Qualité de l’air à Strasbourg : alerte ozone pour les 18 et 19 août 2025
Strasbourg et son agglomération se préparent à faire face à une nouvelle vague de pollution à l’ozone. Un pic de pollution est prévu pour les 18 et 19 août 2025, avec des indices de qualité de l’air classés « mauvais » sur plusieurs stations urbaines de la région.
Les conditions météorologiques de cette période, caractérisées par un ensoleillement intense et des températures élevées, favorisent l’accumulation d’ozone à la surface. L’organisme régional de surveillance, ATMO Grand Est, anticipe des dépassements des seuils d’information et de recommandation. Pour en savoir plus sur la pollution à l’ozone, consultez notre article sur qualité de l’air à Strasbourg.
Le phénomène ozone en détail
Origine et mécanismes de la pollution
L’ozone se forme par réaction chimique entre les oxydes d’azote émis par les véhicules et les industries, sous l’effet du soleil. À Strasbourg, la circulation dense, notamment sur le boulevard de la Marne et autour de l’autoroute A35, amplifie ce processus.
Ce pic s’inscrit dans une série d’épisodes estivaux observés en Alsace. En 2025, la région a déjà enregistré onze heures de dépassements de l’ozone durant l’été, un chiffre supérieur à celui des années précédentes.
Les stations de mesure situées à Strasbourg, Schiltigheim, Illkirch-Graffenstaden, Bischheim et Ostwald affichent des niveaux d’ozone alarmants. La plateforme nationale de prévision, Prévair, confirme des concentrations élevées pouvant perdurer jusqu’à cinq jours après.
Chiffres clés de l’épisode
Les prévisions indiquent un indice ATMO dépassant 100, ce qui classe la qualité de l’air dans la catégorie « mauvais », avec des pics potentiels atteignant 150. Bien que les particules PM2.5 et PM10 restent modérées, autour de 25 µg/m³, l’ozone est la principale préoccupation.
En comparaison, mi-décembre 2025, l’AQI strasbourgeois oscillait entre 63 et 95, témoignant d’un net aggravement pour cet épisode d’août. À ce jour, Prévair a enregistré 19 journées nationales d’ampleur en 2025 au 1er juillet.
Risques pour la santé publique
Santé des Strasbourgeois en première ligne
Les habitants sensibles, notamment les enfants, les personnes âgées et les asthmatiques, risquent de souffrir d’irritations respiratoires, de maux de tête et d’aggravations de maladies chroniques. Les autorités conseillent à ces populations de limiter leurs efforts physiques exceptionnellement entre 12h et 20h.
« Ces pics ozone touchent directement nos familles, surtout en pleine canicule », confie Marie Dupont, une mère de deux enfants résidant à Neudorf. Elle précise qu’elle évite d’emmener ses enfants dans des parcs comme celui de l’Orangerie durant ces journées.
A Ostwald, près des zones industrielles, des riverains rapportent une odeur âcre persistante. Les médecins du CHU de Strasbourg constatent une augmentation des consultations aux urgences lors d’épisodes de pollution similaires.
Activités quotidiennes perturbées
Les clubs de sport en extérieur, tels que le RC Strasbourg running, sont contraints de reporter leurs entraînements. De même, les marchés de plein air, comme celui de la place Broglie, pourraient connaître une baisse de leur fréquentation durant ces journées de pics de pollution.
L’alerte concerne également les écoles maternelles qui recommandent de garder les enfants à l’intérieur durant l’après-midi. Les cyclistes, qui sont nombreux à Strasbourg, sont invités à privilégier les axes verts et à éviter les routes à fort trafic.
Réactions des autorités et mesures locales
Alerte et recommandations immédiates
Face à cette situation, la Ville de Strasbourg active son plan de vigilance pollution. Une gratuité des trams et bus de la CTS est envisagée, comme cela a été testé dans d’autres villes du Grand Est cet été.
« Nous appelons à la responsabilité collective : moins de voiture, plus de covoiturage », déclare Jeanne Barseghian, la maire écologiste de Strasbourg. Elle insiste également sur l’interdiction des barbecues et de l’utilisation de solvants en extérieur durant cette alerte.
ATMO Grand Est diffuse des bulletins en temps réel via son site pour informer la population. Il est également conseillé d’éviter les zones à fort trafic comme le pont du Corbeau pendant cette période.
Surveillance renforcée au Port du Rhin
Les autorités ciblent quatre usines situées au Port du Rhin pour renforcer le contrôle de leurs émissions. Ces sites industriels sont en effet des contributeurs significatifs aux oxydes d’azote, qui sont des précurseurs de l’ozone.
Vivien Latuner, un militant associatif, se félicite de cette initiative : « C’est un pas vers une surveillance accrue, mais il faut aller plus loin avec des normes plus strictes. » Les riverains du port, notamment ceux de la rue du Rhône, sont exposés aux rejets polluants au quotidien.
Contexte régional et tendances 2025
Une Alsace sous tension ozone
En 2025, l’Alsace connaît davantage d’épisodes de pollution à l’ozone que la moyenne nationale. Prévair attribue cette situation à la topographie de la région, au Rhin, ainsi qu’aux importations de pollution en provenance de l’Allemagne.
Des poussières sahariennes récentes ont également contribué à alourdir la pollution, tout comme un incendie à Oberhausbergen, survenu aux 10-11 décembre, qui a ponctuellement empiré la qualité de l’air local.
Avec ses 500 stations de mesure connectées à Prévair, Strasbourg reste un hotspot urbain en matière de qualité de l’air. Les modèles de prévision Chimere et Mocage réussissent à prédire fidèlement ces crises environnementales.
Vers des solutions durables ?
Les élus strasbourgeois envisagent la gratuité permanente des transports en commun lors des alertes de pollution. Des associations comme Respire Alsace plaident pour l’instauration de zones à faibles émissions.
« La vignette Crit’Air, imposée en août lors de pics de pollution passés, doit devenir la norme », déclare un responsable de la préfecture du Bas-Rhin. Les habitants attendent des actions concrètes à mettre en œuvre pour l’année 2026.
Conséquences économiques et sociétales
Les terrasses des restaurants de la Petite France pourraient faire face à une diminution de leur affluence habituelle en raison de cette alerte. Les vignerons alsaciens, qui sont très actifs durant le mois d’août, pourraient être contraints de limiter les vendanges manuelles sous un ciel aussi pollué.
Pour les 280 000 Strasbourgeois, cette situation est un rappel évident de l’importance de la qualité de l’air pour le bien-être communautaire. Grâce aux 3 téraoctets de données traitées quotidiennement par Prévair, la science guide désormais les décisions locales.
Les perspectives pour la fin août demeurent incertaines, mais la mobilisation collective s’intensifie. Strasbourg respire mal, mais la ville s’efforce d’organiser des solutions pour un avenir meilleur.
