La Ville de Strasbourg crée une Société publique locale pour reprendre la gestion du stationnement dès décembre 2025

Strasbourg reprend la main sur le stationnement payant avec Parcus+ voirie

Depuis le 1er décembre 2025, la Ville de Strasbourg a confié la gestion du stationnement payant sur voirie à une nouvelle société publique locale, Parcus+ voirie. Cette reprise marque la fin du contrat avec l’entreprise privée Streeteo-Indigo, en place depuis 2017. Pour plus d’informations, vous pouvez visiter [Parcus+ voirie](https://parcus.strasbourg.eu).

La transition s’est effectuée en douceur, avec les équipes de Parcus+ voirie changeant les puces des horodateurs dès 4 heures du matin ce lundi-là. Les agents de contrôle et la voiture-radar ont été intégralement repris par la SPL, garantissant ainsi une continuité du service pour les Strasbourgeois. Pour des informations sur la gestion prévue, consultez Gestion du stationnement à Strasbourg en 2025.

Genèse d’une décision stratégique

La création de Parcus+ voirie remonte à juin 2024, lors d’un vote au conseil municipal de Strasbourg et à celui de l’Eurométropole de Strasbourg (EMS). L’objectif affiché était de *« mieux maîtriser la politique du stationnement »* et de *« optimiser les moyens dédiés »*, selon les élus. Cette initiative a été soutenue par une large majorité, reflétant une volonté commune de repenser la gestion urbaine.

Ce choix s’inscrit dans une volonté de recentraliser une activité générant environ 15 millions d’euros par an. Après huit ans de concession privée, la municipalité écologiste a saisi l’échéance du contrat pour passer en régie publique, pour une durée de 15 ans. Les élus espèrent que cette nouvelle approche conduira à un meilleur équilibre entre les besoins des usagers et les impératifs réglementaires.

Tous les salariés de Streeteo souhaitant poursuivre ont été embauchés par la nouvelle entité, rassurant ainsi les équipes sur le terrain, habituées aux rues strasbourgeoises, des quais de la Petite France aux artères du Neudorf. Cela permet de maintenir une continuité de service et de préserver l’expertise locale dans la gestion du stationnement.

Une réorganisation en trois piliers pour Parcus

Parcus, historiquement chargé des parkings publics de l’Eurométropole, se restructure en trois sociétés publiques locales complémentaires. Parcus+ développement, la société mixte créée en 1973, gère les parkings emblématiques comme ceux des Halles (P1 Marais vert, P2 Sébastopol, P3 Wilson), Étoile, Petite France, Bateliers, Esplanade et Saint-Nicolas. Cette gestion centralisée contribue à une meilleure planification et utilisation des espaces dédiés au stationnement.

Elle prévoit bientôt d’étendre son périmètre au stationnement sur voirie de Schiltigheim et Bischheim dès le 1er janvier 2026. Parcus+ mobilités, détenue à 95 % par l’EMS et 5 % par la Ville, pilote les parkings Gutenberg et Austerlitz depuis le 15 octobre 2025, et Opéra Broglie au 1er janvier 2026. Cette stratégie vise à harmoniser les services de stationnement et de mobilité dans l’agglomération.

Parcus+ voirie, détenue à 95 % par la Ville et 5 % par l’EMS, se concentre exclusivement sur le stationnement en voirie strasbourgeoise. Cette organisation unifiée vise une synergie accrue sous la marque ombrelle « Parcus+ mobilités engagées », qui souligne l’engagement envers une mobilité durable et partagée.

Ce qui change pour les usagers au quotidien

Les Strasbourgeois retrouveront un guichet physique au niveau 0 du centre administratif, place de l’Étoile. Ils pourront y régler forfaits professionnels, recueillir des informations ou effectuer des paiements, un service concret au cœur de la ville, rendant le processus plus accessible. Ce guichet se veut un point de contact privilégié pour les usagers, facilitant la communication entre les autorités et les citoyens.

Les personnes en situation de handicap peuvent y enregistrer leur carte mobilité inclusion-stationnement, facilitant l’accès aux places dédiées. Les applications mobiles Easypark et Indigo Neo resteront utilisables, avec une nouvelle app Parcus+ prévue pour 2026. Ces outils numériques sont essentiels pour une gestion moderne et efficace du stationnement.

Sur le terrain, les zones de stationnement – vertes, bleues, rouges – conservent leurs tarifs et règles. Cependant, la Ville promet une meilleure fluidité, sans hausse immédiate des prix, malgré les tensions récentes sur les extensions payantes. Les usagers devraient bientôt voir des améliorations dans l’utilisation des espaces de stationnement, rendant leur expérience plus agréable.

Contexte : une politique sous tension dans la capitale alsacienne

Strasbourg connaît un durcissement progressif du stationnement depuis plusieurs années. En 2023, les recettes ont bondi de 19 %, dopées par l’extension des zones rouges onéreuses et la raréfaction des places vertes bon marché. Cette situation a suscité des préoccupations parmi les résidents, qui se sentent parfois pénalisés par des mesures jugées trop restrictives.

Des quartiers comme le Neudorf ou l’Orangerie, récemment mis en zone payante, cristallisent les mécontentements. Les habitants y voient une mesure pénalisante, accusée d’inégalités sociales dans une ville déjà dense. Les discussions continuent autour de l’équité dans la distribution des espaces de stationnement.

Un rapport récent de l’Adeus (Agence de développement et d’urbanisme de Strasbourg) dresse un bilan mitigé du plan de circulation. Il pointe un *« bilan accablant »* sur l’accessibilité, malgré les objectifs écologiques de réduire les voitures individuelles et de favoriser les courts stationnements et les parkings-relais. La municipalité doit désormais trouver un équilibre entre la nécessité d’un stationnement régulé et le désir d’une ville accessible à tous.

Perspectives des acteurs locaux

Pour la municipalité, cette reprise publique renforce le contrôle sur une compétence stratégique. « Nous optimisons désormais nos propres moyens pour une mobilité plus durable », pourrait-on résumer des déclarations officielles, alignées sur la transition écologique de Strasbourg. Cette initiative pourrait également servir de modèle pour d’autres villes confrontées à des défis similaires en matière de stationnement.

Les automobilistes, eux, oscillent entre scepticisme et espoir. « Enfin un service plus humain, sans les lourdeurs privées », espère un habitant du centre-ville, tandis qu’un riverain du Neudorf tempère : « Les tarifs grimpent, et les places se font rares ; la SPL changera-t-elle vraiment la donne ? » Les expériences passées pèsent dans la balance des attentes des usagers, qui espèrent des solutions concrètes aux problématiques rencontrées.

L’observatoire du stationnement, en cours de mise en place, devrait fournir des données précises pour ajuster la politique. Parcus+ voirie gère également la gare routière place de l’Étoile pendant le marché de Noël, ce qui servira de test grandeur nature pour cette nouvelle gouvernance. Ces expériences seront cruciales pour évaluer l’efficacité des nouvelles mesures mises en œuvre.

Implications pour les habitants et la vie strasbourgeoise

À Strasbourg, capitale européenne nichée au cœur de l’Alsace, le stationnement pèse sur le quotidien de 280 000 habitants. Avec ses tramways, pistes cyclables et zones piétonnes, la ville promeut les alternatives à la voiture, mais la voirie demeure un goulet d’étranglement. Les initiatives en cours viseront à améliorer cette situation et à favoriser des modes de transport plus durables.

Pour les familles du Neudorf ou les actifs de l’Orangerie, la SPL promet une gestion plus adaptée aux besoins locaux. Moins de verbalisations systématiques et davantage de dialogue via le guichet place de l’Étoile, voilà les attentes des usagers. Le succès de cette initiative dépendra de l’adhésion des habitants et de leur capacité à se faire entendre.

À l’approche des échéances politiques, ce dossier sensible alimente les débats. La reprise par Parcus+ voirie n’est pas qu’un changement administratif ; c’est un pari sur une mobilité apaisée, au service d’une ville plus vivable. La façon dont ces nouvelles structures réagiront aux attentes des citoyens sera déterminante pour l’avenir du stationnement à Strasbourg.

Vers une mobilité unifiée et durable ?

L’écosystème Parcus+ illustre une ambition cohérente : lier stationnement en voirie, parkings et mobilités alternatives. Les abonnés des parkings repris ont dû signer de nouveaux contrats, un signe d’une transition rigoureuse. Cette harmonisation des services pourrait bien devenir un modèle de gestion urbaine durable.

Malgré les critiques, les recettes stables de 15 millions d’euros annuels financeront des initiatives comme des vélos en libre-service, des bus et des parkings-relais. Pour les Strasbourgeois, l’enjeu reste concret : retrouver des places accessibles sans sacrifier l’attractivité de leur ville. Par ces efforts, Strasbourg espère également se positionner comme un exemple en matière de mobilité durable.

Cette mue de Parcus+ voirie, effective depuis quelques semaines, pose les bases d’une gestion publique exemplaire. Reste à voir si elle réussira à apaiser les frictions urbaines dans cette perle rhénane, alors que les attentes et les défis continuent d’évoluer.