Perturbations majeures dans les transports strasbourgeois suite aux blocages du 10 septembre
Le 10 septembre 2025, Strasbourg a connu une paralysie majeure de ses transports en raison d’une mobilisation nationale baptisée « Bloquons tout ». Des blocages sur les axes routiers, les trams et les autoroutes ont provoqué un chaos significatif dans l’agglomération, affectant des milliers de résidents.
Les premières actions ont commencé dès 7 heures du matin avec le blocage de l’arrêt de tram Montagne Verte, situé dans le quartier ouest de la ville. Des manifestants, vêtus de manière discrète et portant masques et gants, ont coupé la circulation automobile et les accès routiers dans le secteur.
Blocages multiples et impact immédiat sur les trams et bus
En réponse à ces perturbations, la Compagnie des Transports Strasbourgeois (CTS) a conseillé à ses usagers de suivre les informations en temps réel sur le compte @CTS_Infostrafic, actif de 4h15 à 22h15. Les services de tram ont été fortement perturbés, avec des circulations étendues tout au long de la journée. Les bus, quant à eux, ont fonctionné de manière irrégulière.
Au nord de Strasbourg, à Haguenau, les manifestants ont bloqué le rond-point de Schweighouse-sur-Moder ainsi que l’intersection de la route de Bitche/D1063. Plus au sud, à Wimmenau, des actions ont empêché l’accès au rond-point menant à Meisenthal, isolant plusieurs communes.
Les autoroutes n’ont pas été épargnées. Environ 150 manifestants se sont rassemblés sur l’A35 à Strasbourg, entraînant des embouteillages considérables dès les premières heures du jour. Pour plus d’informations sur l’impact des grèves, consultez notre article sur l’impact des grèves sur les transports.
Intervention policière et tensions sur l’autoroute
La police a rapidement intervenu sur l’A35 en utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les bloqueurs. Malgré un arrêté préfectoral interdisant les rassemblements au péage de Schwindratzheim, les manifestants ont défié cette interdiction.
Un porte-parole des forces de l’ordre a rappelé : « Le préfet du Bas-Rhin avait pris un arrêté clair interdisant tout rassemblement dans ce secteur sensible. » Ces affrontements ont sensiblement aggravé les retards, piégeant de nombreux automobilistes durant des heures.
À 14 heures, une manifestation unitaire a eu lieu place Kléber, en plein cœur de Strasbourg. Des milliers de personnes se sont réunies, ralentissant encore le trafic urbain.
Contexte du mouvement « Bloquons tout » en Alsace
Ce 10 septembre marque le début d’une mobilisation durable visant à s’opposer au pouvoir en place. Organisée par des comités locaux, l’action a pour objectif de paralyser l’économie afin de renforcer leur position, ciblant primo-militants, chômeurs et salariés précaires.
Dans le nord de l’Alsace, des réunions à Woerth et Meisenthal ont rassemblé une vingtaine de personnes par session. Une participante anonyme a exprimé son ras-le-bol : « Au bout d’un moment, on a juste envie que ça pète. » Cette frustration découle de la précarité croissante et des réformes comme celle des retraites en 2023.
Un père de famille alsacien a également partagé ses inquiétudes : « Tout le monde sait que l’Éducation nationale et les hôpitaux se dégradent, mais l’inaction continue. Il faut changer de système. »
Impacts locaux sur les Strasbourgeois au quotidien
Pour les habitants de Montagne Verte et des quartiers environnants, le blocage du matin a transformé un trajet habituel de 20 minutes en une véritable odyssée. Les parents ont rencontré de grandes difficultés pour déposer leurs enfants à l’école, tandis que les travailleurs ont subi des retards considérables.
Les commerçants du centre-ville, notamment autour de la place Kléber, ont vu leur chiffre d’affaires chuter. Un restaurateur de la rue des Grandes Arcades a déclaré : « On perd une matinée entière à cause de ces blocages, c’est notre survie qui est en jeu. »
Les zones périphériques, comme Haguenau, ont été encore plus touchées. Les navetteurs quotidiens vers Strasbourg ont dû trouver des solutions alternatives, allant jusqu’à devoir partager des voitures ou abandonner leur véhicule, exacerbant ainsi les tensions locales.
Réactions des autorités et des usagers
La CTS a essayé de maintenir un service minimal, avec des bus en circulation mais souvent surchargés. « Nous avons adapté nos lignes en temps réel, mais la sécurité prime, » a précisé un communiqué de l’opérateur.
Du côté des élus strasbourgeois, Jeanne Barseghian, maire écologiste, a appelé au dialogue tout en déplorant les blocages sur les autoroutes. « La mobilité douce doit primer, mais paralyser la ville n’est pas une solution durable, » a-t-elle insisté.
Les automobilistes, de leur côté, ont exprimé leur frustration. « J’ai raté un rendez-vous médical important à cause de l’A35 bloquée, » a témoigné une résidente de Lingolsheim sur les réseaux sociaux.
Vers une mobilisation prolongée ?
Les organisateurs ont promis d’autres actions surprises sur différentes routes et ronds-points dans les jours à venir. « Bloquer la production et les routes, c’est pour bâtir des solidarités : cantines populaires, garderies, » a déclaré une militante de Meisenthal.
Ce mouvement manifeste un profond malaise en Alsace, touchant des sujets tels que la précarité, le climat et l’état des hôpitaux. « Il y a des centaines de milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux riches, pendant qu’on culpabilise les chômeurs, » a dénoncé une participante.
Malgré la paralysie dans les transports, certains envisagent cela comme un espoir. Strasbourg, en tant que capitale européenne, est au cœur de cette colère sociale, naviguant entre blocages urbains et appel à un réveil collectif.
Conséquences économiques et perspectives pour l’agglomération
Les embouteillages causés par ces mobilisations ont engendré des pertes économiques estimées à plusieurs millions d’euros pour la région. Les retards dans les livraisons ont affecté les supermarchés ainsi que les industries de la plaine du Rhin.
Pour les habitants, la question demeure : comment concilier le droit de manifester avec la nécessité d’une fluidité quotidienne ? Les comités locaux tentent d’élargir le mouvement, espérant rassembler davantage de soutiens dans une durée indéfinie. Pour davantage de détails sur les manifestations, consultez notre article sur les manifestations prévues.
La journée du 10 septembre marquera un tournant significatif. Strasbourg, bien connue pour ses manifestations, prend désormais la mesure d’une mobilisation qui paralyse ses artères vitales.
