Gestion du stationnement à Strasbourg confiée à une nouvelle Société publique locale dès décembre 2025 avec réinvestissement des recettes dans des politiques innovantes

Strasbourg reprend la main sur son stationnement avec Parcus+ voirie

À partir du 1er décembre 2025, la gestion du stationnement payant sur voirie à Strasbourg sera opérée par une nouvelle société publique locale, Parcus+ voirie. Cette décision marque la fin du contrat avec l’opérateur privé Streeteo-Indigo, en vigueur depuis 2017. Les recettes, estimées à 15 millions d’euros par an, seront réinvesties dans des politiques de mobilité durable.

Naissance de Parcus+ voirie : une restructuration stratégique

La création de Parcus+ voirie, où la Ville de Strasbourg détient 95 % des parts et l’Eurométropole 5 %, a eu lieu en juin 2024. Cette initiative s’inscrit dans une réorganisation plus large de Parcus, qui comprend également deux autres entités publiques. Parcus+ mobilités gère actuellement des parkings comme ceux d’Austerlitz et Gutenberg depuis octobre 2025, et le parking Opéra Broglie sera opérationnel en janvier 2026.

Dès 4 heures du matin le 1er décembre, les équipes de Parcus+ voirie ont lancé leurs opérations en modifiant les puces des horodateurs. Tous les agents de contrôle ainsi que la voiture-radar de Streeteo ont été intégrés, de même que les salariés volontaires. « Nous optimisons désormais nos propres moyens pour une mobilité plus durable », déclarent les responsables municipaux.

Fin d’une concession privée, retour au public

Le contrat avec Streeteo-Indigo arrivant à échéance, la municipalité écologiste a décidé d’internaliser cette activité stratégique. L’objectif est de mieux contrôler la politique de stationnement tout en alignant les ressources avec les priorités locales.

Pour les usagers, la continuité est assurée grâce aux applications mobiles Easypark et Indigo Neo. Un guichet physique sera accessible au niveau 0 du centre administratif, place de l’Étoile, permettant les recours, paiements de forfaits professionnels et inscriptions des personnes en situation de handicap via leur carte mobilité inclusion-stationnement. Une application dédiée à Parcus+ voirie est prévue pour 2026.

Les 15 millions d’euros générés annuellement ne seront plus versés à une société privée, mais serviront à financer des initiatives locales innovantes. Les projets incluent des vélos en libre-service, un renforcement du réseau de bus et le développement de parkings-relais. Une transparence accrue sera mise en place avec des indicateurs publics concernant les coûts de gestion et les taux de recours. Pour plus d’informations sur ce sujet, consultez cet article sur la gestion du stationnement.

Dans une ville comme Strasbourg, où des lieux emblématiques comme la Petite France et les quais attirent des milliers de visiteurs chaque jour, ces fonds viseront à fluidifier les flux. Les parkings-relais situés en périphérie, tels que ceux de Vendenheim ou Ostwald, devraient recevoir un coup de pouce pour encourager le report modal. « Cette réinternalisation permet d’aligner recettes et ambitions écologiques », souligne un élu.

Impacts locaux : entre facilités et tensions

Le changement devrait offrir aux Strasbourgeois un accès plus proche et personnalisé à des solutions de stationnement. Les professionnels, tels que les garagistes et les livreurs, bénéficieront de forfaits adaptés via une plateforme dédiée. Les habitants des quartiers Neudorf ou Orangerie, récemment concernés par l’extension des zones payantes, espèrent une gestion plus équitable de ces nouvelles dispositions.

Cependant, certaines voix s’élèvent pour s’inquiéter de cette transition. Un rapport récent de l’Adeus fait état d’un « bilan accablant » concernant l’accessibilité, citant des hausses tarifaires et une diminution des places bon marché. Des tensions sont perceptibles dans ces secteurs résidentiels, où le stationnement payant pourrait être perçu comme un fardeau pour les familles à revenus modestes.

Perspectives des acteurs : optimisme municipal, scepticisme citoyen

La municipalité met en avant la synergie renforcée entre les trois entités Parcus+. Parcus+ voirie se concentrera sur la gestion du stationnement sur voirie, tandis que Parcus+ mobilités s’élargira aux gares routières et aux mobilités alternatives. Un observatoire du stationnement est également prévu pour suivre les évolutions de la situation. Pour une vue d’ensemble sur cette gestion, consultez la création de la SPL.

Du côté des usagers, les avis sont partagés. « C’est une bonne nouvelle pour la transparence, mais les tarifs demeurent élevés », confie un commerçant du centre-ville. Les associations de riverains du Neudorf réclament davantage de places gratuites pour les résidents et une meilleure prise en compte des besoins des professionnels de santé.

Défis à venir : concilier écologie et équité

Strasbourg continue sa transition vers une ville moins centrée sur l’automobile. Les objectifs affichés visent à favoriser les stationnements de courte durée, encourager les transports en commun et privilégier l’usage des vélos. Cependant, le rapport de l’Adeus soulève la question suivante : les parkings-relais seront-ils suffisants pour tous, y compris pour les personnes à mobilité réduite ?

La SPL Parcus+ voirie devra composer avec ces divers impératifs. Avec 15 millions d’euros à réinvestir, le défi est de taille pour l’Eurométropole, le deuxième pôle urbain de France. Les mois à venir détermineront si cette gestion publique parvient à apaiser les débats ou à raviver les critiques à l’approche des prochaines élections.

Un écosystème unifié pour la capitale alsacienne

Cette réforme s’inscrit dans un contexte particulier à Strasbourg : une métropole frontalière où 500 000 habitants se partagent un espace limité. Les quais de l’Ill, le marché de Noël et des événements comme la Foire européenne sont autant de facteurs générant des pics de fréquentation. Parcus+ voirie a promis de proposer des réponses adéquates, avec un contrôle renforcé et un entretien optimisé de la voirie.

Les abonnés des parkings ont d’ores et déjà été contactés pour le renouvellement de leurs contrats. Pour les visiteurs, les horodateurs modernisés permettront des paiements simplifiés sans contact. Reste à voir si cette gestion publique pourra effectivement traduire les promesses d’une mobilité plus inclusive en actions concrètes.