Les Journées européennes du patrimoine 2025 à Strasbourg font le plein les 20 et 21 septembre
Les Journées européennes du patrimoine 2025 ont attiré un large public à Strasbourg les samedi 20 et dimanche 21 septembre, confirmant l’engouement des habitants pour la découverte de leur ville sous un nouveau jour. Portée par le thème national du « patrimoine architectural », cette 42e édition a combiné fréquentation soutenue, ouvertures exceptionnelles et animations gratuites pour tous les âges.
Pour en savoir plus sur cet événement, découvrez les Journées européennes du patrimoine à Strasbourg.
Une édition 2025 placée sous le signe de l’architecture
À l’échelle du Grand Est, plus de 1 400 sites et 2 800 animations figuraient au programme, avec près de 2 000 manifestations directement liées au thème du patrimoine architectural. Strasbourg, capitale européenne et ville d’art et d’histoire, s’est naturellement imposée comme l’un des pôles majeurs de cette programmation régionale. Palais, institutions européennes, musées, lieux universitaires et bâtiments emblématiques ont multiplié visites guidées, ateliers et parcours urbains.
Le choix de l’architecture comme fil conducteur a permis de raconter autrement l’histoire locale, de la Neustadt impériale aux quartiers européens contemporains, en passant par les institutions universitaires. « L’architecture est un marqueur de mémoire, elle raconte autant les pouvoirs que les usages quotidiens », souligne un médiateur culturel de l’Eurométropole, mobilisé tout le week-end.
Une forte affluence dans les quartiers européens
Institutions européennes : coulisses ouvertes au public
Symbole de la vocation internationale de Strasbourg, les institutions européennes ont été au cœur de la curiosité du public. Plusieurs sites d’habitude peu accessibles ont ouvert leurs portes, à commencer par le Centre européen de la jeunesse, situé dans le quartier du Conseil de l’Europe. Le samedi 20 septembre, de 10 h à 17 h, les visiteurs ont pu découvrir son architecture moderne, ses espaces de réunion et les œuvres qui témoignent de plus de cinquante ans d’engagement en faveur de la jeunesse européenne.
Le Lieu d’Europe – Villa Kayserguet, maison dédiée à la pédagogie européenne, a proposé le dimanche 21 septembre un programme articulé entre histoire, créativité et déambulation urbaine. Au menu : ateliers maquettes, visites guidées du quartier européen au départ du parvis du Conseil de l’Europe, et initiation à l’aquarelle dans le parc autour du patrimoine historique. « C’est l’occasion de montrer que Strasbourg n’est pas seulement une ville d’institutions, mais aussi un lieu de vie où l’Europe se traduit dans le paysage urbain », explique une animatrice du Lieu d’Europe.
Visites commentées et jauges limitées
La Villa Kayserguet a également proposé, le samedi, des visites commentées de ses salons, de son jardin remarquable et des œuvres d’art qui ornent ce bâtiment chargé d’histoire. Pour ces rendez-vous, l’inscription préalable était obligatoire, avec des créneaux limités à 40 personnes toutes les 30 minutes, une contrainte qui n’a pas freiné la demande mais a nécessité d’anticiper sa venue.
Pour de nombreux habitants de l’Eurométropole, ces ouvertures exceptionnelles ont représenté une opportunité rare. « J’habite à Strasbourg depuis 15 ans et je n’étais jamais entrée dans certains de ces bâtiments. Les Journées du patrimoine ont été le déclic », confie une riveraine du quartier de l’Orangerie, rencontrée à l’issue d’une visite du secteur européen.
Le Jardin des sciences et l’Université en première ligne
Le quartier culturel du Jardin des sciences en fête
Autre pôle d’attraction majeur : le Jardin des sciences de l’Université de Strasbourg, qui a mis en lumière l’architecture et la métamorphose de ses lieux. Le site, qui regroupe le Musée Zoologique, le Planétarium, l’Observatoire et le Jardin botanique, s’est transformé le temps du week-end en véritable quartier culturel en plein air.
Événement marquant, le Musée Zoologique a rouvert au public le 19 septembre, après un long chantier de rénovation mené avec les Musées de la Ville de Strasbourg. Pour en savoir plus sur cette réouverture, consultez Réouverture du Musée Zoologique. Cette réouverture a servi de point d’ancrage à un programme dense : visites de lieux habituellement fermés au public, animations scientifiques et parcours thématiques. « Nous voulions que cette réouverture s’inscrive dans une dynamique de quartier, pas seulement comme un événement muséal isolé », indique un représentant de l’Université.
Entre sciences, architecture et médiation pour tous
Autour des thèmes de la métamorphose et de l’architecture, les visiteurs ont pu vibrer au son des fanfares, rencontrer des sismologues, découvrir la coupole de l’Observatoire, explorer les récifs coralliens au Planétarium ou encore participer à la création d’une fresque d’animaux. Le Jardin botanique a servi de décor à des jeux, balades et ateliers familiaux.
Ces activités ont attiré un public très divers, des familles strasbourgeoises aux étudiants, en passant par des visiteurs venus de l’ensemble de l’Eurométropole et d’Allemagne voisine. « Les Journées du patrimoine sont un moment privilégié pour reconnecter les habitants à l’université et montrer que ces lieux leur appartiennent aussi », souligne une médiatrice scientifique.
Palais du Rhin, DRAC et géocaching patrimonial
Un ancien palais impérial au cœur des animations
Le Palais du Rhin, ancien Palais impérial et siège de la DRAC Grand Est, a constitué un autre point névralgique du week-end. La direction régionale des affaires culturelles, coordinatrice d’une partie de la programmation, y a proposé un ensemble d’animations centrées sur la découverte architecturale et l’histoire des lieux.
L’ouverture de ce bâtiment emblématique de la Neustadt a permis de rappeler le rôle de Strasbourg comme laboratoire architectural entre Allemagne et France. Des visites guidées et dispositifs de médiation étaient fortement encouragés par la DRAC pour cette édition, afin de donner des clés de lecture au grand public.
Géocaching urbain : découvrir la ville autrement
Parmi les propositions les plus originales, un parcours de géocaching a invité les participants à partir à la recherche de 10 caches sur les thèmes de la culture, du patrimoine et des arts, à travers la ville et l’Eurométropole. Munis de leur smartphone, les habitants étaient invités à télécharger l’application « Archi-défi! » via la plateforme BavAR[t], mêlant ainsi patrimoine bâti et outils numériques.
Cette approche ludique a particulièrement séduit les plus jeunes et les familles. « Ce type de dispositif permet de toucher un public qui ne se reconnaît pas dans la visite guidée classique, tout en l’amenant devant des façades, des ponts, des places qu’il ne regarde plus vraiment », analyse un guide-conférencier partenaire de l’opération.
Un événement ancré dans le quotidien des Strasbourgeois
Une fréquentation en hausse et un ancrage régional fort
Si les chiffres consolidés de la fréquentation 2025 pour le Grand Est doivent encore être finalisés, la DRAC souligne déjà un « beau succès » et un niveau d’ouverture des lieux comparable aux meilleures années précédentes. L’attractivité de la manifestation se confirme, notamment grâce à un grand nombre de lieux ouverts de manière exceptionnelle.
À Strasbourg, la diversité de l’offre – institutions européennes, sites universitaires, bâtiments d’État, jardins remarquables – a contribué à étaler le public sur tout le territoire communal et au-delà, limitant les phénomènes de saturation sur un seul site. Pour les acteurs locaux, ces deux jours représentent aussi un levier de notoriété. « Beaucoup de gens découvrent nos locaux à l’occasion des Journées du patrimoine, puis reviennent plus tard pour d’autres événements », observe un responsable de site administratif ouvert au public tout le week-end.
Bénévoles, associations et services publics mobilisés
La réussite de ces journées repose sur l’engagement conjugué de centaines de bénévoles, associations, services municipaux et institutions culturelles. Dans l’Eurométropole de Strasbourg, la coordination entre Ville, Université, État et acteurs européens a permis de proposer un parcours cohérent, accessible principalement à pied, à vélo ou en tram, dans un esprit de proximité avec les habitants.
Pour les associations de quartier, l’événement constitue un temps fort de l’année. Certaines ont profité de l’afflux de visiteurs pour présenter leurs projets de valorisation du patrimoine local ou leurs actions en faveur de la mémoire des lieux. « C’est un moment où l’on sent que les habitants se réapproprient leur ville, ses façades, ses jardins, ses intérieurs », résume une bénévole impliquée dans des visites de quartier au centre-ville.
Enjeux pour la ville : transmission, attractivité et fierté locale
Au-delà du succès immédiat, les Journées européennes du patrimoine 2025 confortent Strasbourg dans son positionnement de capitale patrimoniale et européenne. Entre les institutions du quartier européen, les bâtiments historiques de la Neustadt, les équipements scientifiques de l’Université et les jardins urbains, la ville met en avant un patrimoine à la fois monumental et quotidien.
Pour les habitants, ces deux journées ont été l’occasion de porter un nouveau regard sur des lieux parfois traversés chaque semaine sans être véritablement observés. Pour les responsables publics, elles rappellent l’importance d’entretenir, d’expliquer et de partager ce patrimoine architectural, à un moment où les enjeux de transition, de réhabilitation et de réemploi des bâtiments sont au cœur des débats urbains. « Le patrimoine n’est pas figé, il se transforme avec la ville et avec ceux qui l’habitent », insiste un urbaniste de l’Eurométropole, résumant l’esprit de cette édition 2025 à Strasbourg.
