Grève des enseignants à Strasbourg provoquant la fermeture d’une école pour manque d’accompagnants d’élèves handicapés en septembre 2025

Grève des enseignants à Strasbourg : fermeture d’une école pour absence d’accompagnants d’élèves handicapés en septembre 2025

Contexte de la grève et fermeture exceptionnelle

À Strasbourg, une grève des enseignants a conduit à la fermeture totale d’une école primaire en septembre 2025, en raison d’un manque d’accompagnants d’élèves handicapés (AESH). Cet événement rare met en avant les tensions persistantes dans l’Éducation nationale locale, aggravées par des pénuries de personnel. Les parents, pris au dépourvu, ont dû trouver des solutions pour la garde de leurs enfants.

L’établissement concerné, situé dans le quartier de la Robertsau, n’a pas pu assurer ses activités faute de ces accompagnateurs indispensables. Sans AESH, l’école ne pouvait respecter les obligations légales d’inclusion des élèves à besoins spécifiques. La Ville de Strasbourg a mis en place un service minimum d’accueil (SMA), mais celui-ci était limité aux cas où au moins 25 % des enseignants étaient grévistes. De plus, cette situation vient s’ajouter au contexte actuel de grève reconductible impactant fortement les transports en commun à Strasbourg grève impactant les transports.

Les revendications des enseignants et des AESH

La grève s’inscrivait dans un mouvement plus large, lancé le 18 septembre 2025 par le [SNUipp-FSU 67](https://www.snuipp.fr) qui appelait à une mobilisation pour « un vrai budget pour l’école ». Les enseignants dénonçaient les manques chroniques d’accompagnants et d’enseignants spécialisés. À Strasbourg, ces revendications étaient soutenues par des syndicats tels que la [FSU](https://www.fsu.fr) et la [CFDT](https://www.cfdt.fr), qui organisaient des rassemblements devant le rectorat.

Le 16 décembre 2025, une centaine de personnes comprenant des AESH, des enseignants et des parents se sont rassemblées rue de la Toussaint. Ils exigeaient un statut de fonctionnaire catégorie B pour les AESH, un salaire décent avec 24 heures devant les élèves, et un maximum de deux élèves par accompagnant. « Nous ne pouvons pas offrir un accompagnement de qualité avec ces ratios absurdes », a témoigné une AESH anonyme lors du rassemblement.

Crise de recrutement : au cœur du malaise

Le rectorat de Strasbourg fait face à une crise aiguë de recrutement. Pour la session 2025 du concours des professeurs des écoles, seuls 300 postes ont été ouverts, conformément à l’arrêté ministériel du 24 février 2025. Neuf lauréats de la liste complémentaire ont été appelés en juillet suite à des désistements, mais aucun nouvel appel n’était prévu pour 2025-2026.

Vanessa Koehler, onzième sur cette liste complémentaire, a lancé une grève de la faim le 28 octobre 2025 devant le rectorat pour dénoncer cette « inhumanité ». « Je veux tout donner à ce métier, c’est ma vocation », a-t-elle déclaré, pancarte en main. Le rectorat lui avait suggéré de postuler comme contractuelle, une solution provisoire moins coûteuse, mais sans garantie de titularisation.

Impact direct sur les familles strasbourgeoises

Pour les résidents de la Robertsau, ce manque d’AESH a eu des conséquences immédiates. Une mère de famille, Élise Martin, a raconté : « Mon fils autiste n’a pas pu aller à l’école ce jour-là. Sans accompagnant, c’était impossible, et le SMA ne couvrait pas son cas spécifique. » Des perturbations similaires avaient déjà eu lieu le 13 mai 2025 dans les écoles locales.

La communauté locale, multiculturelle et familiale, subit de plein fouet ces dysfonctionnements. Les parents d’élèves handicapés, fréquemment isolés, doivent jongler entre travail et garde improvisée. À Strasbourg, où l’inclusion scolaire est une priorité affichée par la mairie, ces fermetures soulignent un fossé entre discours officiel et réalité du terrain.

Réactions du rectorat et des syndicats

Le recteur de l’académie de Strasbourg a reçu une délégation syndicale le 16 décembre 2025. Les représentants de la FSU 67 ont rappelé leurs exigences, notamment la création d’un plan de formation accessible pour les AESH et le versement intégral des indemnités REP/REP+. Cependant, les avancées sont restées limitées, et des AESH ont dû rembourser un « double salaire » perçu par erreur.

Une requérante, nommée Mme A., a saisi le tribunal administratif de Strasbourg le 2 septembre 2025 pour contester le rejet de sa demande d’appel à la liste complémentaire. Elle plaidait l’urgence, évoquant une précarité extrême et une santé menacée par sa grève de la faim. Le juge des référés a été saisi pour suspendre cette décision et exiger une réévaluation rapide.

Perspectives locales : enjeux pour la rentrée 2026

En janvier 2026, les tensions demeurent dans les écoles strasbourgeoises. Les syndicats prévoient d’éventuelles nouvelles actions si le recrutement d’AESH ne s’accélère pas. À la Robertsau, les habitants craignent des fermetures répétées, affectant la vie quotidienne et la confiance envers le système éducatif local.

La maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian, a évoqué dans un communiqué la nécessité d’un SMA renforcé, mais sans assurance de budget supplémentaire de l’État. Les parents s’organisent via des associations pour alerter les élus. « C’est l’avenir de nos enfants qui est en jeu », insiste un père de famille du quartier.

Analyse : pénurie structurelle et inclusion en péril

Cette grève met en lumière une pénurie structurelle d’AESH à Strasbourg, où les besoins en accompagnement se multiplient avec l’inclusion massive des élèves handicapés. Les contractuels comblent les vides, mais sans formation adéquate ni stabilité. Les syndicats estiment à des centaines le nombre de postes vacants dans l’académie.

Pour les résidents, les implications sont profondes : une école fermée perturbe les emplois du temps, accentue les inégalités et interroge l’équité territoriale. Strasbourg, ville dynamique au cœur de l’Europe, ne peut se permettre de telles failles. Les prochaines rentrées scolaires dépendront d’un véritable engagement budgétaire national.

Voix du terrain : témoignages croisés sur la situation actuelle

« Les AESH sont sous-payés et surchargés, c’est intenable », confie un enseignant de l’école fermée. Du côté parental, Sophie L., résidente de la Robertsau, ajoute : « On paie des impôts pour un service public défaillant. Il faut recruter d’urgence. » Ces témoignages illustrent un mécontentement partagé au sein de la communauté.

Le rectorat affirme que « tous les postes vacants ont été pourvus dans la limite du plafond ». Pourtant, sur le terrain, les faits semblent contredire cette déclaration. La grève de septembre 2025 constitue un véritable signal d’alarme pour une réforme indispensable du système éducatif. Les défis qui se présentent nécessitent une action collective immédiate et déterminée pour garantir un avenir éducatif inclusif et de qualité. De plus, les récentes manifestations et blocages à Strasbourg perturbent la vie urbaine et les transports manifestations et blocages.