Manifestation « Bloquons tout » : Strasbourg se mobilise place Kléber
Strasbourg s’est réveillée en ébullition le 10 septembre 2025 avec la manifestation « Bloquons tout », un mouvement citoyen réclamant des changements radicaux. Près de 10 000 personnes se sont rassemblées place Kléber à 14 heures, selon les organisateurs CGT, transformant le cœur de la ville en un espace de contestation vive.
Contexte national et local d’une mobilisation explosive
Le slogan « Bloquons tout » résonne dans toute la France depuis des semaines, porté par des collectifs citoyens et syndicaux mécontents de la politique gouvernementale. À Strasbourg, capitale alsacienne et plaque tournante européenne, cette journée a pris une dimension particulière en raison de sa position stratégique sur les axes routiers majeurs.
Les collectifs citoyens, rejoints par la CGT, l’Unsa, la CFDT, FO et d’autres, ont appelé à des actions concrètes pour paralyser symboliquement l’économie locale. Place Kléber, haut lieu des rassemblements strasbourgeois entouré de ses cafés emblématiques et de la silhouette de la cathédrale au loin, l’ambiance était électrique dès le matin. Pour plus de détails sur cette mobilisation, découvrez l’article sur Strasbourg mobilisé contre la réforme des retraites.
Blocages matinaux : la M35 paralysée par 150 militants
Dès 7 heures, environ 150 manifestants vêtus de noir ont investi l’autoroute M35, bloquant la circulation pendant une trentaine de minutes. Ce geste audacieux, né d’un appel lancé lors du pot de départ du Premier ministre François Bayrou et amplifié sur les réseaux sociaux, a surpris automobilistes et camionneurs strasbourgeois.
La police est intervenue rapidement avec des gaz lacrymogènes pour déloger le groupe. Six interpellations ont suivi sur les Ponts-Couverts à la Petite France, pour refus de contrôle, rébellion et entrave à la circulation, illustrant les tensions dès les premières heures.
Une septième interpellation a eu lieu près du lycée Fustel-de-Coulanges, où un autre blocage a été tenté. Ces actions ont perturbé les trajets quotidiens des habitants de l’Eurométropole, forçant des détours et rallongeant les temps de commute vers les zones industrielles de Reichstett ou Illkirch.
Grande marche de l’après-midi : 10 000 voix unies place Kléber
L’événement principal a culminé à 14 heures place Kléber, avec un rassemblement massif estimé à plus de 10 000 personnes par la CGT et les journalistes sur place. La préfecture du Bas-Rhin a compté 4 900 participants, une divergence classique dans ces comptages officiels.
Jeanne Barseghian, maire écologiste de Strasbourg, a rejoint les manifestants pour exprimer sa solidarité. « Nous sommes là pour défendre nos droits et notre avenir commun », a-t-elle déclaré, saluée par des applaudissements nourris.
Le cortège, parti calmement, a serpenté dans les rues piétonnes du centre-ville, passant par la place de la République. Des prises de parole successives ont scandé des slogans comme « Libérez nos camarades », en écho aux interpellations matinales.
Tensions place de la République et sit-in prolongé
Sur la place de la République, un sit-in a bloqué trams et voitures pendant une heure et demie, impliquant plus d’un millier de personnes. Les forces de l’ordre ont utilisé une grande quantité de gaz lacrymogène pour disperser la foule tentant d’accéder au commissariat central.
Les organisateurs ont appelé à la dispersion pacifique, mais un cortège spontané s’est dirigé vers la route de l’hôpital. Laurent Feisthauer, secrétaire général de la CGT Bas-Rhin, a estimé la mobilisation à plus de 10 000 personnes : « C’est un signal fort envoyé par les Strasbourgeois. »
Thibault Vetter, journaliste présent, a compté près de 10 500 participants, soulignant l’ampleur inédite pour une journée de ce type dans la ville.
Perspectives des collectifs citoyens et syndicats locaux
Les collectifs citoyens strasbourgeois, souvent jeunes et connectés via les réseaux sociaux, ont joué un rôle clé dans l’organisation. Maxime Kieffer, secrétaire général du syndicat CGT cheminots de Strasbourg, a détaillé en marge d’une assemblée : « Nous bloquons pour que le gouvernement entende nos revendications sur le pouvoir d’achat et les retraites. »
Pour les résidents du quartier Kléber, habitués aux manifestations mais surpris par l’ampleur, ces actions ont ravivé des souvenirs des Gilets jaunes. Un commerçant de la rue des Grandes Arcades confie : « Ça perturbe nos affaires, mais on comprend la colère face à la vie chère. »
La maire Barseghian, élue sur un programme vert et social, incarne un soutien municipal qui pourrait influencer les relations avec la préfecture. Les drones de surveillance déployés par les autorités témoignent d’une vigilance accrue sur l’Eurométropole.
Impacts sur la vie quotidienne des Strasbourgeois
Les blocages ont eu des répercussions immédiates sur la mobilité urbaine. La M35, artère vitale reliant Strasbourg à l’Allemagne et aux Vosges, a vu des embouteillages monstres, affectant travailleurs transfrontaliers et livraisons essentielles.
Dans la Petite France, quartier touristique prisé, les Ponts-Couverts fermés ont découragé les visiteurs, impactant hôtels et restaurants. Les usagers des trams B et C, lignes phares du réseau Solea, ont subi des interruptions prolongées.
Malgré ces désagréments, beaucoup de Strasbourgeois soutiennent le mouvement. Une habitante de Neudorf explique : « Avec l’inflation, on se sent concernés. Place Kléber, c’était impressionnant de voir autant de monde uni. »
Rendez-vous futurs et suites attendues pour les actions citoyennes
En fin de manifestation, plusieurs appels à l’action ont été lancés. Un rendez-vous était fixé le jeudi 11 septembre à 8 heures place de la Gare, suivi d’une assemblée générale à 18 heures au parc de la Citadelle. Pour plus d’informations sur les perturbations, lisez l’article sur la grève nationale à Strasbourg.
Les syndicats préparent une journée de grèves plus large avec Unsa, CFDT, FO, CGC, CFTC, Solidaires et FSU. Ces suites pourraient amplifier les perturbations dans les gares et usines alsaciennes.
Pour les autorités locales, la journée du 10 septembre marque un test pour la gestion des tensions sociales. La préfecture, via ses sept interpellations, maintient une ligne ferme tout en évitant l’escalade.
Réactions des acteurs locaux et enjeux pour l’avenir de Strasbourg
Les forces de l’ordre ont été saluées pour leur professionnalisme par certains observateurs, malgré l’usage de gaz. Le MRAP Strasbourg, dans un compte rendu, note 10 000 manifestants place Kléber, appelant à une mobilisation inclusive.
Les implications pour les résidents sont doubles : d’un côté, une expression démocratique forte ; de l’autre, des risques de divisions communautaires. Dans une ville cosmopolite comme Strasbourg, ces mouvements rappellent l’importance du dialogue.
Alors que l’automne approche, les collectifs citoyens promettent de poursuivre. Place Kléber, symbole de résistance strasbourgeoise, cette journée du 10 septembre 2025 entre dans l’histoire locale comme un tournant citoyen.
