Strasbourg accélère sa transformation numérique pour améliorer la vie quotidienne et l’inclusion sociale des habitants en 2025
Strasbourg s’engage résolument en 2025 dans une transformation numérique visant à simplifier les démarches des habitants et à accroître l’inclusion sociale grâce à des services publics accessibles à tous. Cette initiative reflète l’ambition de la ville de devenir un modèle de digitalisation au service de la communauté.
La ville, ainsi que l’Eurométropole, met en place des initiatives concrètes pour réduire la fracture numérique. Des points d’accès Wi-Fi publics fleurissent dans des lieux tels que les maisons de quartier et la Cité de la Musique et de la Danse, tandis que des ordinateurs partagés facilitent l’accès aux outils en ligne. Ces efforts visent à garantir que tous les citoyens, indépendamment de leur situation socio-économique, puissent bénéficier des avancées technologiques. Pour en savoir plus sur les plans de la ville, consultez cet article sur la transformation numérique à Strasbourg.
L’événement NEC 2025, catalyseur national à Strasbourg
Les 29 et 30 octobre 2025, le Palais Universitaire de Strasbourg se transforme en un carrefour de l’innovation lors de la 8e édition de Numérique en Commun[s] (NEC 2025). Co-organisé par l’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires (ANCT), la Ville et l’Eurométropole, cet événement national rassemble acteurs locaux, associations et citoyens sur le thème « Un numérique en faveur de l’émancipation des citoyens et des citoyennes ». L’événement constitue une plateforme précieuse pour échanger des idées et promouvoir des solutions numériques pertinentes.
Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, a ouvert la plénière et visité le stand de l’Eurométropole. Elle a salué le Conseil Eurométropolitain du Numérique Responsable comme un « dispositif exemplaire de dialogue citoyen ». Ce type de dialogue est essentiel pour construire une stratégie numérique reflétant les besoins et aspirations des citoyens.
La Direction interministérielle du numérique (DINUM) a présenté ses projets, notamment les communs numériques mutualisés, les logiciels libres, open source et l’incubateur IA de l’État nommé ALLiaNCE. Ces outils visent à ancrer des solutions souveraines dans les services publics strasbourgeois, renforçant ainsi l’autonomie numérique de la ville.
Des services publics simplifiés pour les Strasbourgeois
Strasbourg mise sur des « communs numériques » réutilisables par les administrations locales. Ces plateformes en ligne visent à dématérialiser les démarches administratives, rendant la vie quotidienne plus fluide pour les 290 000 habitants de l’Eurométropole. Le but est de rendre les services plus accessibles et de réduire le temps consacré aux formalités administratives.
Des quartiers tels que Neudorf ou Cronenbourg voient les maisons de quartier se transformer en hubs numériques. Les résidents bénéficient non seulement d’un accès Wi-Fi gratuit, mais également d’un accompagnement pour développer des compétences de base en ligne. Ces lieux deviennent des espaces d’apprentissage et d’entraide, favorisant une dynamique communautaire autour du numérique.
« Ces initiatives autonomisent les citoyens, surtout les plus vulnérables », témoigne un médiateur numérique de la Ville. L’objectif est clair : diminuer la fracture numérique, qui affecte encore 15 % des ménages alsaciens dépourvus d’accès internet fiable. La ville s’efforce de garantir que personne ne soit laissé pour compte dans ce nouvel environnement digital.
Le Conseil Eurométropolitain du Numérique Responsable en action
Ce conseil regroupe associations, usagers et techniciens afin de co-construire des politiques numériques. Ses priorités incluent l’interopérabilité des services, la protection des données et l’accès équitable. En travaillant ensemble, ces parties prenantes peuvent s’assurer que les politiques mises en place répondent aux enjeux contemporains et futurs.
Lors de NEC 2025, la ministre a discuté avec des élus des défis locaux, notamment l’intégration de l’IA dans les aides sociales. Le conseil surveille la mise en œuvre des projets, accompagnée d’une évaluation d’impact social prévue au premier semestre 2026. Cette approche permet d’ajuster les initiatives en cours en fonction des résultats observés.
Pour les habitants, cela se traduira par des applications mobiles intégrées permettant de signaler un problème de voirie ou de renouveler une carte famille nombreuse, le tout sans avoir à faire la queue aux guichets. La numérisation de ces services vise à améliorer l’efficacité administrative tout en offrant aux citoyens une expérience utilisateur simplifiée.
Beecome : soutien aux entreprises locales pour une transition inclusive
L’Eurométropole lance le dispositif Beecome, destiné à accompagner les structures de moins de 50 salariés présentes sur ses 33 communes. Ce programme, qui ne concerne pas uniquement le secteur numérique, offre un diagnostic gratuit de la maturité digitale des entreprises. Cette initiative vise à renforcer le tissu économique local dans un monde de plus en plus digitalisé.
Des spécialistes de la CCI Alsace Eurométropole, de la Chambre de Métiers d’Alsace et de la CRESS Grand Est apportent conseils, formations et mise en relation avec la filière numérique locale. En cas d’investissement, une subvention de 50 %, plafonnée à 3 000 euros, favorise l’adoption d’outils numériques. Ces aides permettent aux entreprises de s’engager plus facilement dans leur transformation numérique.
Par exemple, une boulangerie de la Krutenau a utilisé Beecome pour digitaliser ses prises de commande. Son gérant témoigne : « Cela nous a permis d’atteindre des clients isolés, renforçant notre lien avec le quartier ». Ce type de transformation offre non seulement des opportunités commerciales, mais contribue également à l’inclusion sociale.
Réduire la fracture numérique dans les quartiers populaires
À Strasbourg, cette transformation se concentre sur des zones prioritaires comme Hautepierre ou le Haut du Neuhof, où des ateliers pratiques sont organisés pour former aux usages numériques, allant du e-commerce aux démarches médicales en ligne. L’objectif est de donner aux citoyens des outils concrets pour profiter des avantages du numérique dans leur vie quotidienne.
L’augmentation des ordinateurs publics dans des équipements culturels comme la Cité de la Musique garantit un accès concret. Les associations locales, des partenaires essentiels, offrent une médiation personnalisée, spécialement pour les seniors et les familles monoparentales. Cela assure un accompagnement adapté qui répond à des besoins spécifiques.
« Le numérique doit être un levier d’émancipation, pas d’exclusion », insiste un représentant associatif lors de NEC 2025. Ces efforts visent à équiper 80 % des habitants d’ici fin 2025, un objectif ambitieux qui pourrait largement améliorer la qualité de vie dans la ville.
Perspectives pour 2026 : évaluation et pérennisation
Strasbourg aspire à instaurer un « numérique d’intérêt général » qui soit maîtrisé localement et durable. Les services testés en 2025 seront généralisés, soutenus par des financements accrus pour la médiation numérique. Ces efforts montrent une réelle volonté de la part des autorités de mettre en place un écosystème numérique inclusif.
Les prochains défis incluent l’évaluation des impacts sociaux et économiques. Les élus espèrent une réduction de 20 % des déplacements administratifs, permettant ainsi de libérer du temps précieux pour les Strasbourgeois. Monitoring et ajustements seront cruciaux pour assurer la réussite à long terme de ces initiatives.
Voix des habitants : entre enthousiasme et attentes
Dans les rues de la Petite France, les retours sont globalement positifs. Une retraitée de Robertsau se réjouit des tutoriels vidéo pour les impôts en ligne : « Enfin, je gère seule sans déranger mes enfants ! ». Ce type de réaction souligne l’impact positif que ces innovations peuvent avoir sur des vies individuelles.
Cependant, certains expriment des inquiétudes quant à une dépendance accrue au numérique. Le Conseil du Numérique Responsable s’engage à instaurer des garde-fous, tels que des formations obligatoires pour tous les agents publics. Ces mesures visent à garantir que la transition numérique se fasse de manière responsable et équilibrée.
Les jeunes du quartier de l’Esplanade, actifs sur les réseaux sociaux, soutiennent les initiatives open source. « C’est notre avenir, et Strasbourg montre la voie », affirme un étudiant lors d’un atelier NEC. Leur enthousiasme est un atout pour la pérennité des projets numériques.
Cette transformation, profondément ancrée dans le tissu local, positionne Strasbourg comme un leader en Europe. En 2025, la ville fondera le numérique en un allié du quotidien, promouvant une inclusion sociale renforcée et une vie urbaine plus apaisée. Ces ambitions contribuent à faire de Strasbourg un exemple à suivre pour d’autres villes en Europe.
