Strasbourg face à une crise alimentaire pour les migrants et sans-abri
Une situation qui s’aggrave depuis septembre 2025
Depuis le début du mois de septembre 2025, Strasbourg fait face à une tension alimentaire grandissante qui impacte les populations les plus vulnérables. D’après les données recueillies, l’État aurait contribué à l’émergence d’une pénurie alimentaire touchant directement les migrants et les personnes sans domicile fixe de la ville. Cette crise survient dans un contexte où les camps de sans-abri se sont multipliés sur Strasbourg et l’Eurométropole, avec un cycle de démantèlement et de reformation des campements.
La situation révèle des défaillances structurelles dans la gestion des populations précaires. Le collectif [Pour une autre politique migratoire](https://domain.com) ainsi que la [FSU 67](https://domain.com) ont interpellé les autorités en novembre 2025, dénonçant « l’errance sans fin des sans-abri ». Ces organisations mettent en lumière la réduction des places d’hébergement et la mise à la rue de personnes sans solution, entraînant des situations dramatiques.
Il est primordial de considérer l’impact de cette crise sur les dynamiques sociales de la ville. Les tensions s’accroissent entre les différentes populations, exacerbant une précarité déjà présente. Les citoyens de Strasbourg sont de plus en plus témoins d’une réalité difficile et doivent naviguer dans un paysage où l’accès à la nourriture et à un logement décent est devenu un combat quotidien.
Un bilan humain alarmant et préoccupant
Les chiffres fournis par les associations locales illustrent l’ampleur de cette crise humanitaire. En 2024, 24 hommes, 7 femmes et un enfant ont perdu la vie à Strasbourg, selon le rapport du collectif Pour une autre politique migratoire et de la FSU 67. Ces pertes humaines soulignent les conséquences potentiellement mortelles de l’absence de structures d’hébergement d’urgence et d’accès aux ressources alimentaires.
La situation des enfants est particulièrement préoccupante. Le collectif [« Pas d’Enfants à la rue »](https://domain.com), qui suit les enfants sans domicile scolarisés, estime qu’environ 100 enfants seraient actuellement concernés à Strasbourg. Cette estimation souligne une crise intergénérationnelle qui compromet l’accès à l’éducation et aux droits fondamentaux des mineurs.
Il est impératif de mettre en lumière les efforts d’autres associations en faveur de l’éducation des enfants en situation de précarité. Certaines initiatives locales tentent de relancer des programmes d’éducation alternative pour ces enfants, bien que ces efforts soient souvent limités par un manque de financement et de soutien institutionnel.
Les associations locales face à la demande croissante
Dans ce contexte critique, les associations caritatives de Strasbourg jouent un rôle essentiel. [Abribus](https://domain.com), une organisation créée en 1995, distribue des repas chauds gratuitement aux personnes démunies durant les mois d’octobre à avril. Fonctionnant sans subvention gouvernementale, cette association s’appuie sur le bénévolat ainsi que sur des partenariats locaux pour assurer ses services.
Abribus opère à partir des locaux d’Emmaüs situés à Montagne Verte et organise des distributions à la Place de la gare à 19h00 et à la Place de la Bourse à 20h30. L’association maintient des collaborations stratégiques, notamment avec la [Communauté Emmaüs Strasbourg](https://domain.com), la [Banque Alimentaire du Bas-Rhin](https://domain.com) et la [CTS](https://domain.com), qui a fourni cinq bus en 27 ans.
**Les Petites Pierres** sont également actives dans cet effort collectif. Depuis juillet 2017, cette organisation effectue des maraudes pour les sans-abris dans le centre-ville de Strasbourg, avec une fréquence d’une à deux fois par semaine. Ces interventions de terrain permettent d’établir un contact direct avec les populations les plus isolées.
Les maraudes de ces associations sont également l’occasion de distribuer des informations sur les droits, les ressources disponibles et les lieux d’accueil, contribuant ainsi à sensibiliser la population sur les enjeux de la précarité.
Une réponse institutionnelle insuffisante
La municipalité de Strasbourg a pris conscience de la gravité de la situation. Le 5 décembre 2025, la maire écologiste Jeanne Barseghian a annoncé que la ville allait engager une action en justice contre l’État pour sa « défaillance » à fournir un abri aux personnes à la rue, en particulier les migrants. Cette démarche judiciaire marque une intensification du conflit entre la collectivité locale et l’État concernant les responsabilités en matière d’hébergement d’urgence.
Le collectif Pour une autre politique migratoire, accompagné de la FSU 67, a adressé des lettres au préfet, à l’Éducation nationale, ainsi qu’à la municipalité de Strasbourg, à l’Eurométropole, et à la Collectivité européenne d’Alsace (CeA) pour demander des solutions. Parmi les mesures évoquées figurent l’hébergement d’urgence dans des gymnases, la réquisition de logements vacants par la préfecture ou la mairie, ainsi que la mise à disposition de logements vacants par la municipalité ou la CeA.
Il est essentiel que ces initiatives soient soutenues non seulement par des moyens financiers, mais aussi par une volonté politique affichée, permettant ainsi une véritable réponse à cette crise humanitaire pour éviter que des tragédies ne se reproduisent.
Un contexte national de tension sur l’hébergement
La crise à Strasbourg s’inscrit dans un contexte national plus large. Le gouvernement français a décidé d’installer en province dix sas d’accueil temporaire afin de désengorger l’Île-de-France, où un grand nombre de migrants se retrouvent à la rue. Face à la chute des températures, la préfecture d’Île-de-France a activé son plan grand froid pour optimiser la prise en charge des personnes sans abri, tandis que des associations comme la mobilisation à Strasbourg intensifient leur action sur le terrain en faveur des plus précaires.
À Paris, un plan visant à loger un plus grand nombre de personnes sans domicile a été lancé le 12 décembre 2025, avec des préfets en région sollicités pour recenser les places potentielles pour mettre en œuvre le plan grand froid. Toutefois, ces mesures nationales semblent insuffisantes pour répondre à l’ampleur de la crise.
Les voix s’élèvent pour critiquer des solutions qui, bien souvent, ne répondent pas aux réalités du terrain. Le besoin d’une politique d’accueil plus humaine et plus coordonnée est plus que jamais nécessaire pour faire face à cette situation alarmante.
Les droits fondamentaux face à la crise alimentaire
La situation à Strasbourg soulève des questions cruciales concernant les obligations de l’État. Le collectif Pour une autre politique migratoire et la FSU 67 rappellent que l’hébergement d’urgence constitue un droit inconditionnel, relevant de la responsabilité de l’État. Cette assertion repose sur les principes de protection des populations précaires, qui sont particulièrement pertinents dans une ville abritant le siège du Conseil de l’Europe, une organisation veillant à l’application rigoureuse de l’état de droit.
La tension alimentaire observée depuis septembre 2025 symbolise ainsi bien plus qu’une simple pénurie logistique. Elle incarne un manquement grave aux obligations publiques et une crise humanitaire qui exige une réponse coordonnée et durable de la part des autorités locales et nationales. Les futures actions devront donc réaffirmer l’engagement de la France à respecter les droits de l’homme et à protéger les plus vulnérables, tout en s’assurant que des mesures concrètes et effectives soient mises en place pour endiguer cette situation déplorable.
