Marche pour la justice climatique et sociale mobilise les Strasbourgeois dimanche 28 septembre 2025

Strasbourg se mobilise pour le climat et la justice sociale

Une marche historique pour transformer la colère en alternatives

Dimanche 28 septembre 2025, plus de 66 marches des résistances se sont élancées à travers la France sous le slogan « Climat, Justice, Libertés ! ». À Strasbourg, plusieurs milliers de citoyens ont répondu à l’appel lancé par un collectif de 238 organisations, dont Alternatiba, Attac, Greenpeace, le Réseau Action Climat et, pour la première fois, la CGT. Cette mobilisation revêtait une importance particulière pour la capitale alsacienne, qui accueillait l’une des trois marches organisées en région.

Le rendez-vous strasbourgeois était fixé à 14h place Kléber, au cœur du centre-ville. Les organisateurs présentaient cette journée comme « festive, populaire et combative », marquant une étape significative dans la relance des marches pour le climat, trois ans après la dernière grande mobilisation nationale. Cette convergence des luttes environnementales et sociales s’inscrivait dans un contexte d’urgence climatique et sociale croissante, face à une situation que les initiateurs de la mobilisation décrivaient comme « continuant de se dégrader ». Plus que jamais, les citoyens affirment leur désir de changement et leur volonté de prendre part aux solutions à mettre en œuvre.

Un appel porté par des centaines d’organisations

L’ampleur de la mobilisation strasbourgeoise reflétait l’engagement d’un large spectre d’acteurs de la société civile. Au-delà des organisations écologistes traditionnelles, des syndicats majeurs comme la FSU, la CGT et Solidaires avaient signé l’appel, signalant une volonté de convergence entre les luttes environnementales et sociales. Cette union inédite entre mouvements climatiques et organisations syndicales marquait un tournant dans la mobilisation française.

Les 238 signataires de l’appel national représentaient une diversité remarquable : associations de défense des droits humains comme la Ligue des Droits de l’Homme, mouvements de jeunesse comme Fridays for Future et Extinction Rébellion, organisations de justice climatique comme Action Justice Climat et les Amis de la Terre, ainsi que des collectifs locaux alsaciens. Cette coalition sans précédent témoignait de la volonté de porter une vision holistique des enjeux contemporains, en unissant leurs forces pour faire entendre une voix commune lors de cet événement majeur.

Des revendications immédiates et concrètes

Les manifestants strasbourgeois portaient des exigences précises et chiffrées. Au premier plan figurait la sortie des énergies fossiles et l’arrêt des nouveaux projets climaticides, accompagnée de l’interdiction des pesticides dangereux. Les organisateurs exigeaient également la taxation des majors du pétrole et des ultra-riches, reconnaissant que les responsabilités du changement climatique n’étaient pas équitablement réparties. Ces revendications soulignent un besoin urgent d’action pour rectifier les injustices environnementales.

Au-delà des enjeux environnementaux stricto sensu, la marche strasbourgeoise portait des revendications sociales larges : l’abrogation de la réforme des retraites, la régularisation des sans-papiers, et le respect des droits fondamentaux. Cette articulation entre justice climatique et justice sociale reflétait la conviction que les populations les plus vulnérables et du Sud global, bien qu’étant les moins responsables du changement climatique, en subissaient les conséquences les plus graves. La solidarité entre les luttes est essentielle pour atteindre de réelles avancées.

Une mobilisation mondiale et solidaire

La marche strasbourgeoise s’inscrivait dans une initiative internationale plus large intitulée « Draw The Line » (tracer la ligne), lancée par des peuples autochtones d’Amérique latine. Cette dimension mondiale revêtait une importance symbolique majeure, quelques semaines avant la COP30 prévue à Belém, au Brésil. Les organisateurs appelaient la France à « prendre ses responsabilités internationales en finançant, par des dons et non des prêts, la justice climatique ». Ce type d’engagement international est crucial pour assurer une réponse globale aux crises climatiques.

La mobilisation strasbourgeoise portait également des enjeux de solidarité internationale explicites. L’appel mentionnait la « fin de la colonisation et la libération de la Palestine », ainsi que la réparation des « crimes coloniaux tels que le Chlordécone et l’Agent Orange ». Ces revendications reflétaient une compréhension de la justice climatique comme inséparable de la justice historique et contemporaine, où les luttes pour les droits des peuples doivent aller de pair avec celles pour la planète.

Une stratégie de mobilisation sur plusieurs mois

Les organisateurs concevaient la marche du 28 septembre comme un point de départ d’une mobilisation prolongée. En octobre, lors de l’examen du budget au Parlement, ils prévoyaient de « chercher l’argent là où il se concentre » et d’exiger que « les pollueurs paient pour le chaos qu’ils ont causé ». En novembre, une nouvelle mobilisation était planifiée pour obtenir des décisions fortes à la COP30 de Belém. Cette préparation témoigne d’une volonté d’impact durable dans les décisions politiques à venir.

Cette stratégie multi-temporelle se poursuivait en décembre, avec un appel aux gouvernements pour honorer les engagements pris dans le cadre de l’accord de Paris à l’occasion de ses dix ans. Les organisateurs prévoyaient également de porter les valeurs d’une « écologie populaire, ancrée dans les territoires et socialement juste » lors des élections municipales à venir, et de poursuivre localement les luttes contre les grands projets inutiles et polluants. En unissant les efforts et en visibilisant ces enjeux, l’objectif est de renforcer les demandes auprès des décideurs afin d’impulser un changement significatif.

L’Alsace, région mobilisée

La région Alsace accueillait trois marches distinctes le 28 septembre. Outre celle de Strasbourg, des rassemblements étaient organisés à Guebwiller, avec un rendez-vous au Parc de la Marseillaise à 15h, et dans d’autres localités alsaciennes. Cette multiplication des points de mobilisation reflétait la volonté des organisateurs de « relancer les marches climat nationales et locales » et de toucher l’ensemble des territoires français. Une telle mobilisation régionale montre la mobilisation croissante et l’engagement des citoyens sur ces questions cruciales.

La présence de trois marches en Alsace soulignait l’importance de cette région dans la mobilisation climatique et sociale. La FSU, notamment à travers l’Alliance écologique et sociale (AES), appelait à une « présence militante » derrière les banderoles de l’AES quand des groupes locaux existaient, encourageant une participation organisée et structurée. Cela a permis de solidifier le lien entre les différentes luttes et de montrer que chaque voix compte dans la quête d’un avenir plus juste.

Une convergence des luttes inédite

Ce qui distinguait la marche strasbourgeoise de 2025 des mobilisations climatiques précédentes était l’ampleur de la convergence des luttes. Pour la première fois, la CGT, plus grand syndicat français, se joignait aux marches pour le climat, « toujours dans une démarche de convergence des luttes ». Cette union entre mouvements environnementaux et organisations syndicales représentait un tournant potentiel dans la mobilisation française. Les synergies ainsi créées permettent de renforcer les revendications et d’accroître la visibilité des enjeux communs.

Les organisateurs affirmaient que « la transition écologique, sociale et démocratique est non seulement nécessaire — elle est possible ». Cette conviction partagée par des centaines d’organisations et des dizaines de milliers de citoyens strasbourgeois le 28 septembre 2025 suggérait une volonté croissante de transformer la colère face aux crises climatique et sociale en alternatives concrètes et en mobilisations durables. En consolidant ces luttes, il est possible de s’engager vers un futur plus respectueux de l’environnement et des inégalités sociales persistantes.

De plus, lors des manifestations et blocages à Strasbourg, la ville a ressenti des tensions importantes, particulièrement aux alentours du 10 septembre, ce qui a provoqué des perturbations significatives dans les transports en commun.