Strasbourg reprend la main sur le stationnement en voirie dès décembre 2025
La Ville de Strasbourg annonce un tournant significatif dans sa politique de mobilité avec la création d’une société publique locale (SPL) dédiée à la gestion du stationnement en voirie. Ce changement, validé par le conseil municipal le 24 juin 2024, entraînera la fin du contrat avec l’opérateur privé Streeteo, marquant ainsi un retour à une gestion publique après sept ans de délégation de service. Pour plus d’informations sur les changements à venir, vous pouvez lire la gestion du stationnement à Strasbourg passe sous contrôle public en décembre 2025.
Une SPL pour plus de maîtrise locale
À partir de décembre 2025, la gestion du stationnement en voirie sera confiée à une SPL dont 95 % du capital appartient à la Ville et 5 % à l’Eurométropole. Ce modèle « *in house* » évite la nécessité de lancer des appels d’offres répétés et permet à la collectivité de garder le contrôle sur les orientations stratégiques. « *C’est une manière efficace de mener à bien un service public tout en gardant la main sur les mobilités* », souligne Syamak Agha Babaei, premier adjoint.
La nouvelle structure reprendra la gestion des 3 000 places de stationnement payant, des horodateurs et du marquage au sol, avec un budget initial de 900 000 €. Ses missions seront notamment le contrôle du stationnement, le traitement des recours et l’entretien des infrastructures. L’objectif est de rendre le système de stationnement plus transparent et plus accessible aux citoyens.
Fin du contrat avec Streeteo : un bilan contrasté
L’opérateur Streeteo, en place depuis 2018, a souvent fait l’objet de critiques en raison de sa gestion considérée comme punitive. « *C’était un parcours du combattant pour contester les amendes* », déclare Pierre Jakubowicz, conseiller municipal d’opposition. La Ville justifie cette réorientation par la volonté d’une plus grande réactivité, notamment pour ajuster les tarifs ou tester de nouveaux dispositifs. En effet, la flexibilité dans la gestion du stationnement sera un atout majeur pour répondre aux besoins des usagers.
Les recettes du stationnement, en hausse de 19 % en 2023, atteignant 10,5 millions d’euros, seront réinvesties dans des initiatives qualifiées de « *politiques innovantes* », selon Pierre Ozenne, adjoint chargé du stationnement. Aucune précision n’a cependant été fournie concernant ces futures mesures, laissant les citoyens dans l’attente d’annonces concrètes pour les prochaines années.
Quels impacts pour les Strasbourgeois ?
Un contrôle renforcé
La SPL mettra à disposition des voitures-radars pour assurer la vérification du paiement du stationnement, une méthode déjà en place qui pourrait être intensifiée. Les usagers continueront d’utiliser les mêmes applications mobiles PayByPhone, etc., et les horodateurs, signalant ainsi une continuité dans les services proposés. Cette approche technologique vise à rendre la gestion du stationnement à la fois plus efficace et transparente.
Nouveaux dispositifs résidentiels
Depuis septembre 2024, les titulaires d’un permis de stationnement résident ont accès à un **Pass Stationnement** qui leur offre 12 jours gratuits par an pour des véhicules invités. De plus, le forfait mensuel Resipark, dont le coût varie entre 60 et 90 €, inclut désormais une heure gratuite quotidiennement dans sa zone d’application, à l’exception des places violettes. Ces nouvelles mesures visent à alléger le coût du stationnement pour les résidents et à encourager une utilisation responsable des espaces publics.
Transparence et inquiétudes politiques
L’opposition se réjouit de la fin du contrat avec Streeteo mais exprime des interrogations concernant les risques potentiels de dérives. « *Avec une SPL, les mesures punitives pourraient être mises en œuvre sans débat préalable* », prévient Pierre Jakubowicz. En réponse, la municipalité assure qu’un compte rendu annuel sera présenté au conseil et que la gestion sera supervisée collectivement via le conseil d’administration de la SPL. Ce suivi est crucial pour maintenir la confiance entre les citoyens et les gestionnaires du stationnement.
La question de l’avenir de Parcus, gestionnaire historique des parkings souterrains de Strasbourg, demeure floue. Syamak Agha Babaei a indiqué qu’une mutualisation des directions avec la SPL est à l’étude. Il est essentiel que cette transition soit bien planifiée pour éviter toute confusion parmi les usagers.
Une réforme dans un contexte de révolution des mobilités
Ce changement s’inscrit dans le cadre de la « *révolution des mobilités* » initiée en 2023, qui vise à développer les transports en commun et les infrastructures cyclables. La Zone à Faibles Émissions (ZFE), repoussée à 2027 pour les véhicules Crit’Air 3, illustre les arbitrages nécessaires entre les enjeux écologiques et le pouvoir d’achat des habitants. Les deux objectifs doivent être conciliés pour assurer une transition juste et efficace. Pour en savoir plus, consultez Rencontres d’Ecologie du Paysage à Strasbourg du 9 au 11 avril 2025.
La SPL en charge de la gestion du stationnement devra naviguer entre ces impératifs tout en maintenant un équilibre délicat entre la fluidité urbaine et les revenus générés par le stationnement payant. C’est un défi d’autant plus important pour une ville où 45 % des ménages ne possèdent pas de voiture, mais où la pression automobile reste élevée en centre-ville. L’évolution des politiques de stationnement devra donc être scrutée de près pour garantir le bien-être des Strasbourg.
En synthèse : Strasbourg adopte un modèle hybride alliant gestion publique et réactivité opérationnelle. Si les élus promettent une plus grande flexibilité, les usagers attendent surtout une simplification des démarches et une politique tarifaire ajustée à la réalité locale. L’efficacité de cette réforme sera mesurée en fonction de son impact sur le quotidien des habitants et sur la qualité de l’espace public. Cette initiative représente une avancée pour la ville, mais la vigilance reste de mise pour en assurer la réussite.
