Festival solidaire à Strasbourg : L’économie circulaire à la portée de tous
L’association locale “Ici On Agit Strasbourg” organise les 20 et 21 septembre 2026 un festival solidaire ciblant l’**économie circulaire** et l’**engagement citoyen** au cœur de Strasbourg. Ce rassemblement se déroulera sur les quais, dans des cours d’écoles et plusieurs places de quartier, afin de démontrer que consommer autrement, réparer au lieu de jeter et s’engager localement doivent devenir des réflexes quotidiens.
Pensé comme un événement à la fois festif et pédagogique, ce festival vise à réunir habitants, associations, artisans, entreprises de l’économie sociale et solidaire, ainsi que collectivités, dans une ville déjà engagée sur ces questions. Les organisateurs cherchent à rendre concrets les discours souvent abstraits autour de la transition écologique, pour le bénéfice des Strasbourgeois. Ce type d’événement favorise également des initiatives locales pour promouvoir l’économie circulaire comme discuté dans cet article initiatives économiques circulaires.
Un village de l’économie circulaire au cœur de la ville
Le festival se centralisera autour d’un village de l’économie circulaire, installé autour de la place d’Austerlitz et au long des quais vers la Krutenau, un quartier riche en vie associative et étudiante. Une cinquantaine de stands et d’espaces d’animation sont prévus, tout en assurant l’accessibilité : entrée gratuite, signalétique claire, et médiation pour les enfants.
Les visiteurs pourront participer à des ateliers de réparation (vélos, électroménager, petit mobilier), découvrir des stands de réemploi et de seconde main, assister à des démonstrations de cuisine anti-gaspillage, ou explorer des espaces dédiés à la réduction des déchets. “Notre idée, c’est que chacun reparte avec au moins un geste concret qu’il se sent capable de reproduire à la maison”, précise Julie Herrmann, coordinatrice du festival au sein de l’association.
Le choix de ce périmètre, situé à proximité en tram de la gare et du centre historique, est stratégique pour attirer un large public tout en mettant en avant des commerces et ateliers déjà engagés, notamment sur la Rue d’Austerlitz et la Grand’Rue, où plusieurs boutiques de réemploi et de réparation se sont ouvertes ces dernières années.
Une association locale en première ligne
Ce projet émane de l’association “Ici On Agit Strasbourg”, connue pour ses journées de sensibilisation et ses événements participatifs autour des enjeux écologiques et sociaux dans l’Eurométropole. Depuis plusieurs années, l’association collabore à des rencontres où citoyens, entrepreneurs et acteurs publics explorent collectivement des solutions locales, allant du réemploi à la mobilité douce.
“On voyait que beaucoup de Strasbourgeois se sentent concernés mais ne savent pas toujours par où commencer”, résume Ahmed Boulhadi, président de l’association. “Un festival solidaire, c’est un prétexte pour rassembler tout le monde dans un cadre convivial, montrer ce qui existe déjà et donner envie de s’engager, sans culpabiliser.”
L’association bénéficie d’un réseau de partenaires locaux, incluant ressourceries, ateliers de réparation de vélos, banques d’objets, structures d’insertion, collectifs étudiants et conseils de quartier. Plusieurs établissements scolaires des secteurs de la Krutenau et de Neudorf préparent déjà des projets pédagogiques autour du tri, du design d’objets réemployés ou de la consommation responsable.
Un programme mêlant ateliers, culture et convivialité
Pour attirer un public large, le festival allie animations pratiques et propositions culturelles. Des ateliers DIY (do it yourself) permettront d’apprendre à créer des objets du quotidien à partir de matériaux récupérés, tels que des sacs réalisés à partir de chutes de tissus, du mobilier en palettes, ou encore des objets décoratifs en verre ou métal revalorisé.
Des ateliers participatifs pour les vélos inviteront les habitants à venir avec leur bicyclette, afin d’apprendre comment changer un pneu, régler des freins ou réutiliser des pièces. Des animations pour les jeunes publics, incluant fabrication de jouets à partir de matériaux de récupération, jeux coopératifs sur le tri, et mini-défis “zéro déchet”, seront également proposés.
En soirée, des concerts à faible empreinte carbone et des performances artistiques axées sur l’upcycling prolongeront ces rencontres. “On veut montrer que l’écologie peut rimer avec plaisir et créativité”, insiste Julie Herrmann. L’objectif est de déplacer l’image d’un discours essentiellement technique ou moralisateur vers une présentation artistique incluant musique, théâtre de rue et arts visuels.
Une démarche solidaire au service du pouvoir d’achat
Au-delà de son aspect écologique, le festival a une vocation résolument solidaire. En cette période de tensions sur le pouvoir d’achat, les organisateurs veulent montrer que l’économie circulaire peut offrir des solutions concrètes aux ménages, surtout ceux les plus modestes. Des braderies solidaires sont programmées, organisées en coopération avec des ressourceries et associations locales, pour proposer vêtements, livres, vaisselle ou petit mobilier à des prix réduits.
“Pour beaucoup de familles de Neudorf, du Neuhof ou de la Meinau, la question n’est pas d’acheter bio mais de boucler le mois”, rappelle Samira Khelifi, bénévole d’un réseau d’entraide de quartier. “Le réemploi, la réparation, l’achat d’occasion, ce sont aussi des façons de faire des économies sans renoncer à la qualité.”
Des associations d’accompagnement social offriront des permanences durant le festival pour informer sur les aides disponibles, comme les prêts de matériel, les banques d’objets, ou des ateliers d’autonomisation budgétaire. Des espaces de gratuité permettront également d’échanger des vêtements ou objets sans transaction monétaire, selon le principe “je donne ce dont je n’ai plus besoin, je prends ce qui me manque”.
Engagement des habitants: Du simple visiteur au citoyen actif
L’un des grands axes du festival est la participation citoyenne. Plusieurs ateliers de co-construction ont été organisés en amont de l’événement, notamment dans les quartiers de la Krutenau, de l’Esplanade et de Port du Rhin, pour concevoir les animations, recenser les besoins et mettre en lumière les initiatives locales à valoriser.
Durant le week-end, les visiteurs seront encouragés à s’investir de diverses manières : en aidant quelques heures sur un stand, en proposant un atelier express (par exemple un “truc et astuce” zéro déchet qu’ils appliquent déjà), ou en rejoignant un collectif local. “Si on veut que ce festival ait un impact durable, il doit donner envie aux jeunes de s’impliquer, pas seulement de passer une après-midi sur une place”, estime Thomas Meyer, enseignant en lycée professionnel à Strasbourg.
Pour stimuler cet engagement, l’association collabore avec plusieurs établissements scolaires et structures jeunesse pour mettre en place des badges de reconnaissance valorisant l’engagement dans des projets éducatifs. Les bénévoles les plus actifs pourront faire reconnaître leur participation dans le cadre de projets citoyens ou au sein de leur parcours éducatif, un aspect particulièrement prégnant pour lycéens et étudiants.
Une organisation exemplaire en matière d’écologie
Organiser un festival sur le développement durable impose aux équipes d’être exemplaires dans la forme et dans le discours. Une charte interne a été mise en place, prévoyant notamment une réduction stricte des déchets, la mutualisation du matériel, un tri renforcé, ainsi que l’utilisation de scénographies réutilisables en grande partie faites de matériaux de récupération.
Concernant la restauration, les stands proposeront une alimentation locale, de saison et principalement végétarienne, en privilégiant les producteurs de l’Eurométropole et du Grand Est. L’événement met aussi l’accent sur une mobilité douce : incitation à se rendre à pied, à vélo ou en tram, avec un parking sécurisé pour vélos et un nombre très limité de places pour voitures.
Les organisateurs admettent cependant que l’exemplarité totale reste un objectif en cours de parcours. “On ne sera pas parfaits, mais on veut être transparents sur nos choix, nos limites, nos progrès”, souligne Ahmed Boulhadi. Des panneaux d’information seront exhibés sur l’empreinte environnementale de l’événement, ses sources d’émissions les plus marquées, et les efforts consentis.
Retombées locales et perspectives pour Strasbourg
Pour les commerçants et artisans engagés dans des démarches de circuits courts, de réparation ou d’économie circulaire, ce festival constitue également une vitrine. “Si le festival peut faire venir de nouveaux publics dans nos boutiques et ateliers en montrant que l’écologie, ce n’est pas seulement des contraintes, mais aussi des savoir-faire locaux, c’est gagnant pour tout le monde”, déclare Claire Baumann, artisane du centre-ville spécialisée dans le mobilier revalorisé.
À l’échelle de la ville, cet événement s’inscrit dans une dynamique plus large, soutenue par l’Eurométropole de Strasbourg ainsi que divers réseaux régionaux autour de l’économie circulaire. Les organisateurs espèrent que ce rendez-vous pourra devenir annuel et servir de laboratoire pour de nouvelles politiques locales, en recueillant les besoins, idées et initiatives des habitants. En plus, Strasbourg prépare un festival culturel participatif pour mettre en lumière les acteurs locaux engagés dans le développement durable festival culturel participatif.
Pour les Strasbourgeois, la question est double : découvrir des solutions pratiques pour leur quotidien, visant à réduire factures, déchets et à consommer autrement, tout en trouvant des espaces d’engagement adaptés, allant d’un coup de main ponctuel à un investissement associatif sur le long terme. Le défi de ce festival solidaire est de faire en sorte que, le temps d’un week-end, la transition écologique se transforme d’un concept en une expérience partagée, à quelques pas de chez eux.
