Les Journées européennes du patrimoine à Strasbourg s’étendent avec ateliers culinaires et visites guidées jusqu’en septembre 2025
Les Journées européennes du patrimoine 2025, officiellement prévues les 20 et 21 septembre, se transforment à Strasbourg en un véritable mois du patrimoine. Une série d’ateliers, de balades urbaines et de découvertes culinaires seront proposées jusqu’à la fin du mois de septembre 2025. Pour en savoir plus sur les activités culturelles, consultez les ateliers et visites guidées.
Dans une Eurométropole où le patrimoine est de plus en plus associé au cadre de vie, à l’alimentation et au climat, cette extension de programme vise un public plus large, au-delà du seul week-end national des festivités.
Un thème centré sur l’architecture mais ouvert au vivre ensemble
Pour cette 42e édition, le thème national des Journées européennes du patrimoine est le « patrimoine architectural ». Il met en avant les réalisations artistiques et techniques qui structurent les villes européennes.
À Strasbourg, ce fil conducteur va des monuments emblématiques, tels que la cathédrale ou le Parlement européen, aux quartiers contemporains, en passant par les parcs et jardins de l’Eurométropole.
Les services de la Ville soulignent que ces journées “offrent une perspective nouvelle sur notre environnement et invitent à (re)découvrir notre territoire”. Après avoir mis en avant les mobilités et les réseaux en 2024, la municipalité souhaite cette fois montrer comment les bâtiments, espaces verts et lieux du quotidien façonnent également les pratiques sociales, culturelles et culinaires des Strasbourgeois.
La mise en avant des divers aspects du patrimoine peut également favoriser un sentiment d’appartenance et d’engagement communautaire, tout en impliquant les citoyens dans la valorisation de leur environnement immédiat.
Ateliers culinaires : le patrimoine passe aussi par l’assiette
Une mise en avant du patrimoine gourmand alsacien
Bien que le programme détaillé des activités culinaires soit encore en cours d’élaboration, la Ville s’inscrit dans la tendance locale de considérer la cuisine alsacienne comme un élément essentiel du patrimoine immatériel.
De nombreuses institutions culturelles, jardins et lieux patrimoniaux strasbourgeois ont l’habitude d’associer leurs visites à des dégustations, démonstrations et ateliers mettant en avant les produits locaux et recettes traditionnelles.
Dans le sillage des animations développées ces dernières années autour des marchés, circuits courts et ateliers “du potager à l’assiette”, les jardins et parcs de Strasbourg – notamment le Jardin botanique de l’Université, le parc de l’Orangerie ou le parc du Pourtalès – sont identifiés comme des sites pour accueillir ces ateliers grand public.
L’objectif est de relier patrimoine bâti, patrimoine vivant et alimentation autour de thèmes tels que les plantes comestibles, l’histoire des produits alsaciens et l’évolution des pratiques culinaires en ville.
Un format pensé pour les familles et les habitants du quartier
Les ateliers culinaires, souvent gratuits ou à tarif symbolique, sont conçus pour être accessibles aux familles et habitants des quartiers voisins. Ils s’articuleront avec d’autres animations ludiques déjà intégrées au programme, comme les jeux pour enfants et animations sensorielles proposées par le Jardin des sciences dans les jardins universitaires.
“On voit bien que lorsque l’on parle de cuisine, les gens se sentent concernés immédiatement, quelle que soit leur connaissance du patrimoine”, remarque un médiateur culturel strasbourgeois impliqué dans l’organisation de ces événements.
Les ateliers prévus jusqu’à fin septembre permettront à ceux qui ne peuvent se libérer durant le week-end officiel de participer tout de même à cette aventure patrimoniale. Ainsi, cette initiative assure une plus grande inclusivité et engagement des citoyens.
Un territoire en fête autour des visites guidées
Des monuments emblématiques ouverts au public
Les visites guidées resteront le cœur du dispositif strasbourgeois, avec une concentration d’événements les 20 et 21 septembre, suivis de prolongements la semaine suivante.
Parmi les temps forts, les parties hautes de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg accueilleront des visites guidées, sur réservation, les 20 et 21 septembre 2025. Les visiteurs auront l’occasion de découvrir de près cet édifice majeur de l’art roman et gothique.
La cathédrale, avec ses vitraux médiévaux et ses restaurations régulières, demeure un point de repère de la mémoire collective strasbourgeoise. Des visites “insolites” des parties basses – chœur, chapelles, transept – seront également proposées, avec des groupes limités pour préserver le monument et garantir une médiation de qualité.
Ces visites représentent non seulement une opportunité d’apprécier l’art et l’histoire, mais aussi de comprendre l’importance de la préservation du patrimoine culturel pour les générations futures.
Le Parlement européen, symbole d’un patrimoine politique contemporain
Un autre lieu marquant est le Parlement européen, situé allée du Printemps, qui propose un circuit-découverte spécial autour de son architecture les 20 et 21 septembre 2025, de 10h à 18h.
Conçu par l’agence Architecture-Studio et achevé en 1999, le bâtiment Louise-Weiss peut accueillir jusqu’à 1 000 parlementaires et se distingue par sa tour de verre et de grès de 60 mètres de haut, volontairement “inachevée” pour symboliser un projet européen en constante évolution.
La vaste façade vitrée de 13 000 m², pensée comme une métaphore de la transparence démocratique, sera détaillée lors de visites guidées de 45 minutes, mêlant histoire institutionnelle et lecture architecturale.
“C’est une occasion unique de comprendre de l’intérieur comment se fabrique la décision européenne, dans un bâtiment qui est lui-même un manifeste politique et architectural”, souligne un guide-conférencier spécialisé dans les institutions européennes.
L’Université de Strasbourg en première ligne
Le Jardin des sciences de l’Université de Strasbourg se positionne comme un autre pôle majeur de ces Journées du patrimoine 2025.
Le Musée zoologique, qui rouvre ses portes après de longs travaux de rénovation, proposera un week-end de découverte à partir du 19 septembre, de 14h à 21h le vendredi, puis de 10h à 18h les samedi et dimanche.
Auprès du campus impérial et du Jardin botanique, plusieurs visites guidées seront programmées : l’histoire du Jardin botanique, présenté comme un “patrimoine vivant”, et la découverte des façades et bâtiments de l’ensemble urbain universitaire, considéré comme une introduction à l’architecture du campus impérial.
Ces visites, accessibles dès 15 ans, sont prévues le samedi 20 septembre, par exemple à 14h pour le Jardin botanique et à 16h pour le circuit architectural. Elles s’accompagnent d’animations pour tous les publics, comme les jeux de médiation patrimoniale “Les p’tits jeux du pat’” et des performances artistiques et musicales au sein des jardins universitaires. Cette approche multiforme s’inscrit dans une volonté d’éducation et d’engagement pour les jeunes générations.
Un maillage fin du territoire strasbourgeois et de l’Eurométropole
Des parcs, des jardins et des institutions mobilisés
Au-delà de l’hypercentre, les parcs et jardins de l’Eurométropole participent également à la dynamique des Journées européennes du patrimoine 2025.
Le parc de l’Orangerie, le parc de la Citadelle, le Jardin des Deux Rives et le parc du Pourtalès figureront parmi les sites mis en avant, avec des animations mêlant histoire des lieux, biodiversité et cadre de vie.
L’objectif est de montrer que le patrimoine ne se limite pas aux monuments classés, mais englobe aussi les espaces de promenade et de détente utilisés au quotidien par les habitants.
Cette approche rejoint le travail du Service régional de l’Inventaire du Grand Est, qui accompagne la valorisation du patrimoine sur les territoires alsacien, lorrain et champardennais pour ces Journées européennes du patrimoine. En ce sens, le patrimoine devient un élément de cohésion sociale et de sensibilisation à l’environnement.
Un impact concret pour les habitants
Pour les habitants de Strasbourg et des communes voisines, l’extension des visites et ateliers jusqu’en septembre permet une flexibilité appréciable. Les professionnels de la culture signalent que les contraintes familiales, professionnelles ou de mobilité rendent parfois difficile la participation à un seul week-end.
“En étalant les visites guidées et ateliers culinaires sur plusieurs jours, on rend le patrimoine plus accessible à celles et ceux qui ne peuvent pas forcément se libérer le samedi ou le dimanche officiels”, précise une responsable de médiation d’un site strasbourgeois.
Cette approche “à la carte” permet aussi de réduire la saturation des sites les plus fréquentés, comme la cathédrale ou le Parlement européen, et de mieux répartir les flux de visiteurs. La stratégie favorise ainsi une expérience enrichie et moins stressante pour tous les participants.
Une vitrine pour Strasbourg à l’échelle européenne
Cinq rendez-vous européens au cœur de la ville
La dimension européenne de Strasbourg sera particulièrement mise en avant avec une série de rendez-vous spécifiquement tournés vers l’Europe, prévus les 20 et 21 septembre 2025.
Autour du Parlement européen, mais également d’autres lieux liés aux institutions et à l’histoire franco-allemande, plusieurs événements viseront à illustrer comment Strasbourg s’est établie comme capitale européenne.
Ces rendez-vous viendront compléter les circuits plus classiques dédiés au centre historique et aux quartiers anciens, et replaceront les ateliers culinaires et visites guidées dans un récit plus large : celui d’une ville-frontière où se rencontrent traditions locales et identité européenne.
Un outil de cohésion locale et d’attractivité
Pour la municipalité et les acteurs culturels, ces Journées européennes du patrimoine élargies à fin septembre constituent un outil de cohésion locale. En combinant découvertes architecturales, promenades dans les jardins, visites d’institutions européennes et expériences culinaires, Strasbourg vise à toucher à la fois les résidents de longue date, les nouveaux arrivants et les visiteurs de passage.
“Le patrimoine n’est pas figé, il se vit et se pratique”, rappelle un élu en charge de la culture au sein de l’Eurométropole. À travers ce mois de septembre 2025 qui s’annonce particulièrement riche, la ville souhaite confirmer son image de capitale patrimoniale, verte et européenne, tout en faisant de ses habitants les premiers bénéficiaires de cette mise en valeur. Ainsi, ces journées ne sont pas seulement une célébration du passé, mais une invitation à construire l’avenir ensemble.
