Strasbourg lance une nouvelle application mobile pour faciliter les courses et bons plans locaux dès septembre 2025

Strasbourg parie sur le numérique local avec une nouvelle application mobile dès septembre 2025

La Ville et l’Eurométropole de Strasbourg lanceront en septembre 2025 une nouvelle application mobile dédiée aux courses du quotidien et aux bons plans locaux. Pensée comme un « guichet unique » dans la poche des Strasbourgeois, cette initiative a pour but de préparer les achats, soutenir les commerces de proximité et valoriser les initiatives locales. Pour en savoir plus sur ces bons plans, consultez notre article sur les meilleurs bons plans.

Selon l’Hôtel de Ville, l’outil sera proposé gratuitement sur Android et iOS, avec une première version centrée sur le centre-ville, la Krutenau, Neudorf et la Robertsau. Un déploiement élargi à l’ensemble des quartiers de l’Eurométropole est prévu dans les mois suivants. Les services seront accessibles en français et en allemand, ce qui tient compte du contexte transfrontalier avec Kehl.

Une place de marché locale dans la poche

L’application proposera un annuaire géolocalisé des commerces alimentaires et non alimentaires : boulangeries, épiceries, marchés couverts, librairies, pharmacies, cavistes, boutiques de vêtements, mais aussi artisans et créateurs. Chaque commerce disposera d’une fiche détaillée, incluant horaires, accessibilité, moyens de paiement acceptés et informations pratiques.

Une fonctionnalité centrale sera la consultation des stocks disponibles en temps quasi réel pour divers produits du quotidien, tels que le pain, les fruits et légumes de saison, certains médicaments en libre accès et les produits de base. Les usagers pourront préparer leur liste de courses, comparer plusieurs commerces à proximité et, lorsque le commerçant le propose, réserver ou commander via un système de click & collect.

« On ne veut pas concurrencer les géants du e-commerce, mais proposer une alternative locale, simple et humaine », explique un cadre de la direction du commerce de la Ville. « L’idée est que les Strasbourgeois puissent savoir en quelques secondes où trouver ce dont ils ont besoin, près de chez eux, sans parcourir la ville inutilement. »

Intégration des marchés et événements commerciaux

Les marchés hebdomadaires de Strasbourg (place Broglie, Neudorf, Esplanade, Montagne Verte, etc.) seront également intégrés dans l’application, avec précisions sur les jours, horaires et types de stands présents. À terme, certains producteurs pourront indiquer leurs disponibilités et les produits du moment disponibles.

Les opérations commerciales telles que les braderies, la Foire européenne, les ventes privées collectives ou encore les journées « centre-ville piéton » seront mises en avant dans un onglet dédié, enrichi de cartes interactives, d’itinéraires et de filtres (famille, petits budgets, mobilité réduite).

Bons plans locaux et vie de quartier

Au-delà des courses, la nouvelle application aspire à devenir un rendez-vous des bons plans strasbourgeois. Les commerçants, bars, restaurants, cinémas indépendants ou salles de spectacle pourront y publier des offres promotionnelles ciblées, limitées dans le temps ou dans le nombre de bénéficiaires. Pour découvrir des initiatives innovantes, consultez l’article sur les loisirs et bons plans locaux.

Certaines enseignes testeront des offres de dernière minute : menus du jour à prix réduit en fin de service, places de spectacle invendues le matin pour le soir-même, réductions dans des salons de coiffure ou instituts de beauté sur des créneaux creux. Les utilisateurs pourront également recevoir des notifications personnalisées, qu’ils pourront ajuster ou désactiver selon leurs intérêts.

La Ville collabore aussi avec les unions de commerçants pour établir un programme de fidélité commun, basé sur un système de points ou de « crédits locaux » cumulés dans divers commerces, convertibles en réductions ou en invitations à des événements de quartier. « On veut encourager le réflexe de consommer à Strasbourg plutôt qu’en ligne ou dans les grands centres commerciaux périphériques », résume un représentant d’une association de commerçants du centre-ville.

Un relais pour la culture et les événements de proximité

L’application intégrera un agenda culturel et associatif local, allant des grandes manifestations métropolitaines aux animations de quartier : concerts dans les bars, ateliers dans les médiathèques, festivals, vide-greniers, événements sportifs grand public, tels que les Courses de Strasbourg Eurométropole ou les trails urbains.

Les organisateurs d’événements pourront offrir des bons plans spécifiques aux utilisateurs : réductions sur les inscriptions à certaines courses, happy hours prolongés lors de soirées d’ouverture de festival, ou gratuités ciblées pour les familles. Cela devrait améliorer la visibilité des quartiers périphériques, souvent moins en avant sur les grands canaux de communication.

Un projet au croisement du numérique et de la transition écologique

Pour la municipalité, ce projet s’inscrit dans une stratégie de transition écologique et de ville décarbonée. En aidant les habitants à mieux planifier leurs achats à proximité de leur domicile, de leur lieu de travail ou de leurs trajets en tram et vélo, l’application vise à limiter les trajets en voiture et les déplacements dispersés.

La mise en avant des circuits courts et des produits locaux (producteurs d’Alsace, AMAP, magasins de vrac, épiceries bio de quartier) constituera un axe fort. Ces acteurs bénéficieront de filtres spécifiques pour être mieux identifiés, et l’outil permettra aussi de repérer facilement les commerces impliqués dans des démarches de réduction des emballages, de consigne du verre ou de vente en vrac.

« Nous voulons que cette application serve à la fois le pouvoir d’achat, la cohésion sociale et le climat », insiste un élu en charge du commerce et de la transition numérique. « En rendant les alternatives locales plus visibles et plus simples d’accès, on donne aux habitants des moyens concrets d’agir. »

Accessibilité, inclusion numérique et données personnelles

Consciente des enjeux de fracture numérique, la Ville a promis de prêter attention à l’accessibilité : interface simplifiée, contrastes renforcés, lecture vocale possible, et compatibilité avec les principaux lecteurs d’écran pour les malvoyants. Des ateliers d’initiation seront proposés dans plusieurs quartiers, notamment dans les maisons de quartier et les médiathèques.

Concernant les données personnelles, la municipalité garantira que la géolocalisation sera entièrement paramétrable et désactivable. Il n’y aura aucune revente de données à des tiers commerciaux. Les informations de fréquentation serviront principalement à ajuster l’offre, par exemple en identifiant les zones sous-représentées ou les types de commerces peu visibles.

Les commerçants partagés entre espoirs et prudence

Côté commerçants, les premiers retours recueillis lors de réunions de quartier oscillent entre enthousiasme et prudence. Pour une libraire de la Krutenau, « tout ce qui permet de rappeler aux habitants qu’ils ont tout à portée de main est positif ». Selon elle, la mise en avant des stocks en temps réel pourrait limiter les déceptions des clients et renforcer la relation de confiance.

D’autres commerçants demeurent plus réservés, craignant une surcharge de travail liée à la mise à jour régulière des informations, ainsi qu’une comparaison trop frontale des prix entre commerces voisins. La Ville promet d’assurer un accompagnement, avec des formations gratuites et des outils simplifiés pour la mise à jour des fiches-produits, voire l’automatisation pour les commerces déjà équipés de logiciels de caisse compatibles.

Les grandes enseignes du centre-ville considèrent l’application comme un outil complémentaire à leurs propres applications, tout en insistant sur l’importance de maintenir les petits commerces indépendants au cœur du dispositif, pour éviter que l’outil ne devienne une vitrine pour des marques nationales déjà très visibles.

Les habitants, entre curiosité et attente de simplicité

Du côté des habitants, l’interrogation porte principalement sur le risque de “trop-plein d’applications”. Plusieurs Strasbourgeois disent jongler entre les applications de transports, de stationnement, de livraison de repas et de commerce en ligne. « Si c’est simple, utile, et que ça me fait vraiment gagner du temps sur mes courses, je l’utiliserai. Sinon, elle restera dans un dossier sur mon téléphone », confie une habitante de Neudorf.

Les usagers souhaitent en priorité : des informations fiables et à jour, une recherche par besoins concrets (par exemple « trouver une baguette sans faire un détour de 20 minutes ») plutôt que par nom de commerce, des offres réellement avantageuses, notamment pour les familles et les étudiants, ainsi qu’une intégration claire avec les transports en commun et les itinéraires vélo.

Une expérimentation appelée à évoluer

Le lancement en septembre 2025 sera présenté comme une phase d’expérimentation ouverte, durant laquelle les fonctionnalités pourront être ajustées en fonction des retours des habitants et des commerçants. Un dispositif de remontée d’avis sera intégré directement dans l’interface.

Si l’essai est concluant, la Ville envisage déjà plusieurs évolutions : intégration d’un module de paiement local sécurisé pour certaines commandes, mise en réseau avec des applications de mobilité et de tourisme, ou extension à d’autres communes de l’Eurométropole qui en feraient la demande.

En misant sur cette application, Strasbourg confirme sa volonté de conjuguer innovation numérique, commerce de proximité et qualité de vie urbaine, avec l’ambition de faire de l’écran du smartphone un allié du tissu local plutôt qu’un simple relais du commerce en ligne mondial.