Jeanne Barseghian lance un nouveau projet de verdissement urbain pour améliorer la qualité de vie à Strasbourg d’ici 2026

À Strasbourg, Jeanne Barseghian mise sur un nouveau « choc de verdure » d’ici 2026

La maire écologiste de Strasbourg, Jeanne Barseghian, a dévoilé un **nouveau projet de verdissement urbain** qui transformera plusieurs quartiers de la ville d’ici 2026. L’initiative vise à lutter contre les îlots de chaleur et à améliorer la qualité de vie des habitants. Ce projet, annoncé dans le cadre du Plan climat adopté en 2020, entend marquer la fin de son premier mandat tout en se présentant comme une vitrine pour les élections municipales de 2026.

Comme l’affirme l’entourage de la maire, l’objectif est de « passer à la vitesse supérieure » en matière de végétalisation. Après une première phase jugée essentielle mais encore insuffisante face aux épisodes de chaleur récurrents et aux attentes des riverains, ce projet doit être présenté en détail au conseil municipal en 2025, avec un calendrier des travaux s’étendant jusqu’à fin 2026.

Un projet qui s’inscrit dans le Plan climat et le Plan Canopée

Ce programme s’appuie sur les résultats du **Plan climat** strasbourgeois, initié en 2020 et comprenant 130 actions, dont 92 % sont déjà engagées ou achevées. Ce plan inclut un axe « ville résiliente » visant la biodiversité, les îlots de fraîcheur et l’intégration de la nature en milieu urbain. Pour plus d’informations, consultez le site officiel de la ville de Strasbourg.

Depuis 2020, la municipalité met en avant son **Plan Canopée**, visant à accroître la couverture arborée sur le territoire communal. Entre 2020 et 2025, la Ville a planté 5 589 arbres et végétalisé 100 000 m² supplémentaires, notamment dans les parcs, aux abords des écoles et dans les cours d’immeubles. Ce socle sera la fondation du nouveau projet qui prévoit d’aller « plus loin, plus vite et dans plus de quartiers », selon un élu de la majorité.

Davantage d’arbres, de micro-forêts et de refuges de biodiversité

Le projet se concentre sur une **accélération des plantations d’arbres** dans l’espace public, particulièrement dans les quartiers les plus minéralisés tels que le centre-ville, le long des grandes artères routières, ainsi que dans certaines zones comme l’Elsau, le Neuhof et Cronenbourg. Des opérations de désimperméabilisation des places et trottoirs sont prévues pour créer des alignements d’arbres et des massifs arbustifs.

La municipalité envisage également de reproduire l’expérience des **micro-forêts urbaines**, déjà mises en place à Cronenbourg et au Neuhof, où des sites ont été établis comme refuges pour la biodiversité. D’autres implantations sont projetées près du parc des Romains, sur des friches ou des parkings en réaménagement. « Nous voulons que chaque Strabourgeois ait, à quelques minutes à pied, un espace de fraîcheur et de nature », souligne une élue chargée de la biodiversité.

Quartiers visés et espaces publics clés

Ce projet cible plusieurs **secteurs clés de Strasbourg**, en combinant grands espaces et maillage local. En centre-ville, l’accent sera mis sur les places très minéralisées, près de la Grande-Île et des quais, zones à forte fréquentation touristique exposées à de plus en plus d’épisodes de chaleur. Des solutions sont à l’étude pour renforcer l’ombre près des arrêts de tram et de bus.

Dans les quartiers périphériques, la priorité sera donnée aux zones qui cumulent trafic automobile, faible couvert arboré et forte densité de population. Des territoires tels que Cronenbourg, le Neuhof, la Meinau et Hautepierre sont souvent cités par les élus quand il s’agit d’îlots de chaleur. Les cours d’immeubles sociaux, les abords des écoles et les cheminements piétons seront ciblés pour établir des continuités de fraîcheur.

L’éducation à travers les espaces verts

Les **écoles strasbourgeoises** ont déjà bénéficié d’initiatives de végétalisation dans le cadre du Plan climat, incluant la création de cours plus perméables et ombragées. Le nouveau projet vise à systématiser cette approche, transformant les cours en véritables « îlots de fraîcheur éducatifs ».

Cela s’inscrit dans d’autres politiques municipales axées sur les enfants, comme les **rues scolaires**, qui sont déjà vues comme l’une des grandes réussites du mandat de Jeanne Barseghian. Ces rues piétonnes autour des établissements scolaires pourraient être davantage végétalisées, rendant l’environnement plus agréable pour les familles. « Les enfants seront les premiers bénéficiaires de cette transformation, mais ce sont tous les habitants qui en profiteront », affirme la majorité.

Engagement citoyen et financement participatif

La Ville désire s’appuyer sur les dispositifs déjà en place pour impliquer les citoyens dans ce nouveau volet de verdissement. Depuis 2020, **274 projets “Strasbourg ça pousse”** ont été menés, encourageant plantations, jardins de pied d’immeuble et autres initiatives de végétalisation portées par les riverains. De plus, Strasbourg compte maintenant 40 jardins partagés, dont 11 créés depuis 2020.

Le **budget participatif** sera également utilisé pour aider au financement d’aménagements verts à proximité. Sur les saisons 2 et 3, quatre millions d’euros ont déjà été dédiés à 35 projets lauréats, dont plusieurs liés à la nature en ville. « Les habitants nous demandent du vert, du frais et des lieux où se retrouver. Le budget participatif est un moyen pour que ces souhaits se concrétisent dans les quartiers », souligne un adjoint impliqué dans le processus.

Répondre aux diverses attentes des citoyens

Les attentes des citoyens varient d’un quartier à l’autre. Dans certaines zones très denses, les habitants expriment un besoin urgent d’**espaces ombragés**, de bancs et de jeux pour enfants à l’abri du soleil. D’autres régions privilégient la préservation de zones naturelles existantes ou la création de jardins partagés comme lieux de convivialité.

La municipalité doit également tenir compte des préoccupations de certains commerçants et riverains, inquiets de la perte potentielle de places de stationnement ou des désagréments engendrés par les travaux. Les services techniques insistent sur l’importance d’étaler les chantiers, surtout dans les rues commerçantes et dans les quartiers où la mobilité a déjà connu des réorganisations.

Enjeux climatiques et sociaux à Strasbourg

Derrière cette initiative se profile un **enjeu climatique** bien concret pour les Strasbourgeois. Les vagues de chaleur, devenues fréquentes pendant l’été, accentuent les inégalités entre les quartiers selon qu’ils sont dotés ou non d’arbres, de parcs ou de cours d’eau. La municipalité souligne que la végétalisation aide à réduire les températures locales, à améliorer la qualité de l’air et à minimiser les risques sanitaires liés aux canicules, surtout pour les personnes âgées et les enfants.

Le projet vise également un aspect **social** : offrir des espaces de détente aux familles qui manquent parfois de verdure privée ou de balcons. « Le verdissement urbain n’est pas un “plus” esthétique, c’est un enjeu de santé publique et de justice sociale », affirme un élu écologiste, qui voit ces aménagements comme une opportunité de rendre certains quartiers plus attractifs et apaisés.

Un projet au cœur des débats politiques à Strasbourg

Cet ambitieux programme de verdissement intervient dans un contexte politique déjà tendu en vue des **municipales de 2026**. nouveau programme de verdissement où la majorité écologiste fait face à des critiques de l’opposition. Celle-ci remet en question certaines mesures de la mandature, comme la diminution de l’éclairage public nocturne et l’augmentation des tarifs de stationnement pour dissuader l’utilisation de la voiture. Il leur sera possible de reprocher à la maire de privilégier des aménagements symboliques au détriment de priorités perçues comme plus urgentes.

Pour Jeanne Barseghian, qui envisage un second mandat, le verdissement urbain représente un **marqueur politique** fort et un thème fédérateur pour la gauche strasbourgeoise. « Soit on est de gauche et l’on vote Jeanne Barseghian, soit on est de droite », résume l’un de ses soutiens pour mettre en avant ce clivage. La réussite de ce projet de verdure, tangible et visible, pourrait fortement influencer le jugement des Strasbourgeois sur son mandat.

Anticipations financières et implications pour 2026

D’un point de vue financier, la municipalité sera amenée à jongler entre les différentes priorités du Plan climat et les capacités budgétaires de la Ville. Les montants alloués spécifiquement à ce nouveau projet de verdissement n’ont pas été dévoilés, mais ils devraient inclure des crédits municipaux, des enveloppes pour la transition écologique et éventuellement des financements de l’Eurométropole ou de programmes nationaux.

Avant 2026, les habitants auront l’opportunité d’évaluer la mise en œuvre du projet selon des critères concrets : **le nombre d’arbres plantés** dans leur rue, la transformation visible de leurs places de quartier, et la création de nouveaux jardins partagés ou d’espaces ombragés à proximité de leur domicile. La majorité mise sur la proximité et promet que les résidents seront informés et impliqués en amont des principaux chantiers. Pour beaucoup de Strasbourgeois, la question demeurera : leur ville sera-t-elle réellement plus verte et vivable dans deux ans qu’au début de ce mandat ?