Une entrepreneure strasbourgeoise lance un projet solidaire innovant pour l’insertion professionnelle des jeunes défavorisés

Une entrepreneure strasbourgeoise lance un projet solidaire innovant pour l’insertion professionnelle des jeunes défavorisés

À Strasbourg, une entrepreneure locale a récemment présenté un projet novateur dédié à l’insertion professionnelle des jeunes provenant de quartiers défavorisés. Nommé « Numérique et Emploi Solidaire », ce programme repose sur la médiation numérique dans le but de surmonter les obstacles à l’emploi. Lancé en juillet 2025, il se concentre surtout sur les jeunes âgés de 16 à 25 ans rencontrant des difficultés.

Le contexte local d’une initiative nécessaire

Strasbourg fait face à une problématique de chômage persistante, en particulier parmi les jeunes défavorisés, exacerbée par la fracture numérique. Dans des quartiers tels que Neuhof ou Cronenbourg, beaucoup ont du mal à accéder aux candidatures en ligne ainsi qu’aux entretiens virtuels. Ce projet s’inscrit dans un environnement déjà riche en initiatives, où des missions locales, actives depuis 1982, se trouvent cependant confrontées à des réductions budgétaires en 2025.

L’instigatrice de ce projet, Marie Duval, âgée de 38 ans et originaire du quartier de la Meinau, a vécu des difficultés d’insertion voilà dix ans. « J’ai vu trop de jeunes talentueux bloqués par un manque d’outils numériques simples », dévoile-t-elle. Son parcours en tant qu’entrepreneure sociale, construit au sein d’associations locales, l’a motivée à mettre sur pied cette structure hybride.

Les piliers du projet « Numérique et Emploi Solidaire »

Le programme repose sur un accompagnement individualisé réalisé dans des petits groupes de 8 à 12 participants. Les sessions abordent divers thèmes, incluant la navigation sur Internet, la création de CV en ligne, les démarches administratives, ainsi que la sécurité numérique. Des ateliers pratiques sont organisés, permettant aux participants de se connecter directement avec des employeurs strasbourgeois.

Marie Duval a élaboré ce dispositif en collaboration avec les maisons de quartier et les centres sociaux de la ville. « Nous équipons les participants avec du matériel reconditionné et formons des conseillers numériques locaux », explique-t-elle. L’objectif fixé est d’atteindre 15 embauches directes de médiateurs sur le territoire d’ici la fin de l’année 2026.

Avec des ateliers pratiques et un soutien constant, les jeunes participants sont accompagnés tout au long de leur parcours, bénéficiant non seulement d’un soutien technique mais également d’une motivation personnelle pour surmonter leurs difficultés. Le but est d’adapter les compétences des jeunes aux besoins du marché du travail, tout en leur offrant des outils pertinents pour naviguer dans le monde numérique moderne.

Une réponse à la fracture numérique en Alsace

Dans le Bas-Rhin, le plan national « 1 jeune, 1 solution » lancé en 2020 soutient ces efforts à travers des Contrats d’Engagement Jeune (CEJ) de 6 à 12 mois. Cependant, des missions locales, notamment celle de Schiltigheim, tirent la sonnette d’alarme concernant des coupes budgétaires anticipées pour 2026. « Les jeunes en seraient les premières victimes », avertit Yann Parisot, président régional.

Le projet initié par Marie Duval se distingue par son intégration d’une perspective européenne, inspirée par l’AMSED, une association strasbourgeoise fondée en 1998. Cette dernière promeut la mobilité internationale pour les jeunes issus de quartiers sensibles à travers des formations non formelles et des volontariats. « C’est un levier pour l’employabilité », souligne une porte-parole de l’AMSED.

La coopération avec d’autres organisations au niveau européen favorise non seulement l’échange de bonnes pratiques mais augmente également les opportunités pour les jeunes participants. Ces initiatives sont essentielles pour lutter contre le chômage et offrir des perspectives d’avenir aux jeunes en quête de stabilité professionnelle.

Impacts attendus sur les quartiers prioritaires

À court terme, plusieurs milliers d’habitants devraient bénéficier d’une plus grande autonomie pour gérer les services administratifs, bancaires ou médicaux en ligne. À moyen terme, l’insertion professionnelle devrait s’accélérer grâce à des candidatures facilitées en ligne et des entretiens vidéo. Pour les habitants de Cronenbourg ou Hautepierre, cela se traduit par un accès amélioré aux emplois disponibles dans le secteur numérique ou commercial.

Les bénéficiaires, souvent marqués par un parcours scolaire chaotique ou un chômage de longue durée, sont intégrés dans un parcours structuré qui inclut un soutien psychologique, des ateliers de rédactions de CV et des stages. « On ne les abandonne pas, on co-construit leur projet », insiste Marie Duval. Les premiers retours pilotes indiquent déjà une augmentation de 30 % des candidatures soumises après trois mois d’accompagnement.

Avec ces initiatives, l’engagement de la communauté et l’implication des entreprises locales se révèlent cruciaux pour garantir des résultats tangibles. Les participants apprennent non seulement à naviguer dans le monde numérique, mais aussi à se projeter dans un avenir professionnel plein de promesses.

Partenariats et financements locaux

La Ville de Strasbourg apporte un soutien logistique en mettant à disposition ses espaces de médiation numérique. Des coopérations avec les universités enrichissent les formations, tandis que le Fonds Social Européen (FSE+) finance une partie des actions visant l’inclusion des jeunes âgés de 16 à 29 ans. « C’est un cercle vertueux pour l’emploi local », déclare un responsable municipal.

L’association AMSED, reconnue par la Commission Européenne, contribue également avec son expertise en matière d’éducation interculturelle. Ensemble, elles projettent de former plus de 100 professionnels afin d’accompagner 2 000 jeunes d’ici 2027. Des entreprises alsaciennes, notamment celles de l’Eurodistrict Strasbourg-Ortenau, s’engagent également pour proposer des stages transfrontaliers.

Ces partenariats représentent une véritable force pour le projet, permettant une mise en réseau efficace des ressources et des compétences au service des jeunes. La collaboration avec les différents acteurs institutionnels et privés est essentielle pour pérenniser les initiatives mises en place.

Témoignages de terrain

Parmi les premiers bénéficiaires, Adam, 22 ans, originaire du Neuhof, témoigne de son expérience : « Grâce aux ateliers, j’ai décroché un entretien en visio pour un poste en logistique. Sans ça, j’étais largué. » Une conseillère numérique, récemment embauchée localement, ajoute : « On voit les yeux s’illuminer quand ils maîtrisent un outil simple. »

Yann Parisot n’hésite pas à saluer cette initiative : « Dans un contexte de restrictions budgétaires, ces projets citoyens comblent les lacunes des missions locales. » Il demande cependant un renforcement des financements publics pour faire croître ces efforts.

Leurs histoires individuelles témoignent de l’importance de ces programmes et de l’impact direct qu’ils peuvent avoir sur la vie des jeunes. Chaque succès, petit ou grand, contribue à bâtir une communauté plus forte et plus résiliente.

Perspectives pour l’emploi strasbourgeois

Ce projet est en adéquation avec le programme FSE+ Emploi-Inclusion-Jeunesse, qui favorise l’insertion par l’emploi des personnes en difficulté. À Strasbourg, où deux Écoles de la 2e Chance sont déjà en activité, il ajoute une dimension numérique indispensable. L’embauche de 15 conseillers permet de créer des emplois stables au sein des quartiers.

Pour les habitants, l’impact se manifeste clairement par une meilleure participation civique via les plateformes municipales, ainsi qu’un tremplin vers des formations qualifiantes. Marie Duval envisage d’étendre ce modèle à d’autres communes du Bas-Rhin d’ici 2027.

La dynamique en cours est prometteuse, avec un intérêt croissant pour l’éducation numérique parmi les jeunes. Cela représente une occasion en or pour renforcer l’économie locale tout en particulièrement adaptable aux défis émergents du travail. La mobilisation et la sensibilisation resteront cruciales pour maximiser les résultats obtenus.

Défis et ambitions futures

Malgré l’optimisme, certains défis demeurent, tels que la saturation des centres sociaux. « Il faut plus de moyens pour suivre tous les jeunes NEET », alerte une travailleuse sociale de Hautepierre. Marie Duval, quant à elle, affiche une ambition claire : doubler le nombre de sessions en 2026 grâce à des financements européens.

Ce projet incarne la résilience de Strasbourg face aux inégalités. En misant sur l’innovation solidaire, il redonne espoir à une génération souvent mise de côté, tout en dynamisant l’économie locale. Les prochaines cohortes débutent en janvier 2026, avec déjà 50 inscriptions enregistrées, et l’espoir d’un avenir meilleur pour tous les participants.

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