Grève générale à Strasbourg et en Alsace avec perturbations dans les transports et écoles le 9 octobre 2025

Grève générale à Strasbourg et en Alsace : le 9 octobre, une mobilisation massive pour défendre la Sécurité sociale

Le jeudi 9 octobre 2025, Strasbourg et l’Alsace étaient en effervescence en raison d’une grève générale organisée par la CGT pour célébrer les 80 ans de la Sécurité sociale. Cette mobilisation s’inscrivait dans un contexte de contestation des politiques d’austérité gouvernementales, notamment le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, jugé trop restrictif par les syndicats.

Un appel à la mobilisation nationale décliné localement

Cette journée de grève et de manifestations, marquée par des actions sur tout le territoire, avait pour but de rassembler les agents publics territoriaux ainsi que les salariés du secteur privé, notamment ceux des entreprises de l’eau et de l’assainissement. La Fédération CGT des services publics avait déposé un préavis de grève couvrant l’ensemble des personnels des secteurs social, médico-social, éducatif, et de la petite enfance.

Les différentes organisations ont mobilisé des ressources variées et des réseaux d’appui pour s’assurer que le message serait entendu. Les médias locaux et nationaux ont également relayé des informations pour informer un public plus large sur l’importance de cette mobilisation.

Les perturbations dans les écoles et les services périscolaires

Les conséquences de cette grève se sont immédiatement ressenties dans le secteur éducatif de Strasbourg. La Ville a annoncé la fermeture des cantines scolaires pour cette journée, les familles n’ayant pas eu à annuler les réservations, les repas n’étant pas facturés. Les enfants devaient être récupérés par un parent ou un représentant désigné au plus tard à midi, aucun accueil n’étant prévu entre 12 heures et 14 heures.

Les accueils périscolaires des écoles maternelles ont été limités, et aucun service minimum d’accueil (SMA) n’a pu être organisé ce jour-là. Ces mesures ont eu un impact direct sur les familles, qui se sont retrouvées face à ces difficultés logistiques inattendues. De nombreux parents ont dû réorganiser leur journée pour s’adapter à ces nouvelles conditions.

Un contexte de mobilisation continue

Le 9 octobre ne faisait pas figure d’événement isolé. En effet, le 10 septembre 2025, Strasbourg et d’autres communes du Bas-Rhin avaient déjà connu une journée de blocages organisée par le mouvement citoyen « Bloquons tout ». Ce premier rassemblement avait été soutenu par des syndicats tels que la CGT, la FSU et Solidaires, ainsi que par des associations étudiantes et paysannes.

Lors de cette première mobilisation, entre 5 000 et 10 000 manifestants avaient été recensés, avec un cortège important se formant place Kléber en fin d’après-midi. Des blocages avaient été réalisés dès 7 heures à Montagne Verte, et des actions surprises avaient eu lieu sur les ronds-points et axes routiers tout au long de la matinée. Cette journée avait donné le ton aux mobilisations à venir, illustrant un engagement croissant de la part des citoyens face à des problématiques pressantes. Pour plus d’informations sur ces manifestations, consultez les perturbations du réseau CTS.

Les revendications au cœur de la mobilisation du 9 octobre

La CGT avait clairement affirmé son intention de faire du 9 octobre une étape décisive pour défendre et reconquérir la Sécurité sociale. Le syndicat dénonçait les logiques comptables et les réformes régressives qui menaçaient de vider ce système de son essence. En alternative, la CGT proposait un projet ambitieux de « 100% Sécu », visant à étendre la Sécurité sociale à tous les aspects de la vie, y compris la santé, la retraite, la famille, l’emploi et l’autonomie.

Les mobilisations de septembre et octobre mettaient également en lumière un malaise social plus vaste, englobant les questions de salaires des agents publics et les conditions de travail dans les secteurs sociaux et médico-sociaux. La CGT invitait toute la population, des assurés sociaux aux salariés des organismes, en passant par les retraités, les jeunes et les privés d’emploi, à se mobiliser à travers le pays. Ce climat de révolte témoignait d’une volonté collective de faire évoluer les choses.

Mobilisation associative et soutien diversifié

La mobilisation ne se limitait pas aux syndicats. Un rassemblement supplémentaire était prévu le samedi 11 octobre, place de la République à Strasbourg, à partir de 15 heures, sous la bannière « Ça ne tient plus ». Cet événement visait à attirer l’attention sur le manque de moyens dont souffrait le tissu associatif alsacien.

Jérôme Bernard, directeur de la maison des associations de Strasbourg, a déploré un « siphonnage financier des associations » alors que les besoins dans le secteur ne cessaient d’augmenter. De son côté, Piero Calvisi, président du mouvement associatif alsacien, a souligné des difficultés financières croissantes, certaines structures disposant de fonds propres pour moins de trois mois, et une insuffisance des subventions face à l’inflation. Ce mouvement associatif a d’ores et déjà compté plus de 90 lieux de rassemblement en France, soutenu par diverses organisations telles que la Ligue de protection des oiseaux (LPO), Alsace Nature, et Sports pour tous Grand Est.

Impact sur les transports et la vie quotidienne

Bien que les détails spécifiques sur les perturbations des transports du 9 octobre n’aient pas été entièrement documentés, les mobilisations précédentes avaient laissé entrevoir l’ampleur de ces disruptions. Par exemple, la grève nationale à Strasbourg du 10 septembre avait entraîné une circulation ralentie, avec des trams espacés et des services de bus réduits. Des blocages avaient également eu lieu sur les axes routiers majeurs, notamment à Montagne Verte, où la police avait dû intervenir avec des gaz lacrymogènes.

Ce type de mobilisation et d’interruption des services publics n’est pas sans impact sur la vie quotidienne des Strasbourgeois. Les trajets habituels des travailleurs ont été altérés, créant des désagréments non négligeables. Cela soulève également des questions sur les futures actions à mener et sur leur efficacité pour faire entendre les préoccupations des citoyens.

Une mobilisation reflétant les tensions sociales

Les mobilisations successives de septembre et octobre 2025 témoignaient d’un malaise social notable en Alsace et dans toute la France. Elles matérialisaient une volonté collective de faire pression sur le gouvernement à travers une paralysie économique et une mobilisation citoyenne. Ainsi, syndicats, associations et collectifs de citoyens se retrouvaient unis autour d’un objectif commun : contester les politiques d’austérité et défendre les acquis sociaux.

La diversité des acteurs impliqués, tels que syndicats, étudiants, paysans, et entreprises privées, illustrait un mécontentement dépassant les seules problématiques syndicales traditionnelles. Des chefs de chantier avaient même initié des grèves sans blocus pour exprimer leur ras-le-bol face aux taxes et aux actions gouvernementales, soutenus par leurs patrons qui affirmaient que « les efforts sont toujours demandés à ceux qui travaillent ». Cela montre à quel point la mobilisation rassemblait une pluralité de voix en faveur d’un changement profond.

Perspectives pour l’avenir de la mobilisation

Le 9 octobre 2025 s’inscrivait dans une dynamique de mobilisation entamée en septembre qui promettait de se poursuivre. La CGT avait prévu des rassemblements à travers toute la France, avec un rendez-vous clé à 12 heures devant le ministère de la Santé à Paris. À Strasbourg et en Alsace, ces journées de mobilisation reflétaient les préoccupations des habitants face aux réformes gouvernementales, particulièrement en ce qui concerne la Sécurité sociale, l’emploi public et le financement des services essentiels. La détermination croissante des participants laissait présager des mobilisations futures encore plus significatives.