Une association locale organise une campagne innovante pour soutenir l’insertion professionnelle des jeunes à Strasbourg dès octobre 2025

Une campagne innovante pour l’emploi des jeunes lancée à Strasbourg en octobre 2025

À partir d’octobre 2025, une nouvelle campagne d’insertion professionnelle dédiée aux 16-30 ans sera lancée à Strasbourg par une association locale, en partenariat avec plusieurs acteurs de l’emploi du territoire. Pensé comme un « coup d’accélérateur » pour les jeunes éloignés du marché du travail, le dispositif combinera ateliers intensifs, mentorat individuel et rencontres directes avec des entreprises locales.

Selon les chiffres de la Mission Locale Strasbourg Eurométropole, plus de 8 000 jeunes sont accompagnés chaque année dans l’agglomération, signe d’un besoin toujours fort en matière d’orientation, de formation et d’accès à l’emploi. La nouvelle campagne entend s’inscrire dans ce paysage déjà riche, en misant sur des formats plus immersifs et sur une mobilisation renforcée des entreprises du bassin strasbourgeois. Le projet innovant sur l’insertion sociale et professionnelle des jeunes insertion sociale et professionnelle est un excellent exemple de cette dynamique.

Un dispositif ancré dans les quartiers de Strasbourg

La campagne sera déployée dans plusieurs quartiers de Strasbourg et de l’Eurométropole, avec une attention particulière portée aux quartiers prioritaires de la politique de la ville, où le taux de chômage des jeunes reste supérieur à la moyenne nationale. Des locaux associatifs, maisons de quartier et clubs sportifs serviront de points d’appui pour accueillir les ateliers et rencontres.

L’association porteuse du projet, qui travaille déjà sur l’insertion socioprofessionnelle à Strasbourg, prévoit de toucher entre 150 et 200 jeunes sur la première année de mise en œuvre. « L’idée est d’aller vers les jeunes là où ils vivent et se retrouvent, et pas seulement de les attendre dans des bureaux », explique la coordinatrice du projet, qui insiste sur le principe de proximité. L’engagement auprès des communautés locales est essentiel pour assurer l’efficacité et la pertinence du programme, en garantissant que les jeunes se sentent valorisés et compris.

Une mécanique en trois temps : coaching, immersion, mentorat

Le cœur de la campagne repose sur un parcours en trois étapes, inspiré des dispositifs qui ont déjà fait leurs preuves à Strasbourg comme les programmes de coaching intensif et de mentorat développés par des associations spécialisées dans l’insertion des jeunes. Chaque session démarrera par une semaine de coaching intensif, en petits groupes de 12 à 15 participants.

Au programme : simulations d’entretiens, ateliers sur les codes de l’entreprise, travail sur le projet professionnel, mais aussi exercices de prise de parole pour apprendre à se présenter et à « pitcher » son parcours. « En cinq jours, on veut redonner confiance, clarifier les envies et préparer les jeunes à rencontrer des employeurs dans de bonnes conditions », précise un formateur mobilisé sur le projet.

La deuxième étape consistera en journées d’immersion et de rencontres avec les entreprises, sur un format proche des ateliers thématiques déjà expérimentés à Strasbourg, qui rapprochent jeunes et recruteurs autour de métiers ciblés. Enfin, chaque participant sera mis en relation avec un mentor bénévole, issu du monde professionnel, pour un accompagnement individualisé sur plusieurs mois, favorisant une relation de confiance et un suivi régulier.

Un lien direct avec les entreprises du territoire

L’un des marqueurs forts de la campagne est la place donnée aux entreprises locales, invitées à devenir des partenaires à part entière du dispositif. Une dizaine d’entre elles, de secteurs variés (industrie, services, numérique, logistique, restauration, économie sociale et solidaire), auraient déjà exprimé leur intérêt pour participer aux premières sessions prévues à l’automne 2025.

Les rencontres se feront sous la forme de tables rondes métiers, visites d’entreprises, ateliers de recrutement inversé (où ce sont les jeunes qui « reçoivent » les employeurs) et séances de découverte des conditions réelles de travail. « Nous avons besoin de voir concrètement à quoi ressemble un poste, une équipe, une journée type. Ça change tout par rapport à une annonce en ligne », témoigne Lina, 22 ans, suivie par une structure d’insertion à Strasbourg.

Pour les employeurs, l’enjeu est double : recruter différemment dans un contexte de tensions sur certains métiers, et participer à une démarche de responsabilité sociale. Un dirigeant d’une PME industrielle de l’Eurométropole résume ainsi son intérêt : « Nous avons des postes non pourvus depuis des mois. Si on peut rencontrer des jeunes motivés, les former et les accompagner, c’est gagnant pour tout le monde. » Ce type de collaboration entre secteurs privé et associatif est essentiel pour répondre aux besoins croissants des entreprises locales en main-d’œuvre qualifiée.

Un accompagnement sur mesure, au-delà du simple accès à l’emploi

La campagne ne se limite pas à l’objectif de décrocher un contrat. Elle inclut des ateliers collectifs sur le numérique, les droits sociaux, la mobilité et la gestion du budget, pour lever les freins qui pèsent souvent sur l’accès durable à l’emploi. Des permanences d’accompagnement individuel sont également prévues pour les démarches administratives, la recherche de formation ou la validation d’un projet de reconversion.

Les jeunes seront accompagnés jusqu’à l’obtention d’un emploi durable (CDI, CDD de plus de six mois, alternance, stage long) ou d’une formation qualifiante. « L’insertion, ce n’est pas seulement signer un contrat. C’est tenir dans l’emploi, se sentir à sa place, pouvoir évoluer. C’est pourquoi nous suivrons les jeunes plusieurs mois après leur entrée en poste », insiste une chargée d’accompagnement. Cette approche personnalisée vise à garantir un suivi éprouvant et enrichissant pour les jeunes, tout en leur fournissant les ressources nécessaires pour s’adapter à un monde du travail en constante évolution.

Certaines séances seront menées en coanimation avec la Mission Locale Strasbourg Eurométropole et d’autres acteurs institutionnels, afin de fluidifier les parcours et d’éviter les ruptures d’accompagnement. Des ponts sont également envisagés avec les événements d’orientation déjà structurants à Strasbourg, comme les nuits de l’orientation et les forums métiers, afin de multiplier les opportunités de contact.

Une réponse aux besoins locaux en main-d’œuvre et en compétences

Cette campagne se déroule à une époque où plusieurs secteurs dans l’Eurométropole signalent des difficultés de recrutement, que ce soit dans les restaurants, l’assistance personnelle, le transport, la construction ou certains métiers industriels. Les organisateurs espèrent contribuer à combler le fossé entre les jeunes en quête de perspectives et les entreprises à la recherche de profils adéquats.

« On ne manque pas de jeunes à Strasbourg, on manque de passerelles efficaces entre eux et le tissu économique local », analyse un responsable d’un réseau d’entreprises engagé dans l’emploi des jeunes. La campagne mise sur des formats plus souples et interactifs, loin des seuls entretiens formels, pour permettre à des profils parfois atypiques de montrer leur potentiel autrement que par un CV. Ces nouvelles méthodes permettront de renforcer la confiance des jeunes en eux et en leurs capacités.

L’accent sera également mis sur les compétences transversales – ponctualité, travail en équipe, communication, adaptabilité – souvent citées par les employeurs comme déterminantes. Des jeux de rôle, mises en situation et projets collectifs permettront aux participants de les travailler concrètement et de pouvoir ensuite les valoriser auprès des recruteurs. De cette manière, la campagne cherche à répondre au besoin croissant d’employés polyvalents et adaptables sur le marché du travail.

Les habitants et acteurs de quartier associés à la démarche

Au-delà des jeunes eux-mêmes, la campagne entend associer les familles, les associations de quartier, les clubs sportifs et les structures culturelles à la dynamique. Des réunions publiques d’information seront organisées dans plusieurs secteurs de Strasbourg afin de présenter le dispositif, répondre aux questions et encourager le repérage de jeunes qui ne fréquentent pas toujours les structures d’insertion classiques.

« Dans certains quartiers, ce sont les éducateurs, les responsables associatifs ou les entraîneurs de club qui voient les jeunes le plus souvent. Les intégrer au repérage et au suivi, c’est une condition de réussite », souligne un travailleur social implanté dans le sud de la ville. Des partenariats avec des associations déjà actives sur l’inclusion numérique ou le soutien scolaire sont à l’étude pour compléter le dispositif. En tissant des liens avec des acteurs du territoire, la campagne espère créer une dynamique inclusive et solidaire.

Pour les habitants, l’enjeu est aussi de changer le regard sur les jeunes sans emploi, souvent réduits à des statistiques. En rendant visibles leurs projets, leurs réussites et leurs parcours, la campagne espère nourrir une image plus positive de la jeunesse strasbourgeoise et renforcer le sentiment d’appartenance à la communauté locale. Ce changement de perception est crucial pour créer un environnement favorable à l’emploi et à l’insertion des jeunes dans la société.

Un lancement prévu dès octobre 2025, avec une première session pilote

Le top départ de la campagne est prévu pour octobre 2025, avec une première session pilote de deux semaines, accueillant une vingtaine de jeunes venus de différents quartiers de Strasbourg. Cette phase servira à ajuster les contenus, les rythmes et les outils pédagogiques avant un déploiement plus large au début de l’année 2026.

Les inscriptions se feront en lien avec les structures déjà en contact avec le public jeune : Mission Locale, associations d’insertion, services jeunesse des mairies de quartier, centres socio-culturels et établissements d’enseignement. « Notre objectif est que chaque jeune intéressé puisse trouver une porte d’entrée, sans se sentir perdu dans la complexité des dispositifs », insiste la coordinatrice. Grâce à un accompagnement intensif et adapté, les jeunes pourront être soutenus tout au long de leur parcours.

Si les résultats sont au rendez-vous, l’association espère pérenniser la campagne sur plusieurs années et l’ouvrir à d’autres communes de l’Eurométropole. Pour Strasbourg, il s’agirait d’un outil supplémentaire pour faire de la jeunesse et de l’emploi l’un des chantiers prioritaires du territoire, en s’appuyant sur les forces vives locales et sur une approche résolument collaborative. Cette initiative vise à transformer les défis en opportunités, contribuant ainsi à l’avenir économique et social de la région.