Nouveaux projets locaux de solidarité au Forum des religions de Strasbourg
Un forum dédié au dialogue interreligieux
Strasbourg, capitale européenne et ville alsacienne au riche passé multiconfessionnel, accueille régulièrement des événements phares pour tisser des liens entre communautés. Le Forum des religions, organisé tous les deux ans par l’Université de Strasbourg, la Région Grand Est, la Collectivité européenne d’Alsace et la Ville de Strasbourg, réunit universitaires, théologiens et représentants des cultes autour de thèmes brûlants. Cette édition met l’accent sur des projets locaux de solidarité pour renforcer le dialogue interculturel et social dans l’Eurométropole. Pour plus d’informations, visitez le site de l'[Université de Strasbourg](https://www.unistra.fr).
L’événement se déploie dans plusieurs lieux emblématiques, comme le Palais universitaire place de l’Université. Des formats variés – conversations, tables rondes, ateliers et conférences – favorisent les échanges concrets. Pour les habitants de Strasbourg et des environs, c’est une opportunité unique de voir comment la religion peut irriguer la vie quotidienne.
Thème central : religions et cité contemporaine
Le fil rouge de cette édition interroge le rôle des religions dans la cité moderne. « Les religions dans la cité : quels enjeux et perspectives ? », telle est la question au cœur des débats, inspirée d’une conférence récente du 11 décembre 2025 au Palais universitaire. Organisée par les Amis de la Fondation pour Strasbourg, elle a réuni des experts pour explorer histoire, Concordat et laïcité.
Georges Bischoff, professeur agrégé à l’Université de Strasbourg, et Éric Sander, directeur de l’Institut du Droit Local, ont ouvert sur le passé alsacien. Serge Coïmbra Paulo, représentant de la Franc-Maçonnerie, a complété le tableau. Ces discussions posent les bases pour des initiatives locales ancrées dans le contexte strasbourgeois. Leurs réflexions apportent un éclairage précieux sur l’importance d’un climat de compréhension et de respect mutuel dans une société en mutation.
Projets de solidarité présentés en avant-première
Plusieurs nouveaux projets locaux ont été dévoilés lors du forum, visant à consolider la cohésion sociale. Une initiative phare émane du Comité dialogue interreligieux et interconvictionnel du Conseil de l’Europe, co-présidé par Lilia Bensedrine-Thabet. Elle propose des ateliers de proximité dans les quartiers populaires de l’Eurométropole, comme Neudorf ou Cronenbourg, pour favoriser les échanges entre musulmans, chrétiens, juifs et laïcs.
François Geissler, doyen du Chapitre de la Cathédrale de Strasbourg, a salué ces efforts : « Ces projets redonnent vie à notre cathédrale comme espace de rencontre, au-delà des offices. » Reza Moghaddassi, professeur de philosophie et spécialiste de l’islam, insiste sur l’impact : « À Strasbourg, près des institutions européennes, ces solidarités locales montrent que le dialogue n’est pas abstrait, mais concret pour nos voisins. » Ces projets, en intégrant la communauté, visent à créer un espace de dialogue ouvert et constructif.
Focus sur les initiatives concrètes
Parmi les projets phares, un programme d’entraide interreligieuse cible les familles précarisées du Hautepierre. Soutenu par l’Union des Églises protestantes d’Alsace, via Alain Spilewoy, il prévoit des distributions alimentaires hebdomadaires et des sessions de médiation familiale. Janine Elkouby, professeure agrégée en judaïsme, y associe des ateliers éducatifs sur la tolérance, inspirés de la tradition juive alsacienne.
Un autre volet mobilise les jeunes via des « caravanes solidaires » dans les lycées strasbourgeois. Porté par des bénévoles du forum, ce projet relie mosquées, synagogues et églises pour des actions anti-exclusion. « C’est vital pour nos jeunes, qui grandissent dans une diversité réelle », note Éric Vial, journaliste animateur des débats. Ces initiatives visent à forger des liens durables entre les générations et à encourager l’empathie et la solidarité parmi les jeunes.
Liens avec le programme ReligiS
Le Forum des religions s’inscrit dans le sillage du programme ReligiS (Religions et sociétés face aux défis contemporains), lancé avec un congrès inaugural du 15 au 17 octobre 2025 à l’Université de Strasbourg. Piloté par Eric Vallet, professeur des universités, ce consortium regroupe 13 institutions, dont le CNRS, l’EHESS et Sciences Po. Il vise à transférer les savoirs académiques vers les acteurs locaux. Pour en savoir plus, visitez le lien sur l'[appels à projets|https://journaldestrasbourg.com/portraits-initiatives-locales/appel-a-projets-pour-la-solidarite-internationale-a-strasbourg/].
À Strasbourg, ReligiS inspire directement les projets de solidarité. Son Collegium international (CI-ReligiS), basé à l’Unistra, servira de hub pour évaluer l’impact des initiatives. Les organisateurs estiment que 500 participants locaux, dont des résidents de l’Eurométropole, bénéficieront de ces échanges d’ici 2026. Grâce à ce programme, l’impact des projets peut être mesuré et adapté en fonction des besoins exprimés par la communauté.
Perspectives pour l’Eurométropole
Ces projets pourraient transformer les relations communautaires dans une ville où cohabitent 150 000 habitants de confessions variées. Par exemple, des partenariats avec la BNU et la Misha (Maison Interuniversitaire des Sciences de l’Homme Alsace) prévoient des ressources numériques gratuites pour les associations de quartier. « Strasbourg, carrefour d’Europe, doit montrer l’exemple en matière de vivre-ensemble », affirme Jean-Louis de Valmigère, chargé de la synthèse des débats. Cette dynamique de collaboration pourrait également renforcer le rôle de Strasbourg comme un modèle en matière de diversité culturelle et religieuse.
Témoignages de riverains et acteurs locaux
Pour les Strasbourgeois, l’enjeu est palpable. Une habitante de la Krutenau, quartier cosmopolite, témoigne : « Ces forums nous rapprochent ; j’ai découvert des voisins que je croisais sans savoir leur foi. » Les représentants des cultes soulignent l’urgence face aux tensions sociales post-pandémie. En écoutant les histoires de vie et les expériences partagées, les participants réalisent l’importance de favoriser un climat de confiance et de respect.
Philippe Studer, président de Ligne Verte Terre de Paix – organisatrice d’événements connexes comme le Forum des Peuples Racines –, voit un écho : « La sagesse des traditions aide à combler les angles morts de notre société moderne. » Bien qu’areligieux, son association collabore pour des actions solidaires, comme des marches interconvictionnelles le long de l’Ill. Ces événements incarnent une approche proactive pour faire face aux défis contemporains, en s’appuyant sur des valeurs communes.
Implications pour la communauté strasbourgeoise
Ces initiatives locales promettent un renforcement du tissu social dans l’Eurométropole de Strasbourg. Avec un budget participatif estimé à 200 000 euros sur deux ans, financé par la CEA et des mécènes, elles touchent directement 5 000 bénéficiaires. Les quartiers prioritaires, comme ceux du sud de la ville, verront émerger des « maisons du dialogue » hybrides. Ces espaces serviront de lieux de rencontre et d’échanges pour les citoyens, en favorisant une approche inclusive.
Le doyen Geissler résume : « La tolérance n’est pas une mission impossible, mais un quotidien à construire ensemble. » Animés par des figures comme Bensedrine-Thabet, ces projets s’adaptent aux réalités alsaciennes, entre Concordat et laïcité. En favorisant un dialogue ouvert, ils contribuent à bâtir une société plus unie et respectueuse des différences.
Vers une solidarité ancrée dans le territoire
En reliant foi et action citoyenne, le Forum des religions positionne Strasbourg comme laboratoire du dialogue. Les projets présentés, du Hautepierre à la Petite France, invitent chaque résident à participer. Prochaines étapes : des pilotes en janvier 2026, avec évaluation par ReligiS. Ces prochaines actions permettront de mesurer l’évolution des dynamiques communautaires et d’ajuster les projets en fonction des retours d’expérience.
Pour les familles, étudiants et seniors de l’Eurométropole, c’est une chance de bâtir une solidarité inclusive. « À Strasbourg, la diversité est notre force ; ces initiatives la rendent vivable », conclut Moghaddassi. L’événement, gratuit et ouvert, continue d’inspirer au-delà des murs du Palais universitaire, en portant un message d’espoir et d’engagement commun.
