Lyon métamorphose sa gestion du stationnement avec une nouvelle société publique
La SPLM prendra le relais en décembre 2025 pour un service plus intégré aux nouvelles mobilités
À partir de décembre 2025, la Société Publique Lyonnaise des Mobilités (SPLM) sera l’unique gestionnaire du stationnement et des parkings à Lyon. Cette transformation vise à permettre une gestion entièrement publique, succédant ainsi à l’ancienne Entreprise publique locale LPA, qui comptait des actionnaires privés. Pour une compréhension plus large, vous pouvez consulter l’article sur la gestion du stationnement à Strasbourg.
Ce changement s’inscrit dans une volonté de la Métropole de reprendre le contrôle des politiques de mobilité face à l’essor de l’autopartage et des restrictions apportées par la Zone à Faibles Émissions (ZFE). Jean-Charles Kohlhaas, vice-président EELV en charge des transports, a expliqué que cette décision a été motivée par la nécessité d’une « gestion directe » des infrastructures, évitant ainsi des appels d’offres jugés contraignants. Bruno Bernard, président de la Métropole, a résumé la situation : « Notre analyse est que nous allions perdre la gestion des parkings avec l’ancien modèle ».
Nouveaux tarifs et équité sociale au cœur des priorités
Une réforme tarifaire, qui prendra effet dès mai 2024, préfigurera cette transition. Un tarif préférentiel intitulé « Pro artisan-commerçant » sera mis en place, accompagné d’une modulation des coûts selon des critères sociaux et familiaux. Ces mesures ont pour objectif de concilier l’accès au stationnement pour les professionnels tout en diminuant l’empreinte automobile dans le centre-ville.
La Ville de Lyon met en avant le caractère « progressif » de cette tarification, affirmant qu’elle vise à « prendre en compte les situations de précarité ». Pour appuyer cette initiative, les résidents bénéficieront de plafonnements annuels sur leurs tarifs, tandis que les visiteurs verront leurs frais modulés en fonction de la durée de stationnement et de la zone choisie.
Dans le cadre de cette réforme, il est essentiel de sensibiliser les usagers sur les changements à venir. Des brochures et des campagnes d’information seront mises en place pour informer les citoyens et ainsi faciliter leur adaptation à ces nouvelles règles. L’équité sociale est un enjeu majeur pour la municipalité, qui entend s’assurer que personne ne soit laissé pour compte durant cette phase de transition.
La ZTL de la Presqu’île, laboratoire des nouvelles mobilités
En juin 2025, l’instauration d’une Zone à Trafic Limité (ZTL) sur la Presqu’île marquera une étape cruciale dans cette transformation. Dans ce secteur, seuls les véhicules autorisés, incluant les livraisons, les riverains et les professionnels, seront autorisés à circuler entre 8h et 20h. La SPLM jouera un rôle essentiel dans l’accompagnement des usagers à travers son agence mobilité, qui aura pour mission d’aider à la transition vers des modes de déplacement alternatifs.
« L’enjeu est de garantir l’accessibilité économique tout en réduisant la pollution », a précisé un responsable du SYTRAL. Dans ce cadre, des bornes d’autopartage, comme celles de Citiz et Yea!, gérées par la SPLM, seront renforcées dans le périmètre, complétant ainsi l’offre de vélos en libre-service disponible pour les usagers. Pour découvrir comment ces changements s’appliquent ailleurs, lisez notre article sur la transformation de la gestion du stationnement à Strasbourg.
De plus, des initiatives telles que l’installation de zones de livraison et de stationnement spécifiques sont envisagées, afin de réduire les nuisances causées par le trafic tout en préservant la vitalité économique du secteur. L’expérience de villes similaires ayant mis en place des ZTL sera également étudiée pour anticiper les problèmes potentiels et maximiser les avantages.
L’autopartage, fer de lance d’un modèle intégré
La SPLM hérite également d’un large portefeuille de 15 000 places de stationnement payantes et de parkings souterrains à gérer. Toutefois, ses ambitions vont au-delà de la logistique de stationnement. Elle a pour objectif de structurer l’offre d’autopartage en free-floating, un domaine jusqu’ici éclaté entre divers opérateurs privés et associatifs.
« Le free-floating représente l’avenir de la mobilité courte distance en milieu urbain dense », a déclaré Jean-Charles Kohlhaas. La collectivité table sur une flotte mutualisée de véhicules électriques et hybrides, accessible à travers une application unique, afin de simplifier l’expérience utilisateur.
Ce modèle intégré promet de transformer l’expérience de déplacement en rendant l’utilisation de ces véhicules plus directe et accessible, tout en répondant aux enjeux environnementaux contemporains. L’éducation des usagers sur les avantages de ces nouveaux moyens de transport sera également un point essentiel de la stratégie.
Défis techniques et attentes des professionnels
Les artisans et commerçants de la région expriment des inquiétudes quant à une complexification potentielle de leurs activités. Un représentant de la CCI Lyon Métropole a mis en avant que « le stationnement est vital pour notre clientèle. Les nouvelles règles doivent rester lisibles ». En réponse, la Métropole s’engage à mettre à disposition des « cartes pros » à tarif réduit ainsi que des créneaux spécifiques dédiés aux livraisons le matin.
Du point de vue technique, la SPLM devra moderniser ses systèmes de paiement en intégrant des capteurs connectés et en résorbant les disparités qui existent entre les arrondissements. Un budget conséquent, de plusieurs millions d’euros, a été prévu pour ajuster l’infrastructure en conformité avec les normes ZFE d’ici 2026.
Ces défis techniques, bien que complexes, sont essentiels pour assurer une expérience utilisateur fluide et efficace. La collaboration avec les entreprises technologiques locales pour développer des solutions adaptées à ces besoins constitue une voie prometteuse pour la métropole.
Une gouvernance élargie pour une vision globale
À terme, la SPLM intégrera également la gestion de la relation avec les usagers des Transports en Commun Lyonnais (TCL) ainsi que le pilotage des aides à la mobilité, telles que la prime vélo ou les subventions pour les taxis collectifs. Cette centralisation vise à croiser les données relatives au stationnement avec celles des transports en commun, dans le but d’optimiser l’offre globale de mobilité dans la métropole.
« L’idée est de passer d’une logique de silos à une approche systémique », a précisé un cadre de la Métropole. Les élus écologistes perçoivent cette centralisation comme un levier pour atteindre leur objectif de réduction de 20 % du trafic automobile intra-muros d’ici 2030.
Dans ce contexte, l’implication des citoyens dans le processus de décision sera essentielle. Des consultations publiques et des forums seront organisés pour recueillir les avis et les préoccupations des usagers, garantissant ainsi que les politiques mises en œuvre reflètent les besoins réels de la communauté.
Calendrier et prochaines étapes
La transition vers la SPLM s’effectuera par phases à partir de décembre 2025, après une période de cohabitation avec l’ancienne LPA. Une campagne de communication est programmée pour le mois de septembre 2025, afin d’expliquer les nouvelles modalités aux 1,4 million d’habitants de la métropole.
Les premiers effets concrets de cette transformation devraient se manifester en 2026, période durant laquelle l’harmonisation des tarifs sur l’ensemble du territoire sera mise en œuvre, ainsi que le déploiement intensif de bornes de recharge pour véhicules électriques. À ce stade, il reste à convaincre que cette révolution discrète du stationnement sera bénéfique tant pour les citadins que pour les commerces de proximité.
En conclusion, la réussite de cette transformation dépendra de l’engagement de tous les acteurs impliqués, du respect des nouveaux règlements et de l’adaptabilité face aux retours des utilisateurs. Cela marquera un tournant décisif vers une mobilité durable à Lyon.
