Perturbations et blocages sur la M35 impactent fortement la circulation des Strasbourgeois début septembre 2025

Perturbations et blocages sur la M35 : une matinée noire pour la circulation des Strasbourgeois

La matinée du mercredi 10 septembre 2025 a été marquée par des perturbations majeures sur la M35, un axe vital pour les automobilistes strasbourgeois. Dès 7 h, des blocages liés à la journée de mobilisation nationale « Bloquons tout » ont profondément impacté la circulation.

Ces actions de protestation, rassemblant des milliers de participants, visent à dénoncer le plan d’austérité du gouvernement, avec des effets immédiats sur les trajets domicile-travail des habitants de l’Eurométropole. Pour plus de détails sur les actions récentes, consultez l’article sur les perturbations de septembre 2025.

Un blocage organisé dès l’aube sur la M35

Un rendez-vous discret, une action très visible

Le blocage de la M35 avait été préparé. Selon plusieurs témoignages, des tracts circulaient depuis le lundi 8 septembre, lors d’un rassemblement place Kléber, présenté ironiquement comme un « pot de départ de Bayrou ». Des opposants au gouvernement avaient donné rendez-vous à 7 h à l’arrêt de tram Montagne Verte.

Mercredi matin, entre 150 et 200 personnes, majoritairement des jeunes, répondent à l’appel et se déploient sur la chaussée. Après avoir ralenti le trafic, ils franchissent les glissières de sécurité pour former un cordon humain, allumant des fumigènes qui rendent la scène impressionnante pour les automobilistes bloqués.

« On a vu d’un coup des gens courir sur la voie, avec des fumigènes rouges, on a compris que plus personne n’avancerait », relate Lucas, 32 ans, en route vers son travail à Illkirch. Le blocage est signalé dans le sens Strasbourg–Colmar, avec de grands ralentissements également dans l’autre direction.

Une fermeture complète et plus de 10 km de bouchons

Péruad après 7 h, la circulation est entièrement interrompue sur la M35 au niveau de Montagne Verte. Selon les services autoroutiers, entre 70 et 80 manifestants occupent durablement les voies. Les agents de la CRS confirment que le trafic est « très fortement ralenti » en direction de Colmar.

Les conséquences se font rapidement sentir, engendrant des bouchons de près de 10 kilomètres sur la M351, la M352 et une partie de l’A35, rendant l’accès au centre-ville particulièrement difficile. De nombreux automobilistes tentent de sortir par les échangeurs de Hautepierre, Cronenbourg et la Porte Blanche, saturant les boulevards urbains.

« On a mis 1 h 30 pour faire un trajet qui prend d’habitude 20 minutes », témoigne Sarah, habitante d’Ostwald. Les retards s’accumulent pour les salariés et livreurs alors que la matinée de travail est déjà bien entamée.

Une intervention rapide mais tendue des forces de l’ordre

Gaz lacrymogènes et dispersion

La police, rapidement alertée, intervient afin de dégager la M35. Les CRS se positionnent à Montagne Verte et engagent une opération de dispersion. Face au refus des manifestants de quitter la chaussée, ils utilisent des gaz lacrymogènes pour les repousser.

Les manifestants redescendent côté Montagne Verte, mais le cortège reste uni. Des slogans comme « Pour les retraites, il faut bloquer ! » raisonnent dans l’air, sans qu’aucun blessé grave ne soit signalé. Selon la police nationale du Bas-Rhin, sept personnes ont été interpellées durant la journée, dont six au niveau des Ponts Couverts et une devant le lycée Fustel-de-Coulanges.

Réouverture progressive de l’axe

Après un premier dégagement, une partie des manifestants revient temporairement sur les voies à 8 h, entraînant une nouvelle interruption. Les CRS constatent alors environ 70 à 80 personnes encore présentes sur la chaussée. La circulation reste interrompue dans le sens Strasbourg–Colmar pendant plusieurs dizaines de minutes.

Ce n’est qu’après 8 h 30 que la M35 est officiellement rouverte dans les deux sens. Les automobilistes redémarrent lentement, mais les bouchons mettent plus d’une heure à se résorber complètement. Des ralentissements persisteront sur certains sorties et ronds-points jusqu’en fin de matinée.

Une journée de mobilisation d’ampleur à Strasbourg

“Bloquons tout” : la M35 comme symbole

Le blocage de la M35 s’inscrit dans une journée de perturbations intenses dans la capitale alsacienne. Tout au long du 10 septembre, différentes opérations de ralentissement sont menées sur plusieurs grands axes d’entrée, soutenues par des syndicats comme la CGT, FSU, Solidaires et FO.

L’autoroute M35 devient un symbole, car elle gère une partie significative des flux de marchandises et des navetteurs de la périphérie. « Si on veut se faire entendre, il faut toucher à ce qui fait tourner l’économie, c’est-à-dire les flux », souligne Camille, militante de 24 ans. Pour des informations sur cette mobilisation, découvrez les mobilisations du 18 septembre.

En centre-ville, une manifestation regroupant plusieurs milliers de personnes parcourt les quais et la place de la République. Les participants varient selon les sources, allant de 4 900 selon la préfecture à plus de 10 000 selon les organisateurs. La maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian, salue brièvement le cortège, exprimant sa solidarité tout en appelant au respect de la sécurité de tous.

Transports en commun sous tension mais fonctionnels

Les transports en commun strasbourgeois, bien que touchés, conservent un service global. Un préavis de grève a été déposé à la CTS, l’exploitant du réseau tram-bus, entraînant seulement des perturbations sur certaines lignes. Malgré des fréquences réduites, le service reste assuré sur les lignes principales.

Les bus continuent de circuler mais subissent des retards. « On a fait en sorte de maintenir un maximum de trajets, en particulier pour les scolaires et les salariés qui n’ont pas d’autre solution », indique un porte-parole de la CTS. Les TER en Alsace subissent également des perturbations, mais les TGV et trains internationaux circulent normalement.

Un impact concret sur la vie quotidienne des habitants

Des retards en cascade, mais aussi de la compréhension

Pour les résidents de l’Eurométropole, cette journée de blocage se traduit par des altérations de leurs emplois du temps, avec des retards répartis sur divers points de la ville. Les quartiers comme Montagne Verte, Koenigshoffen et Ostwald sont parmi les plus touchés.

Si l’exaspération est forte, certains automobilistes restent compréhensifs. « C’est très pénalisant, j’ai mis une heure de plus pour arriver à l’hôpital où je travaille, mais je comprends la colère derrière », évoque Nadia, infirmière. D’autres, comme Philippe, commercial à Colmar, déclarent : « On prend en otage les gens qui n’ont rien demandé ».

Les commerçants du centre-ville notent une baisse de fréquentation, en partie compensée l’après-midi. Dans certaines écoles, des retards d’élèves et d’enseignants sont signalés, mais les cours sont majoritairement assurés. Des blocages filtrants devant plusieurs lycées compliquent encore la circulation dans le cœur de la ville.

Une question récurrente : jusqu’où aller dans le blocage ?

Au lendemain des événements, une discussion s’installe autour de la légitimité des actions qui ciblent de grands axes comme la M35. Les autorités qualifient ces actions d’« entraves graves à la circulation », soulignant les dangers potentiels en cas d’accident.

Les militants, pour leur part, défendent leur approche. « Si on se contente de défiler sur les trottoirs, personne ne nous écoute », fait remarquer un membre de « Bloquons tout ». Le débat entre droit à la mobilité et droit de manifester se retrouve ainsi au cœur des tensions sociales.

Et après ? Des Strasbourgeois partagés entre colère et inquiétude

La plupart des axes retrouvent un fonctionnement normal dès le lendemain, toutefois, la colère perdure chez certains usagers. Des associations d’automobilistes demandent des mesures de prévention accrues près de la M35 pour éviter de futurs blocages.

Les syndicats et le collectif « Bloquons tout » évoquent des actions à venir si le gouvernement maintient son plan d’austérité. « Le 10 septembre a montré que Strasbourg n’est pas en marge de la colère sociale », conclut un politologue local. La nécessité de trouver un équilibre entre pression sur les décideurs et mobilité des 500 000 habitants de l’agglomération reste cruciale face à des mouvements de protestation futurs.