Des artistes locaux innovent avec des portraits numériques pour valoriser les talents strasbourgeois lors d’une exposition prévue en octobre 2025

Des portraits numériques pour mettre en lumière les talents strasbourgeois

À Strasbourg, une nouvelle génération d’artistes locaux prépare une exposition de portraits numériques prévue pour octobre 2025. L’objectif est clair : rendre visibles les talents de la ville et de l’Eurométropole, souvent cantonnés à des réseaux confidentiels. Pensée comme un rendez-vous populaire, cette initiative entend mêler art numérique, innovation technologique et ancrage très local dans un contexte où Strasbourg s’affirme comme un territoire d’expériences immersives et digitales.

Selon les organisateurs, l’exposition réunira plusieurs dizaines de créateurs et de personnalités strasbourgeoises – artistes, artisans, associatifs, sportifs, et entrepreneurs – au sein d’une galerie de portraits projetés, animés et interactifs. L’événement, en cours de finalisation, se tiendra dans un lieu accessible en transports en commun, proche du centre-ville et du quartier des institutions européennes. Cela permettra d’attirer à la fois les habitants, les scolaires et les visiteurs de passage. Pour en savoir plus sur les artistes locaux, consultez l’article sur les artistes locaux de Strasbourg.

Un projet dans le sillage des expériences immersives

Cette exposition s’inscrit dans un paysage culturel local de plus en plus tourné vers le numérique. En octobre 2025, la ville accueillera également l’exposition immersive « Van Gogh: The Immersive Experience » au parc des expositions, Hall Tivoli, sur l’avenue Herrenschmidt. Ce rendez-vous, basé sur des projections à 360° et un parcours en réalité virtuelle, est déjà annoncé comme un temps fort de la saison culturelle automnale. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site de l’événement.

Pour les porteurs du projet de portraits numériques, cette coïncidence de calendrier représente à la fois un défi et une opportunité. « Nous savons que Van Gogh attirera un large public, » explique l’un des artistes impliqués. « L’idée n’est pas de rivaliser, mais de montrer qu’à quelques arrêts de tram, des Strasbourgeois créent aussi des images puissantes, avec des histoires bien d’ici. » L’équipe espère ainsi profiter de la dynamique créée autour du numérique pour mettre en avant une approche plus intimiste et locale.

Une galerie des visages de Strasbourg

Au cœur du dispositif, les portraits numériques seront réalisés à partir de photographies, de modélisation 3D, d’illustration digitale, et parfois d’intelligence artificielle générative, en fonction des choix des artistes. Chaque portrait sera accompagné d’un court texte et, dans certains cas, d’un extrait audio, permettant à la personne représentée de raconter son parcours ou sa vision de la ville. Les organisateurs souhaitent représenter la diversité des quartiers et des parcours, incluant Neudorf, Hautepierre, Cronenbourg, Koenigshoffen, Esplanade, Robertsau, ainsi que les communes de l’Eurométropole telles que Schiltigheim, Illkirch-Graffenstaden ou Ostwald. « On veut que les visiteurs puissent se dire : ‘Tiens, je connais cette personne’, ou ‘ça pourrait être mon voisin, mon prof, la boulangère du coin,’ » résume une graphiste participante.

L’objectif est de rompre avec l’image parfois lointaine ou élitiste de l’art contemporain. En intégrant des visages familiers et des histoires locales, l’exposition vise à créer un élan de connexion entre les Strasbourgeois et leur art. Cela permet aux visiteurs de voir non seulement des œuvres, mais aussi des versions narratives qui apportent une nouvelle dimension à l’expérience artistique.

Un impact local revendiqué

Le projet assume une ambition clairement locale : valoriser les talents strasbourgeois et renforcer le sentiment d’appartenance à un territoire. Les organisateurs envisagent de collaborer avec des écoles, des collèges, et des lycées, en proposant des ateliers d’initiation au portrait numérique en amont de l’exposition. Des associations de quartier et des structures socioculturelles pourraient également être impliquées pour identifier les personnes à mettre en lumière.

Pour les habitants, l’impact attendu est multiple : découverte de nouveaux lieux culturels, rencontres avec des artistes locaux, mais aussi réflexion sur la représentation de la ville et de ses habitants. « On parle souvent de Strasbourg comme capitale européenne, ce qui est vrai, mais on parle moins des gens qui font vivre la ville au quotidien, » souligne un médiateur culturel. « Cette exposition veut leur donner un visage, littéralement. » Cette approche contribue concrètement à l’ancrage culturel de la ville, renforçant le tissu social autour de l’art et des artistes locaux.

Une économie de proximité pour les artistes

Sur le plan économique, l’initiative pourrait offrir une bouffée d’oxygène à des créateurs souvent confrontés à la précarité. La rémunération des artistes, la vente éventuelle de tirages ou de licences numériques, ainsi que les collaborations avec des acteurs locaux (studios, imprimeurs, développeurs) sont au cœur des discussions actuelles. Les organisateurs veulent éviter le modèle des expositions « vitrines » sans retombées concrètes pour les participants. Vous pouvez également lire sur les influenceurs strasbourgeois qui soutiennent les commerces locaux.

Certaines artistes évoquent déjà la possibilité de décliner les portraits en affiches, en éditions limitées imprimées sur des supports durables, ou en contenus numériques à destination des institutions, des entreprises locales ou des associations. « L’idée est que ce ne soit pas un one shot, mais le début d’un réseau plus structuré autour de l’image et de la création numérique à Strasbourg, » explique un illustrateur. En mettant en avant les talents locaux, l’exposition pourrait jouer un rôle crucial dans le soutien à une économie créative durable.

Une expérience accessible et conviviale

Pour toucher un public large, le projet prévoit une tarification volontairement modérée, avec des tarifs réduits pour les jeunes, les demandeurs d’emploi et les familles, ainsi que plusieurs créneaux d’accès gratuit, notamment en soirée. Les organisateurs réfléchissent aussi à des visites guidées, des rencontres avec les artistes, et des événements participatifs, tels que des soirées où les visiteurs pourraient se faire tirer le portrait en direct, dans le même style que l’exposition.

La convivialité est un autre axe revendiqué : un espace de discussion, un café éphémère et un coin lecture permettront aux visiteurs de prolonger leur découverte. L’idée est de faire de l’exposition un lieu de rendez-vous pour les habitants, au-delà de la simple visite. « On veut que les gens aient envie de revenir, d’amener leurs amis, leurs parents, leurs collègues, » insiste une membre de l’équipe. « Que ce soit un sujet de conversation dans les trams, sur les terrasses, dans les cours d’école. » Cela vise à établir un véritable lien social autour de l’art, faisant de l’exposition plus qu’un simple événement culturel.

Numérique, mais pas déshumanisé

Bien que la technologie soit au cœur du projet, les initiateurs affirment qu’elle n’est pas une fin en soi. Les portraits numériques ne se veulent ni gadgets ni simples démonstrations techniques, mais des outils au service du récit des vies strasbourgeoises. « Le risque, avec le numérique, c’est d’impressionner sans émouvoir. Nous voulons l’inverse : que l’on soit touché avant d’être bluffé, » déclare une vidéaste.

Cette approche se traduit par une attention particulière portée aux histoires personnelles : artistes autodidactes, jeunes en reconversion, retraités engagés dans la vie associative, sportifs de clubs amateurs, chercheurs de l’université, restaurateurs, artisans… La sélection des personnes portraiturées devrait être annoncée progressivement, pour maintenir un lien continu avec le public local dans les mois précédant l’ouverture. En favorisant des témoignages authentiques, les organisateurs souhaitent créer un impact émotionnel fort et durable.

Strasbourg, laboratoire de nouvelles formes de médiation

À l’heure où Strasbourg accueille des dispositifs immersifs d’envergure internationale, comme l’expérience Van Gogh coproduite par Tempora et Exhibition Hub en partenariat avec Strasbourg Events, le projet de portraits numériques répond à une démarche plus intimiste, centrée sur les habitants et leurs trajectoires singulières. Les deux démarches, loin de s’opposer frontalement, pourraient contribuer à faire de la ville un laboratoire de médiation culturelle numérique, où coexistent grands formats spectaculaires et initiatives de proximité.

Pour les Strasbourgeois, l’automne 2025 s’annonce comme un moment clé pour interroger leur rapport à l’image et à la représentation : du visage mondialement connu de Van Gogh aux visages anonymes d’un voisin, d’un professeur ou d’un sportif local. Entre projections monumentales et portraits tout en nuances, c’est une autre manière de regarder la ville et ceux qui l’habitent qui se prépare, à quelques arrêts de tram de distance. Cette dynamique pourrait également ouvrir la voie à d’autres projets artistiques qui allient innovation technologique et intimité humaine.