Initiative environnementale Réseau de jardins partagés à Strasbourg inaugure une plateforme numérique pour coordonner bénévoles et récoltes

Un réseau strasbourgeois de jardins partagés lance une plateforme numérique pour coordonner bénévoles et récoltes

Une innovation numérique au service du lien social et de l’alimentation locale

Le Réseau des jardins partagés de Strasbourg a officiellement inauguré, le 18 décembre 2025, une plateforme numérique destinée à coordonner les bénévoles, les calendriers de récolte et la redistribution des surplus alimentaires dans l’agglomération strasbourgeoise. Cette interface est conçue comme un outil de gouvernance collective, visant à faciliter la gestion quotidienne d’environ une centaine d’espaces verts partagés présents sur le territoire municipal et dans les communes avoisinantes.

Conçue en collaboration avec l’association [ECO‑Conseil](https://www.domain.com), coordinateur historique du réseau régional, et la Ville de Strasbourg, la plateforme regroupe des fiches parcelle, des plannings de tâches, un module d’alerte pour les récoltes abondantes ainsi qu’un annuaire des jardiniers et associations locales. Les premiers tests, réalisés durant l’été 2025, ont impliqué dix jardins pilotes, dont le Potager Urbain Collectif (PUC) de l’Ecureuil et le jardin partagé de Koenigshoffen, avant un déploiement plus général en décembre 2025.

Pour découvrir d’autres initiatives, vous pouvez consulter l’article sur les jardins partagés à Strasbourg.

Fonctionnalités et chiffres clés de la plateforme

Cet outil innovant permet aux responsables de jardins d’ouvrir des créneaux de bénévolat, d’enregistrer les quantités récoltées et d’alerter des structures partenaires — banques alimentaires, épiceries solidaires et restaurants collectifs — lorsque des surplus deviennent disponibles. De plus, la plateforme propose un tableau de bord de suivi des productions ainsi qu’un système de géolocalisation des parcelles pour faciliter les livraisons de proximité.

Au cours de la phase pilote, les dix sites impliqués ont réuni plus de 1 200 participations bénévoles et partagé environ 1,4 tonne de légumes et aromatiques avec des associations entre juillet et octobre 2025, selon les bilans internes fournis par [ECO‑Conseil](https://www.domain.com). Ces résultats ont convaincu la Ville de cofinancer l’extension du projet pour toucher l’ensemble des jardins partagés recensés sur l’outil « Strasbourg ça pousse ».

Impacts locaux : organisation, solidarité et biodiversité

Pour les riverains et les associations de quartier, cette plateforme répond à des défis locaux majeurs : la mobilisation fluctuante des bénévoles et la logistique de redistribution des récoltes. « Nous n’avions pas les moyens humains ou techniques pour réagir rapidement lorsqu’un plan de courgettes débordait en août », confie Marie Dupont, bénévole et co‑animatrice du jardin partagé de la Robertsau. « Désormais, en quelques clics, nous trouvons des bras et évitons le gaspillage. »

Les services municipaux estiment également un gain d’efficacité dans l’animation de la trame verte urbaine et la coordination des Potagers Urbains Collectifs (PUC) gérés par la Ville depuis 2007. Cet outil devrait permettre d’intégrer les jardins dans les objectifs de biodiversité tout en réduisant les îlots de chaleur à travers des pratiques culturales partagées et des actions de plantation coordonnées sur l’agglomération.

Points de vigilance en matière de gouvernance participative

Malgré l’enthousiasme général, certains acteurs locaux appellent à la vigilance concernant la gouvernance et la protection des données personnelles. Des responsables associatifs ont souligné que l’accès aux coordonnées des bénévoles doit être soumis à un consentement explicite et que l’outil ne doit pas imposer de hiérarchie centralisée aux collectifs auto‑gérés. Pour répondre à ces préoccupations, l’équipe projet a instauré un comité de pilotage composé de représentants d’ECO‑Conseil, de la Direction des Espaces Verts de la Ville et de trois associations de jardiniers. Ce comité est chargé de définir les règles d’utilisation et la feuille de route technique.

Un autre point soulevé concerne la pérennité financière du projet. Le déploiement initial bénéficie d’une subvention municipale et d’un fonds régional, mais les acteurs reconnaissent qu’un modèle économique durable — intégrant participation associative, mécénat local et éventuellement une petite contribution volontaire des structures bénéficiaires — devra être élaboré d’ici 2027 pour garantir la maintenance et l’évolution de la plateforme.

Réactions positives des partenaires associatifs et des bénéficiaires

Les structures alimentaires locales accueillent favorablement cette innovation. L’association [La Main Solidaire](https://www.domain.com), qui gère une épicerie sociale dans le quartier gare, souligne que la possibilité d’être alertée en temps réel sur des surplus facilitera la planification des distributions et réduira le gaspillage alimentaire. « Recevoir une notification plutôt que de passer tous les matins à différents jardins représente un gain de temps et de ressources », explique son directeur, Julien Kramer.

Du côté des jardiniers, l’accueil est en grande partie positif. Toutefois, certains d’entre eux ont exprimé le souhait d’un module pédagogique pour accompagner les néo‑jardiniers sur les pratiques agroécologiques et la gestion des semences. Les concepteurs ont indiqué qu’une version 2.0 du dispositif inclura des fiches techniques locales et un forum d’échanges, prévu pour le printemps 2026.

Effets attendus sur la vie de quartier et la participation citoyenne

Les élus locaux perçoivent cette initiative comme un levier potentiel pour renforcer le « vivre‑ensemble » et la résilience alimentaire de Strasbourg, qui est déjà engagée dans plusieurs programmes de végétalisation urbaine. La plateforme devrait également faciliter l’organisation d’événements citoyens — tels que des journées de plantation, des ateliers de compostage et des fêtes des jardins — en centralisant les inscriptions et en mesurant la fréquentation.

À l’échelle des quartiers, les habitants interrogés estiment que cet outil pourrait réduire les tensions liées à l’usage des espaces verts et améliorer la coopération entre associations, écoles et structures sociales. « Quand tout le monde sait qui fait quoi et quand, on évite les doublons et les incompréhensions », remarque Ahmed Benali, animateur de quartier à Neudorf.

Perspectives et calendrier de déploiement

Suite à l’inauguration officielle de décembre 2025, le réseau prévoit une montée en charge progressive : l’ouverture aux 30 jardins supplémentaires est prévue entre janvier et mars 2026, suivie de l’intégration des PUC restants au printemps et du déploiement de fonctionnalités avancées (gestion des semences, formation en ligne) avant l’été 2026. Un programme d’ateliers de formation pour bénévoles et référents de jardins est également planifié entre janvier et février 2026 pour assurer une appropriation inclusive de la plateforme.

Si cette plateforme réussit à remplir ses promesses, elle pourrait devenir un modèle à suivre pour d’autres villes du Grand Est qui souhaitent professionnaliser la gouvernance des jardins partagés tout en préservant leur caractère associatif. Pour les Strasbourgeois, c’est avant tout une nouvelle approche, numérique mais ancrée dans le local, pour cultiver la solidarité et la résilience.