Hébergement de familles sans-abri dans des tiny-houses à la Robertsau

Hébergement innovant à la Robertsau : des tiny-houses pour les familles sans-abri

À Strasbourg, dans le quartier paisible de la Robertsau, un projet novateur a vu le jour pour répondre à l’urgence croissante du sans-abrisme. Cinq familles sans domicile fixe ont été accueillies dans des tiny-houses, de petites maisons en bois de 25 m², installées rue de la Carpe-Haute. Cette initiative, lancée fin mars 2025, vise à offrir un toit digne et un accompagnement social à ces familles en grande difficulté. Pour en savoir plus sur cette initiative, consultez l’article Hébergement de familles sans-abri dans des tiny-houses à la Robertsau.

Un dispositif d’habitat intercalaire pour pallier la saturation des structures d’urgence

La Ville de Strasbourg, sous l’impulsion de la maire écologiste Jeanne Barseghian, a investi 330 000 euros dans ce projet. Ces micro-maisons, baptisées « Bulles d’air », ne prétendent pas résoudre à elles seules le problème massif du sans-abrisme, mais s’inscrivent dans une stratégie plus large d’hébergement dit « intercalaire ». Depuis 2020, la municipalité revendique la création de 600 places d’hébergement social, en mobilisant logements publics et privés vacants, ainsi que des solutions innovantes comme ces tiny-houses.Tiny houses pour héberger les sans-abri à Strasbourg : une solution innovante

Le 115, service d’accueil d’urgence, enregistre chaque semaine entre 800 et 900 demandes d’hébergement dans le Bas-Rhin, témoignant de la pression constante sur les dispositifs existants. Ces cinq maisonnettes accueillent ainsi 18 personnes, leur offrant un semblant de stabilité et un cadre propice à la reconstruction personnelle.

Une installation pensée pour l’urgence et la dignité

Les tiny-houses sont installées sur une grande place bétonnée, dans une cour sécurisée, où les enfants peuvent jouer librement. En face, un trio de musiciens a même célébré l’arrivée des familles avec des airs folkloriques, soulignant l’importance symbolique de ce nouveau départ. Chaque maison de 25 m² est équipée pour offrir un espace de vie autonome, mais ne dispose pas d’un raccordement direct à l’eau courante.

Un box sanitaire collectif a été aménagé à proximité, car enterrer les tuyaux aurait nécessité des travaux supplémentaires de 75 000 euros et un délai d’installation rallongé de plusieurs mois, ce que la municipalité a préféré éviter pour accélérer la mise à disposition des logements. Cette approche pragmatique montre l’engagement de la ville à répondre rapidement à un besoin urgent tout en respectant les contraintes budgétaires et temporelles.

Un accompagnement social essentiel pour retrouver l’autonomie

L’association L’Étage est chargée du suivi social des familles hébergées. Elle bénéficie d’une enveloppe de 90 000 euros dédiée à cet accompagnement, qui vise à aider les habitants à retrouver une autonomie durable. Ce soutien comprend un accompagnement administratif, social et éducatif, essentiel pour sortir de la précarité.

Floriane Varieras, responsable du projet, souligne que ces tiny-houses permettent aux familles de vivre dans un cadre digne, loin des campements sauvages et des conditions de vie dégradées. « Ces Bulles d’air offrent un toit, mais aussi un espace de normalité, indispensable pour reconstruire un quotidien », explique-t-elle. Le rôle de l’association L’Étage est donc crucial dans cette démarche, car elle assure un suivi personnalisé et adapté aux besoins spécifiques de chaque famille.

Un partenariat public-privé pour un projet solidaire

Le groupe KS, une société locale de BTP, a apporté un mécénat de 70 000 euros, illustrant l’engagement du secteur privé dans cette démarche solidaire. Ce partenariat a permis de réduire les coûts et d’accélérer la réalisation du projet, tout en impliquant les acteurs locaux dans la lutte contre le sans-abrisme. Ainsi, ce modèle de partenariat montre comment la coopération entre les secteurs public et privé peut mener à des solutions durables et innovantes pour des défis sociaux complexes.

Un enjeu local majeur face à la montée du sans-abrisme

Strasbourg fait face à une augmentation constante du nombre de personnes sans-abri, avec une majorité de migrants originaires d’Europe de l’Est ou du Caucase. Ces populations dorment souvent dehors, sous des tentes ou dans des véhicules, faute de places suffisantes dans les dispositifs d’hébergement d’urgence saturés. Cela met en lumière la nécessité de solutions innovantes et durables pour faire face à ce défi croissant, comme le montre l’article Strasbourg lance un dispositif innovant d’hébergement en tiny-houses pour cinq familles sans-abri à la Robertsau afin d’améliorer leur quotidien sur deux ans .

Le quartier de la Robertsau, connu pour son cadre résidentiel et ses espaces verts, accueille désormais ce projet d’habitat intercalaire, suscitant à la fois espoir et questionnements parmi les riverains. La municipalité assure que l’intégration des tiny-houses se fait dans un esprit de respect et de dialogue avec les habitants, afin de concilier solidarité et qualité de vie locale. Ce dialogue est essentiel pour s’assurer que la communauté locale soutienne ce type d’initiative et participe à l’accueil de ces familles dans le besoin.

Perspectives et limites du projet

Si ces cinq tiny-houses représentent une avancée concrète, elles restent une goutte d’eau face à l’ampleur du phénomène. La Ville de Strasbourg continue de chercher des solutions complémentaires, notamment en mobilisant davantage de logements vacants et en développant des structures d’accueil adaptées. L’intégration de telles initiatives dans une politique plus large est cruciale pour répondre aux défis actuels du sans-abrisme.

Jeanne Barseghian rappelle que « ces Bulles d’air ne sont pas une fin en soi, mais un pas vers une politique d’hébergement plus humaine et efficace ». Elle appelle à une mobilisation collective pour répondre à ce défi social majeur, en associant pouvoirs publics, associations et citoyens. Cette collaboration est fondamentale pour construire un avenir où chaque personne a accès à un logement digne.

Ce projet d’hébergement de familles sans-abri dans des tiny-houses à la Robertsau illustre une réponse locale innovante et pragmatique à une crise sociale profonde. Il offre un toit temporaire mais surtout un espoir de reconstruction pour des familles fragilisées, tout en interrogeant la capacité des villes à concilier urgence sociale et cohésion territoriale. Ainsi, les expériences positives de projets similaires pourraient inspirer d’autres villes à adopter des initiatives comparables pour lutter contre le sans-abrisme.