérique en Commun[s], les 29 et 30 octobre, a marqué un tournant pour Strasbourg. Accueillie par la Ville et l’Eurométropole, cette 8e édition a réuni 1 800 acteurs, dont de nombreux médiateurs locaux, autour de parcours thématiques comme l’accompagnement des publics et le renforcement du pouvoir d’agir.

Anne Le Hénanff, ministre déléguée au numérique, y a réaffirmé l’importance des CNFS lors de son premier discours public. « Ces médiateurs sont les garants d’un numérique qui ne creuse pas les inégalités », a-t-elle déclaré, saluant les initiatives locales à Strasbourg pour renforcer la cohésion sociale face à la réduction des crédits nationaux de 49 à 14 millions d’euros en 2026.

Les acteurs locaux, comme ceux de La Méd Num, ont profité des ateliers pour mutualiser pratiques et outils. Cette rencontre a renforcé les liens avec l’ANCT, qui soutient depuis 2018 les politiques territoriales d’inclusion via lieux de médiation et formations.

Les événements comme Numérique en Commun[s] sont essentiels pour fédérer les acteurs de la médiation numérique et présent l’opportunité d’échanger sur les meilleures pratiques et d’améliorer les programmes existants. Ils renforcent le réseau local et ouvrent des pistes pour des collaborations futures.

Initiatives municipales et européennes en soutien

La Ville de Strasbourg a lancé en décembre 2025 un programme d’insertion numérique pour populations défavorisées, avec médiation de proximité et équipements. Prévu pour ouvrir huit espaces dans les quartiers prioritaires d’ici mi-2026, il répond aux appels des associations pour une continuité financière.

Le programme Cap*Mednum, financé par le FSE+ européen, accompagne les structures ESS comme l’ENS. Sa session strasbourgeoise du 28 octobre 2025, juste avant Numérique en Commun[s], a boosté six mois de suivi pour des projets locaux, gratuit pour les lauréats.

Ces efforts s’alignent sur la Feuille de route Numérique Ensemble, portée collectivement pour préserver l’accès équitable. À Strasbourg, ils impactent directement 10 000 habitants vulnérables, selon les estimations municipales.

Les initiatives municipales et européennes sont cruciales pour soutenir une dynamique d’inclusion numérique durable. Elles contribuent non seulement à l’amélioration des conditions de vie, mais également à la pérennisation des actions de médiation numérique à long terme.

Impacts concrets sur les résidents strasbourgeois

Pour Amina, retraitée de 68 ans au Neuhof, l’accompagnement de Marie Duval a changé la donne. « J’ai pu commander mes médicaments en ligne et video-appeler mes petits-enfants sans aide », confie-t-elle, illustrant comment la médiation brise l’isolement.

Dans la Meinau, des familles entières bénéficient des ateliers de Karim Benali. Ces sessions gratuites, d’une heure à trois mois, augmentent la confiance numérique de 80 % des participants, favorisant l’accès aux services comme FranceConnect.

Les implications locales sont profondes : réduction de la fracture sociale dans une ville cosmopolite de 290 000 habitants, où 15 % des foyers peinent avec le digital. Ces médiateurs transforment les tiers-lieux en hubs d’émancipation.

L’impact de ces initiatives est visible à travers les témoignages des bénéficiaires et du soutien accru à la communauté. Les médiateurs numériques aident à créer un environnement où l’accès à l’information et aux services n’est plus une barrière, mais une opportunité pour tous.

Perspectives et défis pour l’avenir

Malgré les avancées, les acteurs alertent sur les défis. Sophie Leclerc craint une précarité des postes sans dotations pérennes : « Les pilotes de janvier 2026 doivent déboucher sur du durable ». L’ANCT plaide pour une décentralisation, adaptant les stratégies aux ruralités alsaciennes et quartiers urbains.

Strasbourg se positionne comme vitrine d’un numérique citoyen, avec des gouvernances ouvertes. Les médiateurs locaux, tels que Marie, Karim, Sophie et Ahmed, incarnent cette ambition, reliant territoire et innovation pour une inclusion inclusive.

En août 2025, ces portraits montrent une médiation vivante, ancrée dans le quotidien strasbourgeois. Leur action quotidienne pave la voie vers une société connectée et solidaire, où personne n’est laissé pour compte. Ce paysage d’initiatives s’annonce prometteur, mais nécessite un engagement constant de tous les acteurs pour garantir sa pérennité.