Municipales 2026 : Catherine Trautmann fédère les figures respectées de Strasbourg autour d’une liste unie
Catherine Trautmann a frappé un grand coup en dévoilant, le 24 janvier dernier, sa liste complète de 66 candidats pour les élections municipales et communautaires de mars. L’ancienne maire de Strasbourg, qui a dirigé la ville pendant près de dix ans entre 1989 et le début des années 2000, se pose en candidate du renouveau tout en incarnant une certaine continuité politique. Son positionnement tranche avec celui de la maire sortante écologiste Jeanne Barseghian, face à laquelle elle apparaît comme la favorite dans les sondages.
La présentation de sa liste aux Docks Malraux, près de la médiathèque, n’était pas un hasard. Ce lieu symbolise l’« axe Deux-Rives », le grand projet de réaménagement urbain mené par l’ancien maire Roland Ries entre 2008 et 2020. Catherine Trautmann affiche ainsi sa volonté de poursuivre une certaine vision de la ville, tout en se démarquant de ses prédécesseurs par la composition de sa liste.
Une liste sans calculs d’alliance
Contrairement à ce que pourraient laisser croire les ralliements successifs, Catherine Trautmann refuse catégoriquement de parler de « calculs d’alliance ». « Je ne suis pas dans une vision de calculs d’alliance », affirme-t-elle avec fermeté. Cette posture reflète sa volonté de présenter une liste unie autour de valeurs communes plutôt que de simples arrangements politiques.
Thierry Sother, député du Bas-Rhin et numéro deux de la liste, souligne que sa candidate « incarne l’unité parce qu’elle a toujours mis Strasbourg au-dessus des clivages ». Il précise, sans avancer de chiffres précis, qu’il s’agit de la liste avec le moins de socialistes « depuis plusieurs décennies ». Cette composition diversifiée témoigne d’une volonté d’ouverture politique au-delà des frontières traditionnelles du Parti socialiste.
Des figures locales respectées et engagées
La liste de Catherine Trautmann se distingue par la présence de personnalités ancrées dans la vie locale strasbourgeoise. Laure Pain, médecin de 65 ans, figure en troisième position. Bien qu’elle n’ait « jamais s’engagée en politique », elle a découvert la méthode et le cap de Catherine Trautmann lors d’ateliers de quartier et a accepté de se présenter. Son engagement illustre la capacité de la candidate à mobiliser des figures de la société civile.
Mourad Oualit, conducteur de train et président du club de foot FCOSK06, occupe la quatrième place. Il salue chez Catherine Trautmann son envie d’être la « capitaine » d’une équipe unie. Sa présence sur la liste symbolise l’implication du monde associatif et sportif strasbourgeois dans ce projet politique.
Pernelle Richardot, consultante de 54 ans, figure en cinquième position. Ancienne adjointe de Roland Ries et conseillère municipale sortante, elle représente une certaine continuité administrative tout en incarnant une transition vers une nouvelle équipe. Caroline Barrière, ancienne vice-présidente de l’Eurométropole en charge des finances, complète ce tableau en onzième position.
Les valeurs qui lient la liste
Pour Catherine Trautmann, ce qui relie tous ses colistiers dépasse les simples arrangements politiques. « Ce qui nous relie, et que j’exige, c’est le respect, la justice, la cohérence, la fidélité et l’amour portés à Strasbourg », déclare-t-elle. Elle demande à ses candidats de « mettre l’intérêt commun au-dessus de toute ambition personnelle ».
Ces principes affichés reflètent une vision de la politique municipale centrée sur le bien commun plutôt que sur les intérêts partisans. Ils constituent également un message adressé aux électeurs strasbourgeois, invités à voter pour une équipe unie autour de valeurs partagées.
Un programme accessible et réaliste pour les citoyens
Catherine Trautmann a dévoilé un programme axé sur les préoccupations concrètes des Strasbourgeois. Parmi ses propositions figurent la création d’une grande gare urbaine, la transformation de la M35 et la refonte du stationnement résidentiel pour améliorer la mobilité urbaine. Ces mesures visent à répondre aux frustrations accumulées pendant le mandat de Jeanne Barseghian. Pour plus d’informations sur la candidate actuelle, consultez cet article sur l’engagement écologiste de Jeanne Barseghian.
Le programme met également l’accent sur la végétalisation de la ville et l’encadrement des loyers pour répondre aux tensions croissantes sur le marché du logement strasbourgeois. Ces propositions reflètent une approche pragmatique des enjeux urbains, loin des grandes envolées idéologiques.
Des ralliements progressifs qui renforcent la liste
Au-delà de la composition initiale de sa liste, Catherine Trautmann a progressivement reçu des soutiens qui renforcent sa position. Le 12 décembre, Chantal Cutajar, ancienne conseillère municipale, et son parti Cap21 lui ont apporté leur soutien. Le 8 janvier 2026, Paul Meyer et Nawel Rafik-Elmrini, qui avaient créé la plateforme « Réconcilier Strasbourg », ont également rejoint sa liste.
Ces adhésions successives témoignent d’une dynamique positive autour de sa candidature. Elles illustrent également la capacité de Catherine Trautmann à fédérer des figures politiques et civiles au-delà de son propre parti.
Un contexte électoral complexe et incertain
L’élection municipale strasbourgeoise se déroule dans un contexte particulièrement complexe. Jeanne Barseghian, la maire sortante, brigue un second mandat après six années d’un mandat « chahuté ». Elle ne peut plus compter sur l’élan de 2020 et la fameuse « vague verte » qui l’avait portée au pouvoir.
Face à elle, plusieurs candidatures divisent le paysage politique local. Jean-Philippe Vetter, soutenu par Les Républicains, les Centristes et l’UDI, représente la droite traditionnelle. Florian Kobryn incarne la France insoumise. Virginie Joron, députée européenne et ancienne conseillère régionale, se présente au nom du Rassemblement national. Pierre Jakubowicz, soutenu par Horizons, le MoDem et Renaissance, complète ce tableau fragmenté.
Une élection marquée par l’incertitude
L’interrogation majeure concerne les interactions entre les trois candidats de centre-gauche et de gauche : Catherine Trautmann, Jean-Philippe Vetter et Pierre Jakubowicz. Ces trois candidats partagent des propositions communes et ont passé six ans ensemble dans l’opposition à Jeanne Barseghian. Ils ont notamment été unis à de multiples reprises contre le projet du tram nord.
Cette proximité politique crée une incertitude sur la dynamique du scrutin. Certains observateurs s’interrogent sur la possibilité d’un report de voix entre ces candidats au second tour, ou sur la capacité de l’un d’eux à émerger clairement au premier tour.
Les enjeux cruciaux pour l’avenir de Strasbourg
Au-delà des calculs électoraux, cette campagne municipale cristallise les attentes des Strasbourgeois concernant l’avenir de leur ville. Les questions de mobilité, de logement, de végétalisation et de gestion urbaine dominent le débat public. Catherine Trautmann, en fédérant des figures locales respectées autour d’une liste unie, propose une vision alternative à celle de la majorité sortante. Pour une perspective approfondie sur les figures engagées, consultez cet article sur la liste de Jeanne Barseghian.
Son approche, qui privilégie l’unité et le pragmatisme, contraste avec les divisions qui caractérisent le paysage politique strasbourgeois. Que les électeurs adhèrent ou non à son projet, sa candidature a indéniablement reconfiguré la campagne municipale et placé la question du changement au cœur du débat public strasbourgeois.
