Nouveaux bons plans pour les Strasbourgeois avec la mise en service progressive des réseaux de chaleur et économies d’énergie d’ici fin 2025

Nouveaux réseaux de chaleur : des économies en vue pour des dizaines de milliers de Strasbourgeois

Alors que les factures de chauffage ont fortement augmenté ces dernières années, l’Eurométropole de Strasbourg mise sur une solution très locale : la montée en puissance des réseaux de chaleur urbains d’ici fin 2025. Objectif affiché : offrir une chaleur plus stable, moins carbonée, et in fine moins chère à des dizaines de milliers de foyers.

Entre l’extension du réseau Strasbourg Centre et la transformation accélérée du réseau Ouest Strasbourg – EVOS à Hautepierre, Poteries, Cronenbourg et Koenigshoffen, ce sont plusieurs quartiers entiers qui vont basculer progressivement vers ces infrastructures collectives de chauffage. Ces projets s’inscrivent dans les nouveaux aménagements pour les transports en commun à Strasbourg.

Strasbourg Centre : 40 000 foyers raccordés à l’horizon 2025

Le réseau de chaleur du centre de Strasbourg est en pleine croissance, notamment autour des quartiers de l’Esplanade et de la Cité Spach. Selon Strasbourg Centre Énergies, l’exploitant, l’extension en cours permettra de desservir plus de 40 000 foyers d’ici fin 2025. C’est près d’une ville moyenne alsacienne qui sera chauffée par ce réseau unique.

Lors d’un point d’étape organisé rue Grandidier, l’Eurométropole et l’exploitant ont rappelé que ces travaux s’inscrivent dans une démarche de décarbonation et d’indépendance vis-à-vis des énergies fossiles. Le raccordement progressif des copropriétés, bailleurs sociaux et équipements publics se poursuit au fil des chantiers, renforçant l’engagement de Strasbourg vers un futur énergétique durable.

Une chaleur locale, durable… et plus prévisible

Le réseau Strasbourg Centre repose sur des énergies renouvelables et de récupération (ENR&R), principalement la biomasse et la valorisation d’énergies dites « fatales », c’est-à-dire non utilisées dans certains procédés industriels. La part de ces énergies « vertes » doit atteindre 85 % du mix énergétique en 2029.

Pour les habitants, l’enjeu est double : environnemental et financier. « Nous distribuons une chaleur à un prix stable sur la durée, en nous affranchissant des fluctuations géopolitiques. Fini les Poutine qui fixent le prix du gaz ! », a résumé, non sans provocation, l’un des responsables du projet lors d’une visite de chantier. Concrètement, les abonnés au réseau bénéficient de tarifs encadrés, moins exposés aux crises du gaz ou du pétrole. Cela se traduira par des masses importantes d’économies pour les foyers à long terme.

Hautepierre – Poteries – Cronenbourg – Koenigshoffen : le réseau EVOS change d’échelle

À l’ouest de Strasbourg, le réseau de chaleur historique créé dans les années 1970 à Hautepierre – Poteries fait lui aussi sa révolution. Rebaptisé EVOS (Énergies Vertes Ouest-Strasbourg), il est exploité dans le cadre d’une délégation de service public renouvelée en juillet 2022, avec un cap clairement affiché : moderniser et verdir l’ensemble des installations.

Ce réseau alimente déjà 156 bâtiments avec une chaleur issue à 50 % de gaz naturel et 50 % de biométhane. Mais cette configuration va profondément évoluer : le site de la chaufferie centrale de Hautepierre est en cours de transformation, avec une mise en service des nouveaux équipements annoncée pour le premier trimestre 2025. Ce changement marque une étape cruciale dans la transition énergétique de la région.

Une baisse massive des émissions de CO₂ dès 2025

Le projet EVOS combine plusieurs technologies : récupération de chaleur sur les groupes froids du CHU, pompes à chaleur pour rehausser la température, grande chaufferie biomasse, et systèmes avancés de traitement des fumées. Cette combinaison est présentée comme « unique en France » par les partenaires du projet.

Résultat attendu : dès 2025, le réseau doit permettre d’effacer 78 % des émissions de CO₂ auparavant générées pour produire cette chaleur. D’ici 2025, ce nouveau réseau devrait alimenter 25 000 équivalents logements, tout en évitant environ 43 000 tonnes de CO₂ par an. À l’échelle d’un quartier, cela représente l’empreinte carbone annuelle de plusieurs milliers d’habitants. Ainsi, ces initiatives marquent un tournant significatif vers des pratiques énergétiques plus durables.

30 kilomètres de tuyaux supplémentaires et des travaux jusqu’à fin 2025

Pour les Strasbourgeois de l’ouest de la ville, le changement se voit surtout… sur la voirie. Une importante opération d’extension est en cours depuis le printemps 2023 et se poursuivra jusque fin 2025. Au total, 30 kilomètres de réseau de distribution supplémentaires doivent être posés pour desservir 150 nouveaux points de livraison dans les quartiers de Koenigshoffen et Cronenbourg, en plus de Hautepierre et Poteries. Cette avancée permettra de garantir un accès à la chaleur pour un plus grand nombre de foyers.

D’ici 2026, ce maillage sera encore renforcé : 25 kilomètres supplémentaires de canalisations doivent porter la longueur totale du réseau à 50 kilomètres. À terme, plus de 25 000 équivalents logements, soit plus de la moitié des habitants des quartiers concernés, seront raccordés au réseau Ouest Strasbourg. Cet effort d’extension est essentiel pour construire une infrastructure de chaleur durable pour le futur.

Pour les riverains, ces travaux riment parfois avec nuisances temporaires : bruit, circulation restreinte, stationnement modifié. Les élus comme les exploitants insistent toutefois sur le caractère structurant de ces chantiers. « On est sur des infrastructures qui vont durer plusieurs décennies. L’enjeu, c’est de supporter quelques mois de travaux pour des économies de chauffage sur le long terme », explique un technicien du réseau croisé à Hautepierre. Cela souligne l’importance d’un engagement collectif pour un avenir énergétique plus vert.

Des économies d’énergie et de chauffage pour les foyers

Au-delà des chiffres techniques, la question centrale pour les habitants reste celle du pouvoir d’achat. En se basant majoritairement sur des énergies locales et renouvelables, les réseaux de chaleur promettent une facture plus lisible et plus stable dans le temps que le chauffage au gaz individuel ou collectif, très exposé aux variations des marchés mondiaux. Cette stabilité est primordiale pour la sécurité financière des ménages.

Les abonnés – bailleurs sociaux, syndics de copropriété, collectivités – devraient bénéficier à partir de 2025 d’une diminution durable des coûts de la chaleur, assure l’exploitant EVOS. Les habitants ne voient généralement pas directement le contrat de chaleur, mais la baisse peut se ressentir sur les charges de copropriété ou de loyer, notamment dans les grands ensembles de Hautepierre, Cronenbourg ou Koenigshoffen. Ce modèle de fourniture de chaleur collective souligne les avantages d’une approche collaborative en matière d’énergie.

Dans le centre et les quartiers denses, Strasbourg Centre met également en avant l’intérêt de mutualiser la production plutôt que de multiplier les chaudières individuelles ou de petite taille. Pour les copropriétés, se raccorder au réseau peut aussi permettre de respecter plus facilement les futures obligations de performance énergétique des bâtiments, en combinant rénovation et changement de mode de chauffage. Ainsi, cela représente une opportunité pour améliorer l’efficacité énergétique générale des bâtiments dans le centre-ville.

Une nouvelle carte des réseaux de chaleur dans l’Eurométropole

Ces projets s’inscrivent dans le Schéma directeur des réseaux de chaleur adopté par le conseil de l’Eurométropole le 27 juin 2025, qui fixe les grandes orientations pour les années à venir. L’objectif est de faire des réseaux de chaleur un pilier de la stratégie de transition énergétique, aux côtés de la rénovation des bâtiments et du développement des transports en commun à la rentrée 2025.

Le schéma prévoit de renforcer les réseaux existants comme Strasbourg Centre et EVOS, mais aussi d’identifier de nouveaux secteurs potentiels de développement. À terme, l’Eurométropole veut augmenter significativement la part de chaleur renouvelable et de récupération consommée sur son territoire, en visant une réduction significative des émissions de gaz à effet de serre. Cela démontre un engagement fort envers un avenir écologique et durable.

Pour les communes et quartiers concernés, cela implique une coordination fine entre services de voirie, promoteurs immobiliers, bailleurs et habitants. « Quand on refait une rue ou un quartier, on regarde désormais systématiquement si le raccordement à un réseau de chaleur est pertinent », explique un élu métropolitain chargé de la transition énergétique. Cette volonté de planification intégrée est cruciale pour maximiser l’impact positif de ces réseaux sur l’environnement.

Des désagréments temporaires, une organisation de proximité

L’extension des réseaux de chaleur, en particulier dans le centre, suppose des travaux lourds en voirie. Strasbourg Centre Énergies a publié un plan de développement 2025-2026 détaillant le phasage des chantiers et les zones impactées, avec la promesse de limiter au maximum la gêne pour les riverains et les commerçants. Cela témoigne de l’importance de la communication avec la communauté pendant les phases de construction.

Un médiateur travaux est chargé d’aller au contact des commerçants directement concernés et de répondre aux questions des habitants. L’exploitant met également en avant sa « disponibilité » et sa « volonté de limiter au maximum la gêne perçue par l’ensemble des usagers de la route et des riverains ». À l’ouest, EVOS adopte une démarche similaire, en informant régulièrement les habitants des calendriers de travaux et des rues concernées. Cette initiative encourage la transparence et la collaboration communautaire tout au long du projet.

Pour les Strasbourgeois, l’un des enjeux sera d’anticiper ces perturbations : modifier ses habitudes de circulation, trouver des itinéraires de substitution, ou encore s’informer sur le calendrier précis dans son quartier. En contrepartie, les habitants profiteront, une fois les chantiers terminés, d’un réseau enterré et discret, apportant chauffage et eau chaude sans bruit, sans cuve ni chaudière dans les logements. Cela témoignera d’un succès collectif vers une infrastructure énergétique plus respectueuse de l’environnement.

Vers de nouveaux « bons plans énergie » pour les habitants

Avec ces mises en service progressives d’ici fin 2025, les « bons plans » pour les Strasbourgeois pourraient bien se jouer au niveau de leurs choix de chauffage. Entre les copropriétés qui envisagent de se raccorder, les bailleurs sociaux qui renégocient leurs contrats, et les nouveaux logements qui seront directement connectés, la donne énergétique locale est en train de changer. Cette dynamique offre une perspective excitante pour l’avenir énergétique de Strasbourg.

Les réseaux de chaleur ne régleront pas à eux seuls la question du coût de l’énergie, mais ils constituent un levier important de maîtrise des dépenses pour les quartiers raccordés, surtout si la rénovation thermique suit. Pour un habitant de Hautepierre ou de l’Esplanade, la perspective est claire : à quelques années d’intervalle, il pourrait disposer d’une chaleur plus propre, plus locale et moins soumise aux aléas internationaux, tout en contribuant à la réduction des émissions de CO₂ de son territoire. C’est un tournant vers un mode de vie plus durable qui se dessine.

Reste, pour chaque immeuble ou copropriété, à évaluer la pertinence technique et financière du raccordement. « C’est un investissement collectif, mais avec une vision de long terme, sur 20 ou 30 ans », résume un syndic de copropriété du centre-ville. Une équation qui, dans le contexte actuel de prix élevés de l’énergie, pourrait devenir l’un des meilleurs « bons plans » pour les Strasbourgeois d’ici 2025. Ainsi, la solidarité et la collaboration au sein des communautés joueront un rôle clé dans cette transformation énergétique.