Strasbourg met la santé mentale au cœur des maladies chroniques
La 7ème journée régionale sur l’Éducation Thérapeutique du Patient (ETP) s’est déroulée le 9 octobre 2025 à Strasbourg, rassemblant professionnels de santé, patients et acteurs locaux autour d’une thématique essentielle : santé mentale et santé physique dans la maladie chronique. Organisée par l’Espace ressource ETP Grand Est, cette rencontre a mis en avant l’idée d’« adapter les mots pour impacter les maux » grâce à l’ETP. Des centaines de participants ont échangé sur l’importance d’un accompagnement holistique pour les Alsaciens touchés par ces pathologies.
Un événement ancré dans le tissu strasbourgeois
Strasbourg, capitale de l’Alsace et porte d’entrée du Grand Est, a accueilli cet événement en présentiel au cœur de la ville européenne. L’Espace ressource ETP Grand Est, basé dans la région, a choisi cette date pour rassembler les acteurs locaux face à un enjeu majeur : les maladies chroniques affectent un Alsacien sur trois, selon les estimations régionales. Promotion Santé Grand Est, un des partenaires clés, a contribué au comité de pilotage et animé un atelier sur les outils d’adaptation.
La rencontre s’est tenue dans une atmosphère conviviale, typique des initiatives régionales qui mêlent expertise et proximité. Les inscriptions, closes le 26 septembre 2025, ont enregistré un vif succès, témoignant de l’intérêt croissant des professionnels strasbourgeois pour ces enjeux. L’événement a également permis de créer des réseaux entre les participants, renforçant ainsi la coopération entre les différents acteurs de la santé dans la région.
La santé mentale : une approche holistique
Lors de cet événement, la santé mentale a été définie comme un état de bien-être permettant de relever les défis quotidiens, de réaliser son potentiel et de contribuer à la communauté. Cette définition dépasse l’absence de troubles et inclut la capacité à ressentir, penser et agir pour profiter pleinement de la vie. Dans le contexte des maladies chroniques telles que le diabète ou les affections respiratoires, couramment observées en Alsace, cette perspective a particulièrement résonné auprès des participants.
« Les patients strasbourgeois font face à un quotidien rude, entre consultations et contraintes physiques. L’ETP doit intégrer la dimension psychique pour éviter l’isolement », a déclaré une intervenante de Promotion Santé Grand Est lors de la plénière matinale. Cette approche vise à fournir aux résidents des outils pour mieux gérer leur santé globale. Des exemples concrets partagés par des participants ont illustré comment une attention à la santé mentale peut transformer le parcours de soins des patients.
Le rôle pivot de l’Éducation Thérapeutique du Patient
L’ETP, au cœur de la journée, désigne des programmes structurés destinés à aider les patients à acquérir des compétences d’autogestion. Sept ateliers ont été proposés l’après-midi, abordant des thèmes concrets tels que « Trouver les outils pour mobiliser les compétences d’adaptation », animé par Promotion Santé Grand Est. Ces sessions ont mis en lumière les déterminants sociaux de la santé, particulièrement pertinents dans un bassin comme Strasbourg, où des inégalités d’accès aux soins sont souvent signalées.
Des soignants alsaciens ont partagé leurs vécus avec des publics confrontés à des maladies chroniques comme le diabète ou le cancer. « À Strasbourg, l’ETP change la donne : elle rend les patients acteurs de leur vie », souligne un éducateur thérapeutique du CHRU local. Cette formation continue n’est pas seulement bénéfique pour les patients, mais elle éveille également des consciences parmi les professionnels de santé sur l’importance d’une approche intégrée.
Ateliers pratiques pour un impact local
Parmi les sept ateliers, deux ont particulièrement marqué les esprits : l’un sur les mots qui soignent et l’autre sur l’adaptation psychosociale. Ces formats interactifs ont rassemblé médecins, infirmiers et associations strasbourgeoises. L’objectif était d’équiper les professionnels pour mieux répondre aux besoins des 200 000 Alsaciens vivant avec une maladie chronique. Ces échanges ont permis de créer des pratiques innovantes qui peuvent être reproduites dans d’autres contextes.
Retours et évaluations : une satisfaction générale
L’événement a débouché sur un e-book interactif, publié par l’Espace ressource ETP Grand Est, qui synthétise les plénières, tables rondes et ateliers. Ce support numérique inclut des interviews vidéo, des ressources bibliographiques et les résultats d’évaluation, révélant une satisfaction de plus de 90 % des participants. Pour les Strasbourgeois, cet outil prolonge l’impact en ligne et est accessible depuis les antennes locales. L’e-book est également un précieux outil pour les futurs événements, permettant d’adapter les contenus proposés aux attentes des participants.
Les retours soulignent la richesse des échanges sur la santé mentale dans le cadre des maladies chroniques. « Cet e-book est une mine d’or pour nos équipes en Alsace », déclare une responsable associative, mettant en exergue le potentiel d’apprentissage et d’amélioration continue qu’offre cette forme de documentation.
Perspectives régionales et territoriales
Dans le Grand Est, où les maladies chroniques exercent une pression importante sur les systèmes de santé locaux, cette journée s’inscrit dans une dynamique plus large. L’ARS Grand Est intensifie ses programmes ETP avec des crédits « Starter » et des cartographies des besoins, en priorisant des zones comme l’Alsace. À Strasbourg, cela se traduit par davantage de programmes de proximité pour les seniors et les familles. Les collaborations entre divers acteurs de la santé seront essentielles pour assurer la pérennité de ces initiatives.
Implications pour les résidents alsaciens
Pour les habitants de Strasbourg et sa région, cette initiative locale répond à un besoin pressant. Avec un vieillissement démographique marqué – un Strasbourgeois sur quatre a plus de 65 ans – les maladies chroniques sont souvent accompagnées de fragilité mentale. L’événement a souligné l’importance des mots : une communication adaptée permet de réduire l’anxiété et d’améliorer l’adhésion aux traitements. De plus, cette approche sensible soulève des questions sur la façon dont les systèmes de santé peuvent mieux intégrer ces aspects dans leurs protocoles.
Des témoignages de patients alsaciens illustrent ce point. « Vivre avec une BPCO à Strasbourg, c’est dur entre la pollution et le stress urbain. L’ETP m’a redonné le contrôle », confie une participante de 58 ans du quartier de la Krutenau. Ces voix rappellent que la santé est aussi une affaire de communauté, et montrent l’impact de l’ETP sur la capacité des individus à s’engager activement dans leur parcours de santé.
Vers une prise en charge intégrée en Grand Est
La journée a révélé des synergies entre la santé physique et mentale, essentielles pour les résidents confrontés à des pathologies comme la maladie rénale chronique ou le cancer. L’ARS et ses partenaires ont pour objectif un déploiement élargi de l’ETP, avec un accent sur les territoires ruraux alsaciens proches de Strasbourg. Strasbourg prépare l’événement Numérique en Commun pour octobre 2025, à travers ses interventions, a plaidé pour des approches psychosociales inclusives. L’importance d’une approche intégrée ne peut être sous-estimée, surtout dans un paysage de soins de santé en constante évolution.
« C’est un levier pour l’autonomie des Alsaciens », résume un expert régional. À l’échelle locale, cela pourrait alléger la charge des hôpitaux strasbourgeois et favoriser le bien-vivre ensemble, en soulignant la nécessité de soutiens communautaires et d’une intégration des services de santé.
Un écho dans les initiatives futures
Cet événement résonne avec d’autres manifestations dans le Grand Est, telles que les Assises du diabète à Reims ou le colloque sur la santé mentale des jeunes à Golbey. À Strasbourg, il renforce le maillage local de l’ETP, offrant des outils concrets pour les généralistes et associations. Les participants, repartis motivés, espèrent une région où la santé mentale et physique ne sont plus dissociées. Des plans pour renforcer la mobilisation communautaire et l’engagement des parties prenantes sont déjà en réflexion.
Pour les Strasbourgeois, c’est une promesse : face à la chronicité, des réponses adaptées, locales et humaines. L’Espace ressource ETP Grand Est annonce déjà des suites, confirmant l’élan strasbourgeois pour une santé globale.
