Nouveaux espaces de commerces solidaires au Hohberg pour faciliter le quotidien
Dans le quartier du Hohberg, à l’ouest de Strasbourg, de nouveaux espaces de commerces solidaires ont récemment vu le jour, visant à simplifier la vie quotidienne des habitants tout en renforçant les liens de voisinage. Ces établissements, situés au pied d’immeubles et à proximité des arrêts de bus et de tram, combinent services de proximité, aide aux démarches et initiatives citoyennes.
Le projet est porté par divers acteurs locaux, notamment des bailleurs sociaux, des associations et la Ville de Strasbourg. Il s’inscrit dans une transformation en profondeur du quartier, entamée depuis plusieurs années dans le cadre des politiques de rénovation urbaine et de cohésion sociale. Pour en savoir plus sur ces transformations, consultez notre article sur les nouveaux projets immobiliers durables.
Un quartier populaire en mutation
Le Hohberg, situé entre Koenigshoffen et l’Elsau, est principalement composé de logements sociaux construits dans les années 1960-1970. Historiquement perçu comme enclavé, le quartier bénéficie désormais d’investissements substantiels dans les domaines des transports, des espaces publics et des services de proximité.
Selon des données de la Ville, le quartier abrite plusieurs milliers d’habitants, dont une proportion significative de familles monoparentales et de ménages à revenus modestes. Les besoins en services quotidiens, tels que l’alimentation, les petits dépannages et l’aide administrative, y sont particulièrement importants, d’autant plus que l’offre commerciale classique demeure limitée comparativement à d’autres zones de Strasbourg. Ces développements sont essentiels pour augmenter la qualité de vie des résidents et encourager un sentiment d’appartenance.
Des locaux entièrement repensés pour le service aux habitants
Le bailleur social Habitation moderne, particulièrement actif au Hohberg, a joué un rôle essentiel en réaménageant des locaux situés en rez-de-chaussée pour accueillir ces nouveaux commerces solidaires. Son rapport d’activité 2024 indique la présence de 135 locaux commerciaux, associatifs et espaces de bureaux sur son patrimoine, dont un ensemble « situé au cœur du quartier du Hohberg à Strasbourg » qui a été « intégralement repensé » pour répondre aux besoins du territoire.
Ces espaces, précédemment sous-occupés ou peu exploitables, ont été réorganisés pour accueillir des structures à vocation sociale : boutique solidaire, petite épicerie de proximité, atelier de réparation, permanence associative et espace de travail partagé. L’objectif est de créer un véritable « rez-de-ville » actif, vivant tout au long de la journée. Cette reconfiguration physique des lieux témoigne d’une volonté de favoriser l’interaction sociale et de répondre aux besoins spécifiques des habitants du Hohberg.
Une conciergerie solidaire comme pivot
Parmi ces nouveaux établissements, la conciergerie solidaire située rue Tite-Live se distingue comme une pièce maîtresse. Inaugurée le samedi 30 août au 20, rue Tite-Live, au pied d’un immeuble du Hohberg, elle propose divers services conçus pour les habitants : réception de colis, aide aux démarches en ligne, petits travaux, garde ponctuelle et coups de main du quotidien.
« L’idée, c’est d’offrir des services utiles à prix accessibles, tout en créant de l’emploi local et du lien social dans le quartier », explique la coordinatrice de la conciergerie, qui vient elle-même du secteur. Ce lieu sert également de point de rencontre pour les habitants, avec un coin café, un tableau d’annonces et des temps d’animations thématiques. Ces initiatives créent un espace où les résidents peuvent non seulement obtenir de l’aide, mais aussi interagir et se connaître.
Des services concrets pour alléger le quotidien
Au-delà de la conciergerie, plusieurs commerces solidaires ont été ouverts dans ces nouveaux locaux : une petite épicerie proposant des produits du quotidien à tarifs modérés, en partenariat avec des structures de l’économie sociale, un atelier de réparation de vélos et de petit électroménager, ainsi qu’un espace de mutualisation de matériel à destination des associations et des familles.
Fatima, habitante du Hohberg depuis quinze ans, témoigne des changements : « Avant, pour certaines choses simples, on devait aller jusqu’au centre-ville ou dans les grandes zones commerciales. Maintenant, on a plus de ressources à deux pas de chez nous, et en plus on connaît les personnes qui tiennent les lieux. » Les horaires étendus en fin de journée et le samedi matin ont été aménagés pour s’adapter aux rythmes des familles et des personnes qui travaillent tard ou tôt. Cette flexibilité contribue à renforcer l’accessibilité des services pour tous les résidents, quel que soit leur emploi du temps.
Un projet soutenu par les politiques de la ville et les acteurs publics
Ces nouveaux espaces s’inscrivent dans un cadre plus large de politiques publiques menées dans les quartiers prioritaires de l’Eurométropole. Dans son appel à projets 2026 du Contrat de ville, la collectivité souligne son ambition de soutenir des actions « portées dans les territoires de la Politique de la ville », notamment pour combattre les inégalités territoriales et améliorer l’accès aux services de base. Pour un aperçu des dispositifs mis en place, lisez notre article sur les dispositifs numériques à Strasbourg.
La Ville et l’Eurométropole de Strasbourg soutiennent ce type d’initiatives grâce à des subventions de fonctionnement, en offrant un soutien à l’ingénierie de projet et en facilitant la mise en réseau avec les services sociaux, les centres socioculturels et les associations de quartier. « Nous voulons que chaque habitant, quel que soit son quartier, ait accès à des services de proximité de qualité, y compris dans les zones les plus populaires », précise un élu en charge de la politique de la ville. Cette approche collaborative est essentielle pour assurer la pérennité des projets et maximiser leur impact sur le territoire.
Retombées locales et enjeux à moyen terme
Pour les habitants du Hohberg, l’enjeu est double : simplifier le quotidien tout en redonnant une image positive à un quartier parfois stigmatisé. La présence de ces commerces solidaires à proximité des habitations contribue à dynamiser l’espace public, à renforcer la sécurité des abords et à favoriser les rencontres informelles entre voisins.
Néanmoins, les acteurs impliqués expriment des réserves quant à la durabilité économique de ces initiatives, qui reposent sur un modèle hybride combinant revenus d’activité et soutien public. Ils misent sur une augmentation de la fréquentation, l’implication des habitants et l’établissement de nouveaux partenariats avec des structures de l’économie sociale et solidaire à l’échelle de l’Eurométropole. Ces facteurs seront déterminants pour mesurer le succès et la continuité des commerces solidaires dans les années à venir.
La parole aux habitants et aux acteurs de terrain
Sur le terrain, les premières réactions des usagers sont généralement positives. Ahmed, jeune père de famille, partage son expérience : « C’est plus qu’un magasin ou un bureau, c’est un endroit où on se sent bien, où on peut poser des questions sans être jugé. » Les équipes de la conciergerie veillent à maintenir une atmosphère conviviale, avec un accueil sans rendez-vous et en portant une attention particulière aux personnes âgées ou isolées.
Pour les associations du quartier, ces nouveaux espaces représentent également une opportunité. Elles disposent désormais de lieux mieux adaptés pour tenir des permanences, organiser des ateliers ou rencontrer les habitants. Cela renforce le rôle du Hohberg comme un quartier où de nouvelles formes de services solidaires peuvent être expérimentées à Strasbourg, directement en adéquation avec les besoins des habitants. Ces évolutions portent l’espoir d’une revitalisation durable et inclusive du quartier.
