Strasbourg prépare un festival culturel participatif dédié au développement durable pour octobre
Strasbourg s’apprête à lancer à l’automne un festival culturel participatif destiné à mettre en lumière les acteurs locaux engagés dans le dévéloppement durable. Pensé comme un rendez-vous ouvert à toutes et tous, ce nouveau temps fort doit se tenir en octobre dans différents quartiers de la ville, en complément de l’offre existante comme Musica ou la Fête de l’Europe, déjà très marquées par les enjeux de transition et de citoyenneté. L’objectif affiché est double : donner de la visibilité aux initiatives locales souvent discrètes, et permettre aux habitants de découvrir des solutions concrètes pour changer leurs pratiques au quotidien.
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Un rendez-vous ancré dans une tradition culturelle foisonnante
Depuis plusieurs années, Strasbourg multiplie les festivals et événements mêlant culture, citoyenneté et engagement, qu’il s’agisse du festival Musica, de la Fête de l’Europe ou de semaines thématiques autour de la transition écologique. Le futur festival participatif d’octobre s’inscrit dans cette dynamique, mais avec un angle clairement recentré sur les acteurs locaux – associations de quartier, collectifs d’artistes, coopératives, initiatives citoyennes.
La Ville et l’Eurométropole ont déjà expérimenté des formats alliant ateliers participatifs, conférences, expositions et performances artistiques, notamment dans des programmes autour du travail, de la démocratie ou de la consommation responsable. Les organisateurs souhaitent cette fois structurer un rendez-vous identifiable, récurrent, qui fasse de Strasbourg un laboratoire à ciel ouvert des pratiques culturelles et écologiques.
Un festival conçu comme un laboratoire citoyen
Selon les premières informations communiquées dans l’entourage municipal, le festival d’octobre doit se dérouler sur plusieurs jours, en fin de semaine, avec un fil rouge : « montrer que la culture peut être un levier de transition écologique, social et démocratique ». Les habitants ne seront pas de simples spectateurs : ils seront invités à co-construire une partie du programme, que ce soit par des propositions d’ateliers, de débats ou d’installations artistiques éphémères.
« Nous voulons sortir du schéma public assis face à une scène, pour aller vers des formats où l’on fabrique quelque chose ensemble, que ce soit une fresque, un jardin partagé ou une émission de radio éphémère », résume un membre de l’équipe de coordination. Des dispositifs de budget participatif culturel pourraient être mobilisés pour soutenir certaines propositions issues directement des habitants et des associations de terrain.
Arts, ateliers et écologie du quotidien
Le cœur du festival reposera sur un mélange de pratiques artistiques et d’expériences concrètes liées au développement durable. Au programme sont notamment envisagés :
- des expositions et performances autour du réemploi et de l’upcycling,
- des concerts et spectacles à faible empreinte carbone,
- des ateliers de réparation (vélos, électroménager),
- des démonstrations de cuisine anti-gaspi,
- des parcours urbains sur la biodiversité et l’urbanisme durable.
Plusieurs lieux emblématiques de la ville – places du centre, friches en reconversion, équipements culturels de quartier – pourraient accueillir ces propositions, dans un esprit de déambulation douce. « L’idée est que l’on puisse traverser Strasbourg en découvrant à chaque étape un projet porté par des habitants ou des structures locales engagées », souligne une responsable associative impliquée dans la préparation.
Mettre en lumière les acteurs locaux engagés dans la transition
Strasbourg compte un tissu dense d’associations environnementales, de collectifs citoyens, de tiers-lieux, de coopératives alimentaires et énergétiques qui agissent déjà au quotidien, souvent à l’échelle d’un quartier. Ce festival doit devenir une vitrine pour ces acteurs, en leur offrant des espaces d’expression, de médiation et de rencontre avec le grand public.
Les organisateurs souhaitent proposer un « village des initiatives », où chaque structure pourrait présenter ses actions, organiser un mini-atelier ou une démonstration. « Beaucoup d’habitants ignorent qu’à deux rues de chez eux il y a un atelier vélo, une amap ou un café associatif zéro déchet. Le festival doit jouer ce rôle de révélateur », insiste un élu de quartier.
Au-delà des associations, des artistes strasbourgeois travaillant déjà sur les thèmes du climat, de l’inclusion ou de la ville durable seront sollicités. Certains pourraient co-créer des œuvres avec des habitants – fresques murales, installations sonores, parcours photographiques – à partir de matériaux recyclés ou de témoignages collectés lors d’ateliers.
Une attention particulière aux quartiers et à la jeunesse
Pour éviter un festival concentré uniquement dans l’hypercentre, la Ville envisage une programmation éclatée dans plusieurs quartiers, notamment ceux identifiés comme prioritaires en matière de cohésion sociale. L’idée est que chaque territoire puisse accueillir au moins un temps fort, co-organisé avec les associations locales, les maisons de quartier ou les médiathèques.
La jeunesse occupera aussi une place centrale, dans la continuité d’initiatives où de jeunes artistes et étudiants ont déjà été associés à des projets citoyens et européens à Strasbourg. Des lycées, écoles d’art et structures d’éducation populaire pourraient co-animer des ateliers sur le climat, les discriminations, la mobilité ou la démocratie, avec des formats adaptés : podcasts, vidéos, BD, street art.
« Si on veut que ce festival ait un impact durable, il doit donner envie aux jeunes de s’impliquer, pas seulement de passer une après-midi sur une place », estime un enseignant en lycée professionnel. Des dispositifs de reconnaissance de l’engagement, comme des badges ou la valorisation dans des projets éducatifs, sont en réflexion.
Enjeux environnementaux : un événement sous contrainte exemplaire
Organiser un festival autour du développement durable suppose d’être exemplaire dans la forme autant que dans le discours. Les équipes de projet planchent sur une charte visant à limiter l’empreinte environnementale de l’événement : scénographies réutilisables, mutualisation du matériel, tri renforcé, réduction drastique des déchets, alimentation locale et de saison sur les stands.
La question de la mobilité est centrale, dans une ville déjà très engagée sur le vélo et les transports en commun. La programmation devrait être pensée pour encourager les déplacements doux, avec des parcours accessibles à pied ou à vélo, des horaires coordonnés et une communication claire sur les alternatives à la voiture individuelle.
« Ce festival sera aussi un test grandeur nature pour nos pratiques : si on veut parler de sobriété et continuer à monter des événements rassembleurs, il faut trouver des modèles compatibles », analyse un technicien de l’Eurométropole. Des bilans carbone simplifiés et des enquêtes auprès des participants sont envisagés pour mesurer l’impact réel et ajuster les prochaines éditions.
Un impact attendu sur la vie locale
Au-delà de l’événement lui-même, les acteurs locaux interrogés insistent sur l’importance de l’« après-festival ». L’enjeu est de transformer les rencontres et l’enthousiasme en engagements durables : adhésion à une association, participation à un projet de jardin partagé, changement d’habitudes de consommation, engagement bénévole ou citoyen.
Les commerçants et artisans, notamment ceux déjà engagés dans des démarches de circuits courts, de réparation ou d’économie circulaire, pourraient également bénéficier de cette mise en lumière. « Si le festival peut faire venir de nouveaux publics dans nos boutiques et ateliers en montrant que l’écologie, ce n’est pas que des contraintes mais aussi des savoir-faire locaux, c’est gagnant pour tout le monde », explique une artisane du centre-ville.
Pour les habitants, ce rendez-vous d’octobre s’annonce comme une occasion de découvrir leur ville autrement, de rencontrer des voisins engagés, et de tester de nouvelles pratiques sans injonction culpabilisante. Alors que les enjeux de transition peuvent paraître abstraits ou anxiogènes, les organisateurs misent sur la culture, la convivialité et la participation pour les rendre concrets, accessibles et, surtout, partagés.
