Gestion publique du stationnement à Strasbourg pour optimiser les revenus

Parcus+ voirie : la gestion publique du stationnement à Strasbourg pour optimiser les revenus

Depuis le 1er décembre 2025, la Ville de Strasbourg a repris la gestion du stationnement payant en voirie en confiant l’exploitation à la société publique locale, Parcus+ voirie. Cette décision vise à optimiser les recettes et la gestion du service public, après la fin du contrat avec l’opérateur privé Streeteo-Indigo. Votée en conseil municipal en juin 2024, cette initiative marque un tournant vers une maîtrise publique des recettes, qui représentent « une quinzaine de millions d’euros chaque année » pour la collectivité.

Les raisons d’un retour à une gestion publique

La municipalité écologiste a justifié le transfert par la volonté de « mieux maîtriser la politique du stationnement » et d’optimiser les moyens dédiés à ce service. La transition vers une régie publique a également pour but de concilier objectifs écologiques et gestion financière, tout en répondant aux priorités locales, telles que la mise en œuvre de la zone à faibles émissions mobilité (ZFE-m) et les changements de circulation sur la M35.

Selon des documents d’analyse publiés en 2025, les recettes ont fortement augmenté ces dernières années, avec une hausse de 19 % en 2023. Ce phénomène est en grande partie dû à l’extension des zones payantes et à l’augmentation des zones tarifaires rouges, générant ainsi des tensions sociales dans certains quartiers. Pour en savoir plus sur ces changements, vous pouvez consulter l’article sur la gestion publique du stationnement à Strasbourg.

Modalités concrètes et impact sur l’activité quotidienne

Parcus+ voirie dispose d’un capital entièrement public, composé à 95 % de la Ville et à 5 % de l’Eurométropole. Elle reprend l’ensemble des missions opérationnelles, telles que l’entretien des horodateurs, le contrôle, la relation usagers et le recouvrement. Tous les agents volontaires de l’ancien délégataire ont été proposés à la reprise, et la flotte comportera des véhicules de contrôle, dont une « voiture-radar » qui sera transférée à la nouvelle structure dès le début du mois de décembre 2025.

Un guichet physique a été installé au niveau 0 du centre administratif, place de l’Étoile, pour accueillir les usagers, enregistrer les personnes en situation de handicap et gérer les forfaits professionnels. Ce point d’accueil vise à simplifier les démarches et à offrir un meilleur service aux usagers.

Optimiser les revenus sans écraser les usagers

L’ambition de maximisation des recettes ne se limite pas à un aspect financier : la Ville souhaite aussi favoriser la rotation des véhicules et promouvoir l’usage des transports en commun dans le cadre d’une démarche climatique. En parallèle, les recettes demeurent essentielles pour financer les politiques publiques locales.

Pour soutenir les professionnels, la Ville maintient des dispositifs tels que les forfaits et la liste des plaques professionnelles, désormais gérés par Parcus+ voirie, afin d’assurer la continuité économique des entreprises locales, y compris garagistes, livreurs et artisans. Cela illustre une volonté de garantir un équilibre entre les besoins des usagers et ceux des entreprises.

Tensions locales et représentations citoyennes

L’extension du stationnement payant vers des quartiers comme le Neudorf ou l’Orangerie a suscité des crispations, certains habitants dénonçant une charge financière supplémentaire et des inégalités d’accès à la voirie. Un rapport rendu public début décembre 2025 a « embarrassé » la municipalité en indiquant que la réforme, bien qu’ayant conduit à une augmentation des recettes, a parfois restreint l’accessibilité pour certains ménages et complexifié les usages quotidiens.

Un riverain rencontré près de la place Broglie a exprimé son ressenti : « On se sent visés : on paie plus pour se garer et on a l’impression que l’argent part dans des comptes que personne n’explique ». Le maire de Strasbourg, dans une allocution de lancement, a assuré que la SPL fournirait davantage de « lisibilité et d’orientation des recettes vers les investissements locaux », sans toutefois détailler toutes les priorités de redistribution. Les inquiétudes des citoyens soulignent l’importance d’un dialogue constant et d’une transparence accrue.

Informations-clés sur le marché et son déploiement

Le marché confié à Parcus+ voirie est établi pour une durée de 15 ans à compter du 1er décembre 2025. Ce délai permettra d’amortir les investissements et d’installer des outils numériques et opérationnels adaptés. Les recettes annuelles du stationnement sur voirie restent de l’ordre de plusieurs millions d’euros, comme l’indique régulièrement la municipalité.

L’observatoire du stationnement animé par l’ADEUS surveille attentivement les dynamiques tarifaires et spatiales, notamment depuis l’émergence de la dépénalisation du stationnement payant et de la loi MAPTAM. Parcus+ développement, la maison mère historique qui gère déjà plusieurs parkings (Halles, Petite France, Étoile, etc.), verra son périmètre étendu pour inclure Schiltigheim et Bischheim à partir du 1er janvier 2026. Cette extension montre l’engagement de la Ville à répondre à une demande croissante en matière de stationnement. Pour plus d’informations, vous pouvez lire l’article sur la gestion du stationnement à Strasbourg.

Numérique, guichets et accessibilité

Bien que les applications mobiles tierces comme EasyPark et Indigo Neo restent utilisables, Parcus+ voirie prévoit de lancer sa propre application en 2026. Cette dernière centralisera le paiement, les informations et la gestion des forfaits. La Ville a également prévu des mesures d’accessibilité pour les titulaires de la carte mobilité inclusion-stationnement, qui pourront s’enregistrer au guichet place de l’Étoile.

Des dispositifs expérimentaux, comme le Pass Stationnement (12 jours gratuits par an pour les visiteurs d’un résident), sont en cours d’évaluation jusqu’à fin 2025 pour éventuellement être pérennisés. Ces initiatives visent à favoriser une accessibilité accrue et à encourager les visites dans le centre-ville.

Perspectives et attentes des Strasbourgeois

Les représentants des commerçants et des associations de riverains adoptent une attitude prudente. Un porte-parole de l’Union des Commerçants du centre-ville a déclaré : « Nous ne sommes pas opposés à une gestion publique, mais nous voulons des garanties sur la transparence des recettes et la prise en compte des situations sociales ». Les élus écologistes, de leur côté, rappellent que la priorité est de réduire l’usage automobile en centre-ville et de réorienter les recettes vers les mobilités douces et les transports collectifs.

L’ADEUS et l’observatoire du stationnement insistent sur la nécessité d’un suivi fin et public des indicateurs d’accessibilité, de rotation et de recettes pour évaluer si la SPL atteint ses objectifs. Cela devrait permettre d’assurer un équilibre entre les différentes parties prenantes et de répondre aux enjeux de mobilité urbaine.

Attentes des citoyens face à ces changements

Pour les habitants, les changements se traduiront d’abord par une nouvelle organisation de l’accueil et des modalités de paiement, incluant un guichet central et une future application dédiée. À terme, les arbitrages municipaux détermineront l’utilisation des recettes. La Ville assure que la reprise publique offrira une plus grande flexibilité tarifaire et des politiques ciblées, mais tout dépendra des décisions concernant l’affectation des quinze millions d’euros annuels issus du stationnement en voirie.

Parcus+ voirie entre donc dans une phase d’installation opérationnelle et d’observation, avec l’enjeu majeur de concilier optimisation des revenus et politique de mobilité juste et lisible pour les Strasbourgeois. Les enjeux de communication et de transparence seront cruciaux pour construire une relation de confiance avec les usagers.