Manifestation et blocages à Strasbourg mobilisent plus de 10 000 personnes contre le plan d’austérité gouvernemental

Manifestation et blocages à Strasbourg : plus de 10 000 personnes contre le plan d’austérité gouvernemental

Une mobilisation massive dès l’aube dans la capitale alsacienne

Le 10 septembre 2025, Strasbourg s’est réveillée sous tension avec une journée de mobilisation baptisée « Bloquons tout ». Dès 7 heures, environ 150 manifestants, vêtus de noir et masqués, ont bloqué les accès routiers à l’arrêt de tram Montagne Verte, dans le quartier ouest de la ville. Ce barrage initial a paralysé la circulation automobile et provoqué des bouchons monstres sur l’autoroute M35.

Les forces de l’ordre sont intervenues rapidement, utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser le groupe. Sept interpellations ont été enregistrées dans la journée, dont six pour refus de contrôle et entrave à la circulation aux Ponts-Couverts, dans le pittoresque quartier de la Petite France. Une septième personne a été arrêtée lors d’un blocage au lycée Fustel-de-Coulanges, où les cours ont été annulés.

Le grand cortège place Kléber : un décompte controversé

À 14 heures, le cœur de Strasbourg s’est enflammé avec une manifestation unitaire partie de la place Kléber. Les syndicats CGT estiment le nombre de participants à plus de 10 000, une affluence record soulignée par Laurent Feisthauer, secrétaire général de la CGT Bas-Rhin : « Plus de 10 000 manifestants, c’est l’ampleur du ras-le-bol local face à l’austérité. » manifestation « Bloquons tout »

La préfecture du Bas-Rhin conteste ces chiffres, avançant 4 900 personnes, tandis que des journalistes sur place, comme Thibault Vetter de Rue89 Strasbourg, parlent de près de 10 500. Le cortège, autorisé par la CGT, a serpenté calmement jusqu’à la place de la République, traversant les artères commerçantes de la ville. Jeanne Barseghian, maire écologiste de Strasbourg, a rejoint les rangs pour marquer sa solidarité.

Colère contre l’austérité : un plan qui frappe les Alsaciens de plein fouet

Ce mouvement s’oppose au plan d’austérité du gouvernement, perçu comme un coup dur pour les ménages strasbourgeois. Retraites rognées, services publics amputés et hausses d’impôts locales pèsent lourd sur une région déjà marquée par le coût de la vie élevé. « Après des mois à se sentir méprisés par le président et ses gouvernements successifs, le mécontentement populaire explose », a déclaré Jeanne Barseghian en marge du défilé.

Les habitants du quartier de la Krutenau ou de Neudorf, touchés par la précarité énergétique, voient dans ces blocages un cri d’alarme. Les cantines solidaires prévues ont nourri des centaines de participants, renforçant le lien communautaire face à une politique perçue comme déconnectée des réalités locales. Maxime Kieffer, secrétaire général du syndicat CGT cheminots de Strasbourg, ajoute : « Il n’y a plus rien qui va, ni transports, ni pouvoir d’achat. »

Blocages ciblés et tensions avec les forces de l’ordre

Actions décentralisées : de Montagne Verte à la gare

Outre le blocage matinal de la M35, des actions ponctuelles ont visé des points stratégiques. Au lycée Fustel-de-Coulanges, des lycéens ont rejoint le mouvement, bloquant les accès et obligeant à l’annulation des cours. À la gare, une centaine de personnes s’est rassemblée pacifiquement, sous l’œil distant d’une quinzaine de policiers.

En fin d’après-midi, plus de 1 000 manifestants se sont dirigés vers l’Hôtel de police route de l’hôpital pour soutenir les interpellés. Un sit-in d’une heure et demie a bloqué trams et voitures, avec des slogans comme « Libérez nos camarades ! ». Les drones de surveillance survolaient la scène, empêchant toute approche du commissariat.

Réactions des autorités et dispersion ordonnée

La direction bas-rhinoise de la police nationale a confirmé les sept interpellations, gérées dans un contexte de renforcement des effectifs. Les organisateurs ont appelé à la dispersion place de la République, évitant une escalade. Des rendez-vous ont été fixés pour la suite : assemblée générale le 11 septembre à 18 heures au parc de la Citadelle, et nouveau blocage à 8 heures place de la gare. manifestations et blocages à Strasbourg

Échos en Alsace : Colmar et Sélestat dans le mouvement

Solidarité régionale au-delà de Strasbourg

La mobilisation strasbourgeoise n’a pas éclipsé les initiatives locales. À Colmar, près de 500 personnes se sont rassemblées place Rapp, brandissant pancartes contre l’austérité. À Sélestat, la place d’Armes a vu des prises de parole enflammées, avec des centaines de participants.

Dans la cité du Bollwerk, un cortège de 2 400 personnes selon la CGT – 1 100 pour la police – a défilé de la place de la Bourse jusqu’à 16 heures. Des chants de soutien à la Palestine ont ponctué la fin, liant luttes sociales et internationales.

Impact sur les transports et la vie quotidienne

Ces blocages ont disrupté la routine alsacienne : bouchons de dix kilomètres sur la M35, trams immobilisés, et perturbations aux abords des lycées. Les Strasbourgeois, habitués aux manifestations, ont toutefois exprimé une fatigue mêlée de détermination face à un plan d’austérité qui menace emplois et aides sociales locales. Ce mouvement constitue un rappel que la voix des citoyens doit être entendue dans les décisions gouvernementales.

Perspectives locales : un mouvement qui s’enracine

Voix des habitants et des élus

Pour les résidents de Montagne Verte ou de la Petite France, ces actions incarnent une résistance vitale. « On bloque pour que nos enfants aient un avenir ici, sans se ruiner », confie une manifestante anonyme du quartier. Jeanne Barseghian insiste sur l’urgence : « Strasbourg ne peut pas porter seule les coupes budgétaires nationales. »

Les syndicats prévoient d’intensifier les actions, avec des assemblées régulières. La maire appelle à un dialogue avec le gouvernement, soulignant l’impact sur les services publics strasbourgeois comme les crèches ou les transports en commun. Cette dynamique de mobilisation pourrait redéfinir les interactions entre les citoyens et leurs représentants, entraînant des changements à la fois locaux et nationaux.

Enjeux pour l’avenir de la région

Ce 10 septembre marque un tournant pour l’Alsace, où l’austérité risque d’accentuer les inégalités. Les 10 000 voix strasbourgeoises résonnent comme un avertissement : sans concessions, les blocages pourraient se multiplier. La communauté locale, unie le temps d’une journée, attend des réponses concrètes pour préserver son modèle social.

Les regards se tournent désormais vers les suites, avec une dynamique qui pourrait influencer les débats nationaux depuis les rues de Strasbourg, soulignant l’importance de l’engagement citoyen face aux défis à venir.