Colloque franco-allemand sur l’art dans les camps de concentration se tient à Strasbourg du 26 au 28 septembre 2025

Un colloque franco-allemand explore l’art comme résistance dans les camps de concentration

Du 26 au 28 septembre 2025, Strasbourg et Natzwiller accueilleront un colloque franco-allemand d’envergure consacré à « L’art dans le complexe concentrationnaire de Natzweiler ». Cet événement académique et mémoriel rassemblera historiens, artistes et spécialistes autour d’une question essentielle : comment créer de la beauté dans un lieu conçu pour l’avilissement de l’être humain ?

Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large de transformation culturelle à Strasbourg, où l’art joue un rôle central. Pour explorer ce thème, découvrez comment les projets d’art public transforment le paysage urbain de Strasbourg en 2025.

L’art comme acte de survie et de témoignage

Le colloque se déroulera en deux lieux symboliques : le Cercle mixte militaire de Strasbourg, place Broglie, les 26 et 27 septembre, puis le Mémorial du camp de concentration de Natzweiler-Struthof le 28 septembre. Cette alternance entre la ville et le site historique permettra aux participants de combiner réflexion académique et immersion mémorielle.

Une initiative institutionnelle significative

L’organisation de ce colloque reflète un engagement institutionnel significatif en faveur de la transmission de la mémoire concentrationnaire. Le Mémorial de l’ancien camp de concentration de Natzweiler-Struthof, l’ONaCVG (Office national des anciens combattants et victimes de guerre), le VGKN (Verbund der Gedenkstätten im ehemaligen KZ-Komplex Natzweiler) et le ministère des Armées unissent leurs forces pour cette manifestation.

Cette collaboration franco-allemande souligne l’importance de la coopération transfrontalière dans la préservation de la mémoire historique. Les communications des vendredi et samedi seront traduites en français et en allemand, facilitant l’accès aux chercheurs et aux citoyens des deux pays.

Les questions centrales du colloque

Au cœur de ce colloque se trouvent des interrogations profondes sur le rôle de l’art en contexte concentrationnaire. Comment les détenus ont-ils pu produire des œuvres d’art sous toutes les formes possibles — peinture, dessin, musique — dans un système bâti sur la violence et l’horreur ?

Les organisateurs cherchent à comprendre comment l’art permettait de survivre, de témoigner et de raconter l’indicible. Les détenus artistes, par leurs créations, ont cherché à résister, à témoigner de leurs souffrances et de celles de leurs camarades, à se souvenir des disparus et à contrecarrer les bourreaux en montrant qu’en créant, on demeure un être humain.

Un focus sur le mémorial de Natzweiler-Struthof

Le choix de concentrer le colloque sur le complexe concentrationnaire de Natzweiler n’est pas anodin. Ce camp, situé en Alsace, représente un site majeur de la mémoire concentrationnaire en France. Le colloque s’intéressera aux différentes formes d’art réalisées dans le camp et ses annexes, en suivant les parcours de détenus artistes avant, pendant et après leur déportation.

Les participants analyseront les buts que ces artistes s’étaient fixés en réalisant leurs œuvres et se poseront la question de la place de l’art aujourd’hui comme outil de transmission de l’expérience concentrationnaire. Cette approche historique et mémorielle combine recherche académique et responsabilité éducative.

Un programme structuré et ambitieux

Le programme du colloque se déroulera sur trois jours avec une organisation minutieuse. Le vendredi 26 septembre, l’accueil du public débutera à 16h30, suivi des mots d’accueil de Michaël Landolt, directeur du CERD (Centre européen du résistant déporté), et de Marco Breinnesen, historien contemporain et président du VGKN.

Le samedi 27 septembre, les sessions se poursuivront avec des séances thématiques, notamment une séance consacrée à l’art graphique au KL Natzweiler. Un départ collectif vers le mémorial sera organisé à 13h30, permettant aux participants de visiter le site historique en fin de matinée.

L’importance de la transmission mémorielle

Ce colloque s’inscrit dans une démarche plus large de transmission de la mémoire concentrationnaire aux générations futures. En mettant l’accent sur l’art comme vecteur de résistance et de témoignage, les organisateurs soulèvent une question essentielle : comment l’art peut-il servir d’outil pédagogique pour comprendre et transmettre l’expérience des déportés ?

La distinction entre artisanat concentrationnaire et art véritable sera également au cœur des débats. Cette nuance permettra de mieux comprendre comment certains détenus ont utilisé leurs talents artistiques non seulement pour survivre matériellement, mais aussi pour préserver leur humanité et celle de leurs compagnons de captivité.

Une perspective franco-allemande enrichissante

La dimension franco-allemande du colloque revêt une importance particulière pour la région alsacienne. Strasbourg, capitale de l’Europe et symbole de réconciliation franco-allemande, accueillera des historiens et des spécialistes des deux pays pour explorer ensemble un chapitre sombre de l’histoire commune.

Cette collaboration renforcera les liens mémoriels entre la France et l’Allemagne, reconnaissant que la compréhension de cette période historique dépasse les frontières nationales. Elle contribuera à une mémoire partagée et à une réflexion commune sur les responsabilités historiques.

Un événement essentiel pour les alsaciens

Pour les habitants de Strasbourg et de la région alsacienne, ce colloque représentera une opportunité unique d’accéder à des recherches de pointe sur un sujet directement lié à leur histoire locale. Le camp de Natzweiler-Struthof, situé à proximité, demeure un lieu de mémoire majeur pour la région.

La tenue de cet événement en Alsace souligne l’engagement des institutions locales et nationales à préserver et à transmettre la mémoire de la Shoah et des crimes contre l’humanité. Elle offre aux citoyens alsaciens la possibilité de mieux comprendre les expériences des déportés et l’importance de la résistance culturelle face à la barbarie.