Préparatifs et tensions à Strasbourg pour prolonger « Bloquons tout » après le 10 septembre
À Strasbourg, les organisateurs du mouvement « Bloquons tout » s’engagent activement à maintenir la pression au-delà du 10 septembre. Malgré la démission du gouvernement le 9 septembre, les mobilisations persistent contre le projet de budget 2026. Des assemblées générales et actions locales sont déjà programmées dès le 11 septembre, laissant la ville, marquée par les blocages du 10, dans l’attente de ces développements.
Le 10 septembre, la ville a connu des perturbations notables dès 7 heures du matin. Un groupe a temporairement bloqué la M35 et l’arrêt de tram Montagne-Verte, tandis qu’un millier de manifestants se sont réunis place de la République, chantant « Libérez nos camarades » en réaction à des interpellations. Ces actions, considérées comme des « coups de poing », ont eu lieu pendant environ une heure et demie, affectant le service des trams et la circulation en centre-ville.
La manifestation principale a rassemblé des centaines de participants qui ont quitté la place Kléber à 14 heures. En raison de la session du Parlement européen, les forces de l’ordre, augmentées par 150 policiers, ont déployé des drones de surveillance dès 13 heures, un arrêté préfectoral contesté au tribunal des référés. Les résidents du Neudorf et de la Krutenau ont rencontré des difficultés dans leurs trajets quotidiens vers le travail ou l’école. Les conséquences de ces manifestations ont mis en lumière des préoccupations sur la sécurité et la liberté d’expression au sein de la communauté.
Pour plus d’informations, découvrez les mobilisations prévues à Strasbourg.
Prochaines étapes pour prolonger le mouvement localement
À la suite de la manifestation du 10, les porte-parole ont clairement appelé à poursuivre le mouvement. Une assemblée générale est programmée le jeudi 11 septembre à 18 heures au parc de la Citadelle, un lieu emblématique pour les militants strasbourgeois. Un autre rendez-vous est fixé le même jour à 8 heures place de la gare pour coordonner de nouvelles actions.
« On a déclaré une manifestation pour que les gens puissent avoir un gros rendez-vous dans l’après-midi. C’est un succès. Et ce n’est pas la nomination de Sébastien Lecornu qui va calmer la colère », a déclaré un organisateur sur place. Ces annonces visent à « construire un mouvement de grève pour imposer la question sociale et la justice fiscale », et ils ont exprimé leur détermination à faire tomber le gouvernement si leurs revendications étaient ignorées. Cela préoccupe particulièrement les commerçants de la place Kléber, habitués aux manifestations mais inquiets des suites prolongées. Les discussions se poursuivent parmi les participants pour élaborer des stratégies qui pourraient mobiliser encore plus de personnes durant cette période décisive.
Soutien syndical et divisions au sein de la région Alsace
Trois syndicats majeurs – CGT, FSU et Solidaires – soutiennent officiellement « Bloquons tout » dans le Bas-Rhin, appelant à la grève et à rejoindre la manifestation du 10. Alternative étudiante Strasbourg se joint également à ce mouvement, en accentuant les coupes dans les services publics et le gel des retraites. Parallèlement, un rassemblement débat est prévu à Colmar le 11 septembre au kiosque du Champ de Mars pour planifier des actions collectives.
Cependant, Pascal Vaudin, un responsable syndical, exprime des réserves : « Elle exprime des colères et des inquiétudes profondes que nous respectons mais on ne se joindra pas à ce mouvement de contestation, car le blocage et la désobéissance civile ne sont pas nos méthodes ». Cette division syndicale met en lumière les tensions locales : à Mulhouse, un effectif policier maximal est déployé, tandis qu’à Sélestat ou Saverne, les attentes restent plus mesurées. Cette disparité dans les réactions syndicales reflète les différentes perceptions des enjeux régionaux et des méthodes de mobilisation.
Tensions sécuritaires et réponse des autorités à Strasbourg
La préfecture du Bas-Rhin surveille avec vigilance les potentiels débordements. Des sources policières portent une attention particulière aux blocages potentiels d’écoles, de zones commerciales comme le Kaligone à Kingersheim, ainsi qu’aux routes et dépôts de transports. À Strasbourg, 80 000 policiers et gendarmes sont mobilisés sur le plan national, et localement, des unités mobiles surveillent les rocades et les gares.
La maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian (Les Écologistes), s’est rendue place Kléber le 10 septembre et a déclaré : « Je comprends la colère qui s’exprime ». Elle a exprimé sa solidarité tout en appelant au calme pour éviter les débordements. Les riverains de la route de l’hôpital, qui ont été témoins d’un cortège après la manifestation, craignent des perturbations récurrentes qui risquent d’affecter leurs accès aux urgences. Le dialogue entre les autorités et les manifestants pourrait jouer un rôle essentiel dans la gestion de ces tensions.
Actions périphériques et impact routier en Alsace
Dans les environs de Strasbourg, des initiatives locales soutiennent le mouvement. À Schweighouse, un rassemblement est organisé de 7 à 9 heures au rond-point du McDonald’s, tandis qu’à Châtenois, le collectif du Val d’Argent occupe le rond-point du contournement. Ces « échauffements » visent les axes routiers alsaciens, avec un calendrier incluant des opérations de « péage gratuit » ou des blocages de caisses dans des hypermarchés.
Pour les automobilistes strasbourgeois, ces actions prolongées pourraient saturer la M35 ou la rocade, déjà affectées le 10. Les transports en commun, tels que les trams B et C, risquent également de subir de nouveaux arrêts, impactant les habitants des faubourgs comme Hautepierre ou Robertsau. Les autorités locales doivent donc anticiper l’impact de ces actions sur le trafic et la mobilité des citoyens.
Implications pour les Strasbourgeois et futurs développements
Les préparatifs pour après le 10 septembre témoignent d’un mouvement ayant des racines locales, différent des Gilets jaunes par son profil essentiellement de gauche. À Haguenau, des actions sont également prévues dès 7 heures le 10, tandis que des manifestations à Mulhouse ou Colmar pourraient faire écho. Les organisateurs soulignent leur volonté de maintenir la pression sur le gouvernement, quel qu’il soit.
Commerçants et parents d’élèves expriment leur frustration face à l’incertitude persistante. Une famille du quartier Montagne-Verte a confié : « On soutient les revendications sociales, mais pas au prix de nos trajets bloqués tous les jours ». La poursuite de l’action dépendra de l’assemblée du 11 septembre, où étudiants, syndicalistes, et habitants discuteront d’un « tempo social » qui pourrait s’étendre dans le temps. Cet engagement collectif pourrait renforcer le mouvement et rassembler des voix diversifiées au sein de la communauté strasbourgeoise.
Réactions communautaires et enjeux locaux en cours
Dans les quartiers populaires comme la Meinau ou Cronenbourg, la colère contre la suppression de deux jours fériés et le manque de remplacements de postes publics se fait particulièrement ressentir. Des collectifs locaux projettent de cibler les dépôts pétroliers ou les gares, perturbant ainsi l’économie alsacienne. La session du Parlement européen complique la gestion sur le terrain, avec des délégués européens présents pour observer les tensions.
Jeanne Barseghian appelle à un dialogue, déclarant : « La mobilisation exprime des frustrations légitimes, mais Strasbourg doit rester vivable pour tous ». Les tensions s’intensifient, entre soutien à la justice fiscale et crainte d’escalade, alors que le parc de la Citadelle se prépare à accueillir des décisions clés le 11 septembre. Pour plus de détails, consultez les manifestations contre la réforme des retraites. Les Strasbourgeois attendent de voir si « Bloquons tout » se transformera en un mouvement enraciné ou s’il s’essoufflera face à la réponse sécuritaire. Ce moment historique pour Strasbourg pourrait définir l’avenir du mouvement social en France.
