Strasbourg reprend la main sur le stationnement dès décembre 2025
La gestion du stationnement payant sur voirie à Strasbourg sera de nouveau publique à partir du 1er décembre 2025, avec l’entrée en service de la Société publique locale (SPL) Parcus+ voirie. Ce changement met fin au contrat de concession établi avec l’opérateur privé Streeteo–Indigo, et ouvre une période de gestion publique qui s’étendra sur 15 ans, comme l’ont annoncé la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg.
Une transition soigneusement planifiée
La création de Parcus+ voirie a été décidée par les élus en 2024, et son lancement intervient à la fin du contrat privé, qui arrive à échéance. La municipalité a souligné que le service de stationnement sur voirie génère environ quinze millions d’euros par an pour les collectivités, une somme que la Ville désire désormais gérer directement pour financer des politiques de mobilité et de transition écologique. Ce passage à une gestion publique est perçu comme essentiel pour une meilleure structuration des ressources financières, permettant ainsi d’optimiser les investissements dans des projets durables. Pour plus d’informations sur ce sujet, consultez cet article sur la gestion du stationnement.
Organisation et périmètre de la nouvelle SPL
Parcus+ voirie est détenue à 95 % par la Ville de Strasbourg et à 5 % par l’Eurométropole. Ce modèle s’inscrit dans un cadre plus large avec trois entités publiques sous l’enseigne Parcus+, chacune ayant une spécialisation (parkings, voirie, développement). La réorganisation vise à clarifier les rôles entre la gestion des parkings et celle du stationnement sur voirie. Parcus+ mobilités prendra en charge certains parkings municipaux durant l’automne et l’hiver 2025-2026. Cette structuration est également pensée pour favoriser la synergie entre les différentes entités, assurant ainsi une gestion cohérente et efficace des ressources publiques.
Conséquences concrètes pour les usagers et les agents
Dès le 1er décembre, les habitants et professionnels strasbourgeois ont constaté des changements pratiques immédiats, notamment avec le remplacement des puces des horodateurs. Les agents travaillant chez Streeteo–Indigo ont eu la possibilité d’être intégrés au sein de la SPL, selon l’annonce de la municipalité. Un guichet physique a également été installé au centre administratif situé place de l’Étoile, dédié aux usagers professionnels pour les enregistrements, forfaits et démarches de stationnement pour personnes en situation de handicap. Ces ajustements visent à améliorer l’expérience utilisateur et à garantir une transition fluide vers la nouvelle gestion publique.
Paiement, applications et transition numérique
Les applications de paiement existantes, telles qu’Easypark et Indigo Neo, resteront opérationnelles pour le moment, garantissant ainsi la continuité du service pour les automobilistes. La SPL a également prévu de lancer sa propre application en 2026, qui intégrera progressivement de nouvelles fonctionnalités de gestion, de contrôle, et d’informations en temps réel concernant les places disponibles en centre-ville. L’intégration de solutions numériques vise non seulement à faciliter le stationnement, mais aussi à fournir des données précieuses pour la gestion urbaine.
Enjeux politiques et objectifs affichés
Pour la municipalité écologiste, ce retour à la gestion publique répond à l’objectif de « mieux maîtriser la politique du stationnement » et d’« optimiser les moyens dédiés ». Ces formulations ont été des arguments centraux lors du vote en conseil municipal et au conseil de l’Eurométropole en 2024. Les élus ont affirmé que les recettes du stationnement devraient financer des dispositifs locaux de mobilité durable, comprenant des vélos en libre-service, un renforcement du réseau de bus, ou encore des financements de parkings-relais, tout en assurant un pilotage plus adapté des politiques tarifaires et de contrôle. Cette nouvelle approche vise à intégrer les enjeux environnementaux dans la réflexion sur le stationnement et le transport public dans la région.
Réactions locales — élus, commerçants, riverains
Les élus de la majorité municipale ont applaudi cette reprise comme un symbole d’efficacité et de cohérence des politiques publiques. Toutefois, certains représentants du monde économique et des associations de commerçants ont exprimé des attentes prudentes, telles que le maintien de la fréquentation commerciale du centre, une clarté au niveau tarifaire, ainsi qu’une flexibilité pour les professionnels, notamment en ce qui concerne les forfaits et les livraisons. Les riverains, quant à eux, souhaitent des améliorations concrètes, incluant une gestion plus rapide des places réservées, une attention accrue pour les personnes à mobilité réduite, et une information plus lisible sur les règles de stationnement. Ces interactions signalent l’importance d’une communication efficace entre la municipalité et les différents acteurs locaux pour assurer une réponse adéquate aux attentes de chacun.
Impact territorial et prolongements pour l’Eurométropole
La nouvelle organisation ne concerne pas seulement le cœur strasbourgeois : Parcus est également en charge du stationnement sur voirie dans des communes voisines, avec une extension de ses compétences à Schiltigheim et Bischheim à partir du 1er janvier 2026. Cette montée en charge régionale a pour objectif d’harmoniser certaines pratiques et outils au sein de l’agglomération, bien que chaque commune conserve des marges de manœuvre en ce qui concerne les politiques locales de tarification et d’occupation de l’espace public. L’intégration de ces communes vise à créer une approche cohérente du stationnement, facilitant ainsi la mobilité intercommunale tout en répondant aux besoins spécifiques des populations locales.
Financement, transparence et indicateurs attendus
La Ville se concentre sur l’objectif d’une transparence accrue dans l’utilisation des recettes du stationnement, en vue d’actions en matière de mobilité et de services publics. Les élus, tout comme les associations locales, souhaitent désormais disposer d’indicateurs publics et réguliers, tels que les recettes annuelles, les coûts de gestion, le nombre d’agents, et le taux de recours des usagers, afin d’évaluer l’efficacité réelle de la SPL au fil des 15 ans du contrat. Cela permettrait non seulement de justifier les décisions prises, mais également d’engager le dialogue avec les usagers sur les évolutions nécessaires pour répondre à leurs attentes.
Défis opérationnels et attentes à court terme
À court terme, les défis pour la nouvelle SPL sont opérationnels : il est crucial d’assurer une continuité de service sans perturbation pour les usagers, de finaliser le transfert des personnels et des systèmes informatiques, et de lancer une communication efficace pour éviter toute confusion. Les semaines à venir serviront de test quant à la capacité de Parcus+ voirie à conjuguer les exigences du service public avec une gestion rigoureuse des recettes, tout en accompagnant les besoins locaux. Cet engagement à l’égard des usagers sera un indicateur clé de la réussite du fonctionnement de cette nouvelle entité.
Un regard local vers une mobilité plus durable
Pour les Strasbourgeois, ce retour à une gestion publique représente à la fois une occasion et un engagement : la possibilité d’un pilotage plus local des recettes et des priorités, et l’engagement d’obtenir des résultats tangibles en matière d’accessibilité et de qualité de vie en centre-ville. Un commerçant du centre-ville, interrogé après le basculement, a résumé la situation : « On veut des réponses rapides et claires, pas seulement des sigles administratifs » — une demande simple qui servira de baromètre quant au succès de cette reprise publique, en connexion directe avec les attentes des citoyens et des professionnels concernés.
