Jeanne Barseghian lance une nouvelle initiative pour la mobilité douce à Strasbourg dès octobre 2025
Strasbourg s’apprête à accélérer sa transition vers des mobilités plus durables. La maire écologiste Jeanne Barseghian a annoncé le lancement d’une initiative urbaine ambitieuse, nommée « VéloStras Sud », qui vise à renforcer les pistes cyclables et les espaces verts à partir d’octobre 2025. Ce projet structurant s’inscrit dans les attentes des habitants des quartiers périphériques.
Cette annonce se fait dans un contexte d’urgence climatique qu’a déclaré la maire peu après son élection en 2020. L’Eurométropole de Strasbourg (EMS), dirigée par Pia Imbs, investira 500 millions d’euros au cours du mandat pour les mobilités douces et la zone à faibles émissions mobilité (ZFE-m). Les fonds alloués soutiendront plusieurs chantiers, permettant à la ville de répondre aux défis environnementaux et sociaux. Ces initiatives écologiques visent à favoriser un avenir plus vert pour Strasbourg initiatives écologiques de Jeanne Barseghian pour un Strasbourg plus vert.
Le projet VéloStras Sud au cœur de l’initiative
Un axe majeur reliant centre-ville et sud de la ville
Le tronçon prioritaire s’étend de la route de l’Hôpital à l’avenue de Colmar, jusqu’au Baggersee. Ce corridor cyclable sécurisé reliera le centre-ville aux quartiers sud, très appréciés des familles strasbourgeoises. Les travaux débuteront en octobre 2025, offrant ainsi des trajets plus fluides et sécurisés pour les cyclistes quotidiens.
« VéloStras Sud va changer la vie des cyclistes du sud de la ville, en rendant les trajets quotidiens plus sûrs et plus fluides », a déclaré Jeanne Barseghian lors de l’annonce. Ce projet, qualifié de « grand projet cyclable du mandat », fait partie d’une série de plus de 50 chantiers lancés ces dernières années. En tant que championne du vélo en France, Strasbourg cherche à consolider sa position de référence européenne.
Les riverains du sud, notamment ceux d’Esplanade ou de Cronenbourg, attendent ces aménagements avec impatience. Les consultations publiques régulières ont permis d’intégrer leurs besoins, évitant ainsi les conflits habituels entre cyclistes et automobilistes. Cette démarche participative renforce l’adhésion locale au projet, en créant un sentiment de communauté autour de l’initiative. Les attentes des habitants, exprimées lors de ces consultations, serviront à façonner un environnement urbain qui répond réellement à leurs besoins quotidiens.
Contexte des mobilités douces à Strasbourg
Strasbourg fait face à une problématique de congestion croissante, avec des axes comme l’avenue des Vosges supportant 18 000 voitures par jour. La « révolution des mobilités » promue par les écologistes vise à réduire la dépendance automobile, tant pour des raisons de santé publique que pour la qualité de l’air. La ZFE-m, en vigueur depuis 2018 avec certaines restrictions, vise à bannir progressivement les véhicules polluants, avec des aides à la transition d’un montant de 50 millions d’euros.
L’autopartage et le covoiturage sont encouragés grâce à une plateforme mise en place en mars dernier. Parallèlement, le stationnement en voirie devient plus coûteux, incitant les habitants à privilégier le vélo ou les transports en commun. Bien que ces mesures soient perçues comme contraignantes, elles visent à désengorger le centre-ville et les boulevards périphériques. L’initiative de la mairie est saluée par de nombreux experts en mobilité, qui affirment que des mesures proactives sont essentielles pour un avenir urbain plus durable.
Malgré ces initiatives, certaines critiques persistent. Des automobilistes expriment leur frustration quant à un manque de progressivité, comme l’a souligné une convention citoyenne sur l’extension du tramway nord. Jeanne Barseghian s’est engagée à ajuster le cap : « Les habitants nous demandent d’aller plus progressivement. Étant donné que pour moi, la priorité, c’est que ce projet se fasse, je les suis à 100%. » Cette ouverture au dialogue et cette volonté d’adaptation témoignent de l’engagement de la ville à créer un équilibre entre tous les modes de transport, répondant ainsi aux préoccupations de chacun.
Implications pour les résidents strasbourgeois
Pour les 300 000 habitants de Strasbourg et les 800 000 de l’Eurométropole, VéloStras Sud signifie une réduction des risques routiers et un accès accru aux espaces verts. Les familles cyclistes du sud bénéficieront de pistes continues, leur permettant d’éviter les carrefours dangereux. Les travailleurs pendulaires, nombreux à se rendre vers le Baggersee, pourront diminuer leurs trajets polluants, favorisant ainsi une meilleure qualité de vie au quotidien.
Les commerçants locaux y voient également une opportunité. « Plus de cyclistes, c’est plus de passages en boutique », confie un épicier de l’avenue de Colmar. Ce projet contribue à l’attractivité économique de la ville, rendant Strasbourg plus vivable face à la concurrence des métropoles voisines comme Kehl ou Offenburg. Une meilleure circulation des cyclistes peut non seulement revitaliser le commerce local, mais aussi renforcer le tissu social en favorisant des rencontres entre voisins.
Cependant, certaines zones rurales de l’Eurométropole craignent une inégalité d’accès. Pia Imbs a souligné la nécessité d’une couverture multimodale, intégrant vélo, bus Fluo et un futur parking silo à la gare. Avec 78 000 usagers quotidiens à la gare de Strasbourg, ce chiffre est attendu à 100 000 d’ici 2030, favorisant ainsi une meilleure fluidité des flux. Cela illustre l’engagement de la ville à construire une infrastructure qui bénéficie à tous, tout en tenant compte des spécificités de chaque quartier.
Défis et perspectives d’avenir
Équilibre entre voiture et modes doux
L’extension du tramway nord, interrompue fin 2024 pour cause d’insuffisance de place automobile, illustre les tensions existantes. Coûtant initialement 224 millions d’euros, le projet est désormais réévalué à la suite d’une enquête publique. La maire écologiste reconnait : « Ce que nous dit cet avis, c’est qu’il faut continuer de laisser de la place à la voiture. Et d’ailleurs, je ne dis pas le contraire. » Cet équilibre est essentiel pour garantir une acceptation à long terme des changements par les citoyens.
VéloStras Sud prend les devants en se concentrant sur des axes secondaires. Les travaux se dérouleront entre 2025 et 2026, avec une ouverture progressive. L’EMS prévoit également de créer des voies vertes le long des canaux, reliant Neudorf au Rhin, pour une mobilité douce complète. En intégrant ces voies vertes, la ville aspire à offrir non seulement un mode de transport durable, mais aussi un cadre de vie agréable pour les citoyens.
Les associations telles que Strasbourg Respire saluent cette initiative. « C’est un signal fort pour la santé des Strasbourgeois, exposés aux particules fines », a déclaré leur porte-parole. En revanche, des automobilistes du nord-est expriment leurs frustrations sur les réseaux sociaux, appelant à plus d’équité dans les aménagements. Ce débat public est essentiel pour faire avancer le projet et garantir qu’il réponde effectivement aux intérêts de tous les citoyens.
Un modèle pour l’Europe ?
Strasbourg inspire déjà d’autres villes françaises. Son réseau cyclable, élargi de 50 km en cinq ans, attire l’attention de métropoles comme Lyon ou Grenoble. L’initiative d’octobre 2025 positionne la capitale alsacienne en tant que pionnière, alliant écologie et pragmatisme local. Par cette initiative, Strasbourg ne cherche pas seulement à améliorer la mobilité de ses habitants, mais également à se montrer comme un exemple à suivre pour d’autres villes en Europe.
Pour les jeunes familles et les seniors, cette évolution transforme le quotidien : promenades sécurisées vers le Baggersee, écoles accessibles à vélo. L’impact sur le cadre de vie se fait immédiatement sentir, grâce à des espaces verts intégrés aux pistes cyclables. Jeanne Barseghian l’ambitionne comme « le plus grand projet de transformation écologique de ce mandat » Jeanne Barseghian et ses projets écologiques pour Strasbourg. Cette vision d’avenir promet de redéfinir la manière dont les Strasbourgeois interagissent avec leur environnement.
À l’approche des élections municipales, ce projet vient renforcer le bilan écologiste. Les habitants du sud, premiers bénéficiaires, seront jugés sur la réalisation de ces engagements dès l’automne 2025. Strasbourg progresse vers une mobilité inclusive, où le vélo représente une convivialité urbaine retrouvée. Ce changement a le potentiel de redynamiser l’engagement citoyen et de promouvoir une culture de la durabilité au sein de la communauté. Les actions entreprises aujourd’hui joueront un rôle fondamental dans le façonnement de l’avenir de la capitale alsacienne.
