Incendie majeur à Koenigshoffen cause un décès et hospitalisation de neuf personnes le 20 septembre 2025

Incendie tragique à Koenigshoffen : un mort et neuf blessés

Un violent incendie a ravagé un immeuble au 36 route des Romains, dans le quartier de Koenigshoffen à Strasbourg, le samedi 20 septembre 2025. Cette catastrophe a coûté la vie à un homme d’une cinquantaine d’années et blessé neuf autres personnes, dont huit ont été hospitalisées pour intoxication à la fumée. Les secours ont été massifs, mobilisant pompiers et riverains dans une course contre la montre.

L’alerte a été donnée en fin d’après-midi. Les flammes se sont propagées rapidement du rez-de-chaussée jusqu’au dernier étage, piégeant plusieurs habitants. Une personne s’est réfugiée sur le toit et a été évacuée saine et sauve par les sapeurs-pompiers.

La victime et le bilan humain

La victime, un quinquagénaire en fauteuil roulant nommé Fabrice Stefan, a été retrouvée sans vie au deuxième étage, aux côtés de son chien. Huit autres personnes ont été hospitalisées en urgence relative, portant le bilan à neuf blessés selon les premiers comptes. Parmi les rescapés figurent un couple avec leurs deux jeunes enfants, Anais Theinert et David Meraissia, parents d’Anita, 2 ans et demi, et Djovani, 1 an et demi.

Ce drame touche de plein fouet une famille déjà précaire. Les animaux de la famille, la chienne Haïka et le chat Sherif, ont également péri dans les flammes. Les survivants pleurent un proche et affrontent un deuil profond. La communauté se mobilise pour apporter du soutien, mais la douleur reste vive pour ces familles affectées par ce tragique événement.

Une piste criminelle privilégiée

Les enquêteurs privilégient la piste criminelle. Un locataire du rez-de-chaussée a été placé en garde à vue peu après les faits. Des témoins l’ont vu entrer la veille avec un Caddie rempli de bois, et après l’incendie, il s’est assis calmement devant le bâtiment en flammes, bras croisés.

« La veille, des gens l’ont vu entrer avec un Caddie rempli de bois. Après l’incendie, quand tout brûlait, il est sorti et il s’est assis devant les bras croisés, comme si tout était normal », témoigne un riverain sous couvert d’anonymat. La police judiciaire poursuit ses investigations pour éclaircir les circonstances exactes. La communauté espère que la vérité sera rapidement rétablie pour rendre justice aux victimes et assurer la sécurité de tous.

Héros du quotidien : les riverains sauvent des vies

Plusieurs habitants du quartier ont joué un rôle décisif. Mis à l’honneur le 2 octobre à l’hôtel de ville par la municipalité, ces héros ordinaires ont escaladé les façades et brisé des fenêtres pour porter secours aux victimes. Leurs actions ont permis d’évacuer plusieurs personnes piégées.

« On n’a pas hésité une seconde, on a vu les appels à l’aide et on a agi », raconte l’un d’eux dans un témoignage relayé par la presse locale. Ces gestes solidaires incarnent l’esprit de Koenigshoffen, un quartier ouvrier soudé face à l’adversité. La maire écologiste Jeanne Barseghian a salué leur courage : « Notre ville est aujourd’hui endeuillée, mais fière de ces citoyens exemplaires ». Leur bravoure rappellera toujours l’importance de la solidarité en période de crise.

Le quartier de Koenigshoffen sous le choc

Koenigshoffen, ancien faubourg industriel de Strasbourg, est un quartier populaire marqué par une mixité sociale. La route des Romains, artère animée bordée d’immeubles des années 1960, concentre une population modeste souvent logée dans des HLM vieillissants. Cet incendie ravive les craintes sur la sécurité des bâtiments anciens.

Les résidents décrivent un secteur vivant mais fragile, avec des problèmes récurrents d’entretien. « On vit les uns sur les autres, et un feu comme ça, ça fait peur pour tout le monde », confie une voisine. L’événement interroge la prévention dans ces zones densément peuplées. Les habitants craignent que ce type de drame ne se répète et appellent à des inspections plus rigoureuses pour assurer leur sécurité.

Impacts sur les rescapés : précarité et relogement

Les survivants du dernier étage, Anais Theinert et David Meraissia, vivent toujours dans la précarité deux mois après le drame. Relogés en urgence dans un appartement sommairement meublé à Cronenbourg, ils craignent l’expulsion imminente. « On a perdu tout ce qu’on avait, et maintenant on risque la rue avec nos enfants », déplore la jeune mère.

Le couple accueillait Fabrice Stefan et un ami, Mustafa Sekli, au moment du sinistre. Mustafa n’a pas survécu, aggravant le traumatisme familial. Les services sociaux strasbourgeois accompagnent les familles, mais les places d’hébergement d’urgence font défaut dans l’agglomération. Cette situation met en lumière les difficultés rencontrées par les familles dans l’accès à un logement stable, notamment pour celles touchées par des tragédies.

Soutien municipal et associations locales

La Ville de Strasbourg a mobilisé une cellule de crise. Des aides financières et psychologiques ont été débloquées pour les victimes. Des associations comme la Croix-Rouge et Secours Populaire interviennent sur le terrain, distribuant vêtements et meubles aux sinistrés.

Jeanne Barseghian a exprimé sa « profonde solidarité » sur les réseaux sociaux. « Nous accompagnons les familles dans cette épreuve et renforçons les contrôles de sécurité incendie », a-t-elle ajouté. Les habitants appellent à plus de moyens pour rénover les immeubles vulnérables. La mobilisation des citoyens continue, témoignant de l’engagement collectif face à l’adversité.

Leçons et perspectives pour la sécurité à Strasbourg

Cet incendie met en lumière les failles de la prévention dans les quartiers populaires. Les immeubles de Koenigshoffen, souvent sans sprinklers ni détecteurs modernes, posent un risque majeur. Les pompiers strasbourgeois rappellent l’importance des exercices d’évacuation.

La communauté se mobilise pour une cagnotte en ligne au profit des rescapés. Des réunions de quartier sont prévues pour discuter des mesures préventives. « Il faut que ça serve de signal d’alarme pour tous les locataires », estime un élu local. La prise de conscience collective pourrait amener des changements concrets, garantissant une meilleure sécurité à l’avenir.

Les implications touchent l’ensemble des habitants de l’Eurométropole. Avec une population croissante dans des logements anciens, réouverture du Musée ZoologiqueStrasbourg doit accélérer ses plans de rénovation énergétique et sécuritaire. Koenigshoffen, résilient, transforme le drame en appel à l’action collective. Les citoyens espèrent que cette tragédie serve de catalyseur pour des réformes nécessaires afin d’éradiquer de tels risques à l’avenir.