Strasbourg à l’assaut de la transformation numérique
La ville de Strasbourg, accompagnée de l’Eurométropole, se lance résolument dans une transformation numérique d’envergure d’ici 2025. L’accent est mis sur la simplification des démarches administratives pour améliorer la vie quotidienne des habitants. Ces initiatives visent à rendre les services publics plus accessibles tout en renforçant l’inclusion sociale.
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Beecome : un soutien essentiel pour les entreprises locales
Dans le cadre de cette dynamique, l’Eurométropole de Strasbourg a mis en place le dispositif Beecome. Ce programme soutient les petites entreprises de moins de 50 salariés dans leur transition numérique, et s’adresse à l’ensemble des 33 communes du territoire, en touchant tous les secteurs à l’exception du numérique pur. Le dispositif offre un diagnostic gratuit sur les usages numériques, des conseils d’experts de la [CCI Alsace Eurométropole](https://www.alsace.eu/cci) ou de la [Chambre de Métiers d’Alsace](https://www.cma-alsace.fr), ainsi que des ateliers pratiques.
Beecome permet aux commerçants de la ville de développer leurs services en ligne et d’accroître leurs ventes physiques. Pour toute initiative d’investissement, une subvention de 50 % est disponible, plafonnée à 3 000 euros. Un boulanger du quartier Krutenau, bénéficiaire précoce du programme, s’exprime : « Ce soutien concret permet aux artisans du centre-ville de concurrencer les géants du web sans se ruiner ».
Simplification des démarches administratives : une priorité pour les habitants
La transformation numérique vise à éliminer les lourdeurs administratives qui compliquent la vie des habitants. D’ici fin 2025, de nouvelles plateformes en ligne unifiées permettront aux utilisateurs de déclarer un changement d’adresse ou de solliciter une aide sociale en quelques clics. Ce service sera accessible depuis des smartphones ou des ordinateurs publics, et sera mis en place dans les mairies de proximité, comme à Neudorf ou Cronenbourg, diminuant ainsi les files d’attente et les déplacements superflus.
Ces avancées sont particulièrement bénéfiques pour les seniors et les familles monoparentales, souvent isolés dans les quartiers périphériques. « Plus besoin de se déplacer sous la pluie pour un timbre fiscal », se réjouit Marie, résidente de Hautepierre. L’objectif est de réduire le temps moyen des démarches, passant de 45 minutes à seulement 20 minutes. Les formations mises en place pour aider les utilisateurs à naviguer ces nouveaux systèmes sont également une pierre angulaire de cet effort.
Numérique en Commun[s] 2025 : Strasbourg sur la scène nationale
Les 29 et 30 octobre 2025, le Palais Universitaire de Strasbourg accueillera la 8e édition de Numérique en Commun[s] (NEC), un événement important co-organisé par la Ville, l’Eurométropole et l’[Agence Nationale de la Cohésion des Territoires (ANCT)](https://www.anct.gouv.fr). Le thème principal sera « Un numérique en faveur de l’émancipation des citoyens et des citoyennes ». Près de 2 000 participants, parmi lesquels élus, associations, entrepreneurs et citoyens, seront présents pour débattre des bonnes pratiques locales et européennes.
Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, inaugurera la manifestation. Elle se rendra au stand de l’Eurométropole pour découvrir le Conseil Eurométropolitain du Numérique Responsable (CENR), un espace de dialogue citoyen unique en France. « Strasbourg montre la voie d’un numérique inclusif, ancré dans les territoires », a déclaré la ministre lors d’une récente annonce. Cet événement sera non seulement une vitrine pour les initiatives strasbourgeoises mais aussi une plateforme d’échanges d’idées entre les différentes parties prenantes.
Des parcours thématiques pour tous les participants
Le programme de NEC 2025 propose six parcours thématiques, chacun répondant à des besoins spécifiques. Les concepteurs de services aborderont la durabilité des projets numériques et l’ouverture des gouvernances des systèmes d’information. Les médiateurs numériques des maisons de quartier, par exemple, examineront les stratégies d’accompagnement pour les publics vulnérables.
Des ateliers pratiques mettront en lumière des initiatives locales, comme l’utilisation d’outils de communication à distance pour les associations de Robertsau. La DINUM (Direction interministérielle du numérique) présentera ses communs numériques ainsi que l’incubateur IA ALLiaNCE, conçu pour les services publiques locaux. Ces échanges visent à renforcer l’autonomie des habitants face aux enjeux du numérique au quotidien. En intégrant divers acteurs de la société dans le processus, Strasbourg montre comment un écosystème collaboratif peut être bénéfique pour tous.
Inclusion sociale : un enjeu majeur pour les quartiers populaires
À Strasbourg, environ 15 % des ménages restent touchés par la fracture numérique, particulièrement dans les quartiers tels que Robertsau ou l’Empire. Les nouvelles mesures introduites prévoient des formations gratuites dans les bibliothèques municipales ainsi que l’installation de points d’accès wifi libres dans les 28 maisons de quartier. Les initiatives Beecome et NEC font écho à cette problématique, facilitant la connexion des habitants aux filières numériques locales.
« Notre ambition est de faire de Strasbourg une ville où personne ne soit laissé pour compte par le numérique », souligne un élu de l’Eurométropole. Des récents retours d’expérience, issus des hubs Mednum, montrent une augmentation de 30 % des inscriptions aux aides sociales grâce aux plateformes en ligne, permettant à des familles immigrées du Neuhof d’accéder plus aisément aux allocations familiales. Cela illustre l’importance de ne pas laisser les communautés marginalisées derrière et souligne la nécessité de stratégies d’inclusion efficaces.
Des impacts mesurables sur la vie quotidienne des Strasbourgeois
Pour les cyclistes pressés ou les parents débordés vivant à Koenigshoffen, ces évolutions visent à simplifier le quotidien. Imaginez pouvoir payer vos impôts locaux via une application dédiée, ou réserver un emplacement de stationnement intelligent en temps réel. Selon les données de l’Eurométropole, une réduction de 25 % des appels au service client a été constatée depuis le lancement des pilotes en 2024.
Les commerces de proximité, soutenus par le programme Beecome, intègrent des innovations telles que les paiements sans contact et la gestion à distance des stocks. Cette intégration dynamise l’économie locale et préfigure la création de 500 emplois numériques d’ici 2026 au sein de l’agglomération. Les habitants peuvent ainsi profiter d’une vie moins stressante sur le plan administratif, tout en retrouvant du temps pour leurs familles ou pour des balades le long de l’Ill. En somme, cette transformation numérique a le potentiel de redéfinir la manière dont les Strasbourgeois interagissent avec leur ville et entre eux.
Défis à surmonter et perspectives d’un numérique responsable
Cependant, des défis subsistent, notamment en matière de cybersécurité et de protection des données personnelles. Le CENR, récemment visité par la ministre Le Hénanff, a pour mission de rassembler citoyens et experts afin de prendre des décisions éthiques. Strasbourg manifeste également son engagement en faveur des logiciels libres, une initiative soutenue par la DINUM, pour garantir une indépendance par rapport aux grandes entreprises américaines.
À long terme, ces efforts permettront à l’Eurométropole de se positionner en tant que leader dans la région Grand Est. Les retours des habitants, recueillis lors d’ateliers préparatoires au NEC, mettent en avant l’importance de l’accessibilité : interfaces en alsacien, tutoriels audio pour les malvoyants. « C’est un numérique au service de l’humain, pas l’inverse », conclut un médiateur du quartier Orangerie. Cette approche centrée sur l’humain est cruciale pour s’assurer que toutes les voix soient entendues dans le processus de transformation numérique.
Vers une émancipation collective de Strasbourg
Strasbourg transforme ses ambitions en actions concrètes. Grâce à Beecome pour soutenir les entreprises, Strasbourg accélère sa transformation numérique pour favoriser l’innovation et les nouvelles plateformes pour tous, la ville cherche à alléger le poids des démarches administratives tout en renforçant les liens sociaux. Les habitants, du centre historique aux faubourgs, bénéficieront de ces changements, contribuant ainsi à la construction d’une métropole plus fluide et solidaire. Ce parcours vers l’émancipation collective mise sur l’interaction citoyenne et une participation inclusive pour bâtir un avenir numérique durable.
